l’orangie

Safari-photos en pays massaï : quel pays massaï ?

Posted in Ecologie et développement durable by loranji on mai 2, 2011
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Les Massaïs : chair à clichés. Un kistch que ne démentirait sans doute pas un Milan Kundera...

On sait depuis longtemps que l’homme est une espèce nuisible pour la planète, on sait depuis plus longtemps encore que l’homme est un loup pour l’homme, on saura désormais que le touriste dit « durable » au Kenya et en Tanzanie est une arnaque pour le peuple autochtone : les Massaïs.

Tombé sur cet excellent article de Pax Christi Wallonie Bruxelles qui rappelle la façon dont les Massaïs ont été dépossédés de leurs terres originelles pour en faire des réserves animalières et c’est ainsi que les Big Five (léopard, lion, éléphant, buffle, rhinocéros) sont devenus essentiels aux yeux des autorités kenyanes et tanzaniennes d’un point de vue écologique. Pardon, d’un point de vue économique.

Déviés (je n’écris pas déporté), vers d’autres terres moins riches, les Massaïs sont aujourd’hui en voie de folklorisation accélérée pour touristes argentés ; quand ils ne sont pas victimes de la confiscation des points d’eau par des établissements touristiques référencés comme « durables » par le National Geographic. Ainsi donc, le tourisme durable, en l’absence de tout label sérieux, est-il l’objet d’un marketing tout aussi tendancieux que les tranches de jambon « bio » et les paquets de lessive « verts ».

L’ennui étant qu’ici, l’arnaque oblitère directement l’existence d’individus qui, ne l’oublions pas, n’ont rien demandé à personne. Juste qu’on leur foute la paix.

Faut-il en dire davantage ? Ah oui, les Massaïs les plus récalcitrants seraient victimes de persécutions de la police : arrestations arbitraires, viols…

Article ici.

Photo tirée du billet d’un blogueur-touriste qui n’a pas tout compris, mais encore faut-il qu’il soit informé.

L’acropole avec Popaul

Posted in L'art Sélavy by loranji on août 19, 2010

Ah l’acropole d’Athènes ! Tout un mythe auquel on se prépare au moment de la visite, avec une sorte de solennité, pensez donc, les Grecs, les toges, les dieux, les Zeus, les Poséïdon, les Apollon et tout le barnum ! Tu poses le pied sur un bout de marbre et hop tu marches sur l’Histoire, un peu comme si tu marchais sur la lune, mais avec le chant des cigales. Bref tu t’imagines surnageant dans un endroit exceptionnel pour l’Humanité toute entière, tout au moins l’Occident, qui n’est pas le plus petit des jardins.

Seulement voilà, cette visite expresse s’est révélée finalement sous un angle inattendu : comique.

Oui, nous avons bien ri en visitant l’acropole et nous devons pour cela en remercier l’industrie du tourisme – je dis bien « l’industrie » – qui, bien avant l’heure avant laquelle elle était censée pointer son nez (soit 9h30) a choisi de faire à peu près comme nous, l’ouverture des portes.

Au début bien sûr, nous étions fort déçus de voir déferler ces premiers groupes qui tels des parachutistes en opération, descendaient de leur car par grappes de six. Tandis que nous montions vers l’olympe où les marbres se tendaient comme des muscles d’athlètes dans les rais du soleil matutinal (je suis allé la chercher celle-là), nous sentions sur nos talons (salut Achille) le souffle des troupeaux qui se formaient derrière nous en causant et en ajustant chapeaux et lunettes de soleil lequel, bien que matutinal (mot compte double) était déjà sévèrement burnant (de « burn » : coup de soleil).

Poursuivis par la meute, nous atteignîmes le sommet des Athéniens, et vous aurez compris qu’entre les caryatides et les colonnes ioniques ils nous était surtout bientôt donner de considérer une mer de casquettes et de gueules (comme dirait ce bon Gombrovicz) ; une mer écumante de bras tenant à bout portant des appareils photos avec pour fonction de saisir le maximum ; de bouffer – photographiquement parlant – l’acropole. Ceci avant de passer à une autre proie, sans doute l’agora antique en contrebas ou l’agora romaine un peu plus loin.

Cet assaut touristique, bien que prévisible, n’en restait pas moins surréaliste. Où étions-nous, entourés de ces groupes où chaque personne est dûment badgée du même numéro que ses coreligionnaires  (le car « 23 », le car « 26 », le car « 19 », etc) ; encore à l’acropole ? Ou dans un parc d’attraction ? A Zeusland ou Poseïdonland sans doute.

