l’orangie

Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas – Imre Kertész

Posted in Fiches de lecture by loranji on avril 13, 2013

« Sombrer, mon Dieu ! faites que je sombre pour l’éternité, Amen. » C’est par ces mots qu’Imre Kertész, prix Nobel de littérature 2002, clôt « Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas » (Actes Sud coll. Babel). Sombrer, disparaître soi-même, autant de raisons pour Kertesz de ne pas engendrer ; autant de raisons de prononcer le Kaddish, une prière juive le plus souvent utilisée pour les deuils.

Ce livre est donc le deuil de l’enfant qui ne naîtra pas. Un livre qui se termine par « Amen », c’est-à-dire qu’il en soit ainsi… et qui a commencé par « Non ! »

Non, dit Imre Kertész au philosophe qui lui demande s’il a des enfants. Non, dit-il à sa femme qui lui annonce qu’elle veut un enfant. Non, dit-il à l’enfant qui ne naîtra pas : je ne veux pas que « mon existence soit considérée comme la possibilité de ton être ». Tout simplement précise l’auteur parce que :

Je crains qu’il n’y ait pas d’amour en moi.

Plus loin Kertézs retourne contre lui le raisonnement en s’adressant à l’enfant : considère « ton inexistence (…) comme la liquidation radicale et nécessaire de mon existence. »

Si l’écrivain hongrois né en 1929 se montre si opposé à l’idée d’avoir un enfant, ce n’est pas  – on l’aura compris – dû à un banal recensement des « inconvénients » que peut représenter cette charge. Nous sommes très loin de ces raisonnements qui enflent les conversations de bistrots où se brandissent ici, la perte de confort personnel là, l’amputation d’une hypothétique « réalisation personnelle » ; autant de vieilles ficelles postmodernes qui s’apparentent à un rétrécissement petit bourgeois.

Non. Imre Kertész s’appuie sur bien autre chose.

(…) votre histoire mondiale si absurde.

Déporté à l’âge de quinze ans à Auschwitz puis Buchenwald, Imre Kertész voisine avec la pensée d’Adorno quand il s’agit d’enregistrer la seule chose qui vaille après la Shoah : le détournement des Lumières au profit du rationnel lequel a engendré les usines de mort.

« Ce qui est réellement irrationnel, écrit Kertész, et qui n’a pas vraiment d’explication, ce n’est pas le mal, au contraire : c’est le bien. »

Le mal, c’est ce que l’humanité cherche, presque « rationnellement » : elle veut ses démons. « Il nous faut un démon pour nos sales affaires, pour satisfaire nos désirs sales, mais bien sûr un démon à qui l’on peut faire croire que c’est lui le démon, qui porterait sur ses épaules tout ce qu’il y a de démoniaque en nous (…). » Et encore ceci où les Hommes sont interpellés :  » (…) vous êtes intarissables en explications, rien que pour sauver vos âmes et tout ce qu’on peut sauver, pour voir sous l’éclairage grandiose et théâtral des événements mondiaux le vulgaire brigandage, le crime et l’exploitation, auxquels tous, nous prenons ou avons pris part d’une façon ou d’une autre. »

Pour Imre Kertész, il y a donc « de l’Auschwitz dans l’air depuis longtemps », « depuis des siècles ». Ce qui est advenu sur les terres de Haute-Silésie était en quelque sorte prévisible. Ne faisons pas les étonnés. Ne soyons pas hallucinés et encore moins incrédules face à l’horreur. Ayons l’honnêteté d’admettre que l’histoire est un monstre qui engendre des monstres, et l’histoire, c’est l’Homme.

Si Kertész dit « Non ! » à l’enfant, c’est parce qu’il dit non à cette humanité, et pas seulement à « l’horreur » nazie qui n’en est que la partie la plus manifeste, la plus visible. Il détaille son propos en revenant sur son enfance en pension, ses rapports avec son père ; et cet ordre masculin, rationnel, qu’il désigne comme ordre du monde, celui-là même qui pactise avec le mal.

Non je ne pourrai jamais être le père, le destin, le dieu d’un autre être.

Certes on objectera que la parentalité du temps de sa jeunesse est différente de celle d’aujourd’hui ; l’écrivain a grandi dans un monde ancien où les pères étaient la figure centrale. Imre Kertész de son côté a choisi : sa douleur est son travail d’écrivain. Et sa joie. La joie créatrice.

Le développement durable passe aussi par la… maman

Posted in Ecologie et développement durable by loranji on juin 10, 2009

 » Le proverbe qui affirme qu’à l’origine de la réussite d’un homme, il y a toujours une femme forte, contient beaucoup de vérité. Partout où vous voyez des individus heureux et paisibles, des enfants dotés de nobles vertus et de bonnes dispositions, des hommes faisant preuve d’une force immense face à l’échec ou à l’adversité, des gens qui possèdent une grande capacité de compréhension, de sympathie, d’amour et de compassion envers ceux qui souffrent et qui font don d’eux-mêmes aux autres, vous trouverez généralement une mère admirable qui les a inspirés, faisant d’eux ce qu’ils sont. « 

 » Lequel de nos yeux est le plus important, le gauche ou le droit? Ils ont tous deux une importance égale. Il en va de même du statut des hommes et des femmes au sein de la société. Les hommes comme les femmes devraient avoir conscience de la spécificité de leurs responsabilités ou dharma. Les hommes et les femmes doivent s’entraider. C’est la seule manière pour nous de maintenir l’harmonie dans le monde. « 

Sri Mata Amritanandamayi Dévi dite « Amma »

Extrait d’un discours donné au Palais des Nations Unies à Genève en octobre 2002.