l’orangie

Safari-photos en pays massaï : quel pays massaï ?

Posted in Ecologie et développement durable by loranji on mai 2, 2011
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Les Massaïs : chair à clichés. Un kistch que ne démentirait sans doute pas un Milan Kundera...

On sait depuis longtemps que l’homme est une espèce nuisible pour la planète, on sait depuis plus longtemps encore que l’homme est un loup pour l’homme, on saura désormais que le touriste dit « durable » au Kenya et en Tanzanie est une arnaque pour le peuple autochtone : les Massaïs.

Tombé sur cet excellent article de Pax Christi Wallonie Bruxelles qui rappelle la façon dont les Massaïs ont été dépossédés de leurs terres originelles pour en faire des réserves animalières et c’est ainsi que les Big Five (léopard, lion, éléphant, buffle, rhinocéros) sont devenus essentiels aux yeux des autorités kenyanes et tanzaniennes d’un point de vue écologique. Pardon, d’un point de vue économique.

Déviés (je n’écris pas déporté), vers d’autres terres moins riches, les Massaïs sont aujourd’hui en voie de folklorisation accélérée pour touristes argentés ; quand ils ne sont pas victimes de la confiscation des points d’eau par des établissements touristiques référencés comme « durables » par le National Geographic. Ainsi donc, le tourisme durable, en l’absence de tout label sérieux, est-il l’objet d’un marketing tout aussi tendancieux que les tranches de jambon « bio » et les paquets de lessive « verts ».

L’ennui étant qu’ici, l’arnaque oblitère directement l’existence d’individus qui, ne l’oublions pas, n’ont rien demandé à personne. Juste qu’on leur foute la paix.

Faut-il en dire davantage ? Ah oui, les Massaïs les plus récalcitrants seraient victimes de persécutions de la police : arrestations arbitraires, viols…

Article ici.

Photo tirée du billet d’un blogueur-touriste qui n’a pas tout compris, mais encore faut-il qu’il soit informé.

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En vérité, ces morts n’ont aucune importance

Posted in Social, sociétal, société by loranji on décembre 1, 2009

Il y a des jours où c’est plus dur de se concentrer sur son travail.

Je viens de lire un reportage de Jean-Paul Mari dans le NouvelObs sur les clandestins qui essaient de franchir la Méditerranée entre la Libye et l’Italie, en espérant rejoindre la Sicile.

Il y a des jours franchement où l’on se dit que notre espèce humaine ne mérite pas d’exister : quel coeur peut se refermer comme un coffre-fort insensible aux rumeurs et à la misère du monde ? Le mien. Le mien, comme celui de tous ceux qui maltraitent les immigrants dans les geôles libyennes de Kadhafi. Tous les coeurs se referment.

Oui mon coeur va se refermer à l’issue de ce billet comme se referme celui des pêcheurs et des marins de commerce qui détournent leurs jumelles en observant des migrants entassés, risquant de chavirer à tout instant, des migrants affamés, assoiffés, entourés de morts. On me dira que ce n’est pas comparable, que la responsabilité d’un marin ne portant pas secours n’a rien à voir avec celle d’un stupide internaute qui clique sur la rubrique people. Je ne le crois pas. Nous sommes tous responsables. Se dire que nous n’y sommes pour rien, que nous ne pouvons rien, c’est nous en tirer à trop bon compte. Car nous savons. Tout simplement, nous savons, nous avons nos paires de jumelles médiatiques.

Et pourtant, là, dans quelques secondes, après avoir terminé ce billet, nos coeurs vont se refermer, comme le mien va se refermer, pour passer à autre chose.

Passer à autre chose, détourner le regard de l’ennuyeuse et banale chronique de l’horreur, tandis que chaque mois, chaque semaine, se trame au large de Lampedusa, cet îlot rocheux qui marque la séparation entre l’Europe et l’Afrique, un nouveau « Radeau de la méduse ». En pire.

En pire, parce que ces malheureux ne sont pas secourus par les cargos et les chalutiers, mais seulement récupérés par les gardes-frontières italiens de Berlusconi qui mènent hommes, femmes, enfants, vieillards, sans discernement, sans autre examen que médical, sur une plate-forme pétrolière où bientôt accoste une vedette lybienne chargée de les ramener en Lybie où l’enfer – carcéral ou non – les attend. Et l’on peut croire le reporter du Nouvel Obs bien connu pour son sérieux : viols pour les femmes, les hommes, les enfants peut-être ; coups, brimades, tâches domestiques, insultes racistes des Lybiens pour qui un noir est inférieur, esclavage, meurtres…

Je ne retrouve pas sur le NouvelObs le reportage de Jean-Paul Mari lu en version papier.