Nous comprenions de notre côté qu’il fallait faire notre deuil de la modeste visite tranquille que nous ambitionnions en quittant notre hôtel du quartier de Monastiraki au petit matin. Notre expérience, à prétention « culturelle », se transformait en spectacle vivant : tiens voilà les « 19 », oh regardez des « 23 », tiens ils ont l’air pressé les « 14 »… Tous ces gens, et d’autres encore,  se présentaient sans discontinuer par vagues montantes sous les oliviers qui bardent les contrefort de la colline.

Il ne m’est pas possible d’occulter une autre spécificité de cette industrie touristique : être saisi par un proche (photographiquement parlant, pas sexuellement) devant l’acropole.

Loin de moi l’idée de moquer cette habitude. Après tout, chacun est libre de faire comme il l’entend. Mais il faut avouer que cette masse humaine pour une bonne moitié essentiellement concentrée à prendre la pose devant le parthenon confinait à l’absurde. C’est la malédiction du tourisme de masse : on lui passe moins de choses qu’au tourisme individuel du fait même de la reproduction, par centaine, du même geste et des mêmes expressions béates.

Bref, notre visite devait, pour ne pas sombrer dans la frustration coléreuse, se terminer en rigolade, c’est-à-dire se jouer des touristes. Ainsi, lorsque nous apercevions l’amorce de l’une de ces innombrables micro-séances photo à base de portrait devant le parthenon, nous glissions-nous innocemment dans le champ, retardant le déclenchement d’autant de secondes… Enfantillage ? Sans aucun doute ! Mais il fallait bien cela pour faire passer la pilule de cette visite littéralement victime de détournement par les populations autocaristes !

Pour parfaire cet épisode athénien, je choisissais dans un geste éminemment politique (je rigole) de me faire photographier non pas devant le parthenon ou les caryatides comme nos amis touristo-massifs, mais devant une authentique poubelle de l’acropole dont la vertu était de synthétiser à la fois notre matinée et notre humeur. L’acropole ? Et hop, passons à autre chose !

Un petit pas pour l’humanité, un grand pied pour le touriste

Posted in Tout arrive by loranji on juillet 16, 2007

Space_ship_two
 
C’est arrivé, ça se passe au-dessus de nos têtes. Le tourisme spatial est désormais une réalité en France. « Voyageurs du monde » vient d’obtenir l’agrément de Virgin Galatic pour la commercialisation de billets donnant accès à un voyage dans l’espace.

C’est une bonne nouvelle pour le camembert français qui pourra désormais se déguster dans la stratosphère à 3500 km/h. En revanche, je ne conseille pas l’ouverture du Beaujolais en état d’apesanteur, au risque de ressortir de l’appareil avec une combinaison ressemblant à un tablier de bistrotier. Ou bien alors, emmenez du sel pour saupoudrer sur les tâches. Ce sont des détails, mais il faut penser à tout pour un voyage touristique dans l’espace.

Par exemple, il faut bien amarrer la galerie sur le toit du vaisseau afin que le vélo du petit ne s’envole pas et ne viennent à encombrer la banlieue de la terre au côté des vieux spoutniks et autres satellites russes, américains ou chinois.

Petit rappel également pour les propriétaires de chiens : n’abandonnez pas votre compagnon au bord de la route spatiale. C’est indigne. Demander à la chienne Laïka ce qu’elle en pense.

De même, on évitera d’emmener la grand-mère ; au risque de provoquer une phlébite ou quelque hémorragie fatale. Or, à moins de procéder à un inhumation du type « au revoir grand mère bon voyage dans l’univers », vous devriez écourter votre séjour. Dommage.

Mais je reviens à l’essentiel : l’engin qui permet ce gai tutoiement des étoiles s’appelle « SpaceShipTwo ». C’est un vaisseau spatial construit par la firme Virgin, la boutique de Michael Brandson.

Reste le prix. Les vacances coûtent cher, on le sait. Je me souviens encore du prix des glaces à Palavas-les-Flots et du coût de la crêpe flamblée à Quimper. Hors de prix. Et bien dans l’espace, c’est un peu pareil, mais en plus ruineux : comptez 150 000€ pour deux jours précédés de trois jours d’entraînement. Ca fait cher la minute de contemplation des grands espaces.

C’est pourquoi Voyageur du monde et Virgin Galactic ambitionnent de baisser leur tarif afin de proposer ce séjour au plus grand nombre. J’imagine, d’ici quelques dizaines d’années : les bouchons dans l’espace ; les « partez plutôt le 12 que le 13 » et les  « ralentissement au dessus de la Sibérie, deux vaisseaux se sont percutés et occupent la voie centrale… »

Pendant ce temps, moi j’irai là où personne ne va.

Mais où ?
Puzzle_terre_2

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