l’orangie

Ecrire un roman

Posted in L'art Sélavy by loranji on février 11, 2012

Ecrire un roman, c’est commencer à poser des briques les unes au dessus des autres puis, à force de subtilité, c’est obtenir un château de cartes, splendide et fragile.

Lorangie

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Pourquoi écrivez-vous Alfred Kern ?

Posted in L'art Sélavy by loranji on octobre 10, 2010

J’écris comme une huître cultive sa perle autour d’un rien qui l’irrite.

C’est viser, par le jeu des mots, une sorte d’excellence tout en désignant un procédé naturel, comme si l’esthétique n’appartenait pas seulement à l’homme, mais encore aux choses, à cet ordre que nous trouvons autour de nous et à l’intérieur duquel, par le jeu des formes, les manifestations d’un principe, pourtant identique, participent bien plus de l’improvisation que d’un plan qui nous permettrait de prévoir, à partir de certaines conditions, comment tel ou tel problème serait résolu.

La perle que nous apprécions comme l’objet d’un rien devenu fascinant, n’est qu’une forme de rejet à l’intérieur d’un système, symbolique pour nous qui pouvons le fracturer et, fracturant l’huître, donner quelque consistance à ce que par ailleurs nous sommes tentés de définir comme le point d’accomplissement : le fugitif à l’intérieur d’une vie qui semble réclamer un sens hors du sujet et hors de l’objet comme si le mot, devenu le sujet et l’objet d’une dispute, pouvait s’étirer suffisamment pour qu’il englobe le tout, ce tout qui lui même n’a pas de limites…/…

« ne penser à rien » c’est se fier à l’ordre des choses où à l’ordre caché qui nous appartient.

Alfred Kern

Ecrire un roman, c’est faire de l’acupuncture : Gracq

Posted in L'art Sélavy by loranji on septembre 4, 2010

Lu ce jour dans l’essai de Julien Gracq « En lisant en écrivant » :

Quand on compare un film tiré d’un roman au roman lui-même, la somme quasi-infinie d’informations instantanées que nous livre l’image, opposée à la parcimonie, à la pauvreté même des notations de la phrase romanesque correspondante, nous fait toucher du doigt combien l’efficacité de la fiction relève parfois de près des méthodes de l’acupuncture.

Et Gracq, de préciser :

Il s’agit en effet pour le romancier non pas de saturer instantanément les moyens de perception comme le fait l’image, et d’obtenir par là chez le spectateur un état de passivité fascinée, mais seulement d’alerter avec précision les quelques centres névralgiques capables d’irradier, de dynamiser toutes les zones inertes intermédiaires.

Bon. A part ça, on comprend pourquoi Julien Gracq est l’un des grands romanciers du XXème siècle d’autant qu’il ne se répand pas en théorie, mais en impressions et en jugements tout droits issus de sa pratique de l’écriture. Parole d’artisan. Parole d’artiste.