Au fond, j’y vois une sorte de signe dérisoire : il sera dit que même là, dans un simple hyperlien un peu trop difficile à trouver (que je ne me donne pas le temps de chercher !), ces morts, ces désespérés, sont voués à l’indifférence, au mépris, ou bien – comme moi maintenant – à l’écoeurante et poisseuse bouffée de conscience passagère des nantis.

Voilà, ce billet est terminé. Terminons la séquence comme on dit. Refermons les coeurs.

Rejetons prestement notre honte dans la mer bleue de Lampedusa. Et laissons-là se dissoudre dans les flots oublieux.

Comment défendre la cause de l’eau dans les pays pauvres ?

Posted in Ecologie et développement durable by loranji on septembre 15, 2009

Voici un moyen assez efficace. Très bonne campagne trouvée ici via le Modérateur.

Quand un sweat change une vie…

Posted in Ecologie et développement durable by loranji on juillet 22, 2009

Curieuse, la vie tout de même, quand on s’aperçoit que le destin d’une femme tient à un sweat shirt…

Au début des années quatre-vingt, Jacqueline Novogratz exerçait le métier de banquier, elle faisait partie de ces américaines bon teint que l’on l’on est enclin à croire plus préoccupées de la qualité du pli de leur tailleur et des primes de fin d’année que du sort des pays pauvres.

Voici qu’un jour, quelqu’un lui offre un sweat shirt bleu. Son nom est inscrit dessus. Jacqueline l’apprécie, le porte souvent. Puis les années passent, le vêtement s’use, passe de mode et la jeune femme décide de s’en séparer avec tout un lot de vêtements qui encombrent son dressing. Le sweat atterrit dans les locaux d’une oeuvre caritative. Quant à Jacqueline, elle passe à autre chose, sa vie de banquière n’attend pas…

Nous voici onze ans plus tard. Jacqueline Novogratz est en vadrouille quelque part en Afrique. Ses yeux se posent sur la foule de la rue, toutes ces silhouettes qui lui sont étrangères, et ce monde de pauvreté si lointain du sien… Soudain c’est le choc, un vêtement bleu flotte sur le dos d’un jeune homme, là, juste sous ses yeux, un sweat-shirt tout à fait identique à celui qu’elle portait, frappé de son nom… Aucun doute, il s’agit du sien ! La jeune femme est stupéfaite, médusée.

Que fait ce vêtement ici, maintenant, à quelques milliers de kilomètres des Etats-Unis, de l’autre côté de l’Atlantique, dans cette contrée perdue de l’Afrique où justement elle se trouve ? Jacqueline a bien du mal à ne pas y voir une signification tout à la fois profonde et bouleversante… Ce sweat-shirt élimé sur le dos de ce pauvre garçon, ce sweart-shirt qu’elle a porté flambant neuf onze ans plus tôt, montre à quel point l’inégalité entre pays pauvres et pays riches est criante, mais plus encore, il lui révèle que tous les êtres humains sont liés sur cette terre et forment bel et bien une communauté vivante. Pour le dire en plaisantant, Jacqueline vient de rattraper un véritable cours d’éthique en accéléré sur les rapports de l’individu et du Monde !

Dès lors, la jeune femme comprend qu’il est moralement indéfendable de rester imperméable à cette réalité. Et puis les possibilités qu’une telle rencontre avec ce vêtement étaient si faibles, qu’on serait presque tenté d’y voir l’oeuvre d’une main invisible. Lorsque la morale et le mystère se donnent la main, il devient difficile à une âme de retourner à ses petites affaires.

Suite à cette histoire – et sans doute aussi à d’autres prédispositions relatives à son histoire personnelle – Jacqueline Novogratz choisira donc de laisser son métier de banquière traditionnelle pour créer Acumen fund, un fonds d’investissement destiné à financer le développement d’entreprises ou d’organismes ayant pour objectif de combattre la pauvreté, la malnutrition, les problèmes de santé, etc. Allez voir le site (en anglais).

Bon maintenant, il ne reste plus qu’à essayer de savoir où atterrissent nos vieux vêtements (quand on les donne).