l’orangie

L’orgueil vraiment très mal placé de la République

Posted in Social, sociétal, société by loranji on janvier 16, 2015

Toute violence a une source, souvent cachée. On la devine pourtant, par ici, par là, sans jamais la trouver. Alors on continue à chercher.

On trouve ce mot : la République.

On se dit que ce mot n’est pas tant, à l’origine, un ennemi qu’une abstraction pour un terroriste islamiste. Ce concept, on le lui a sans doute maintes fois montré devant le visage comme un chiffon bleu-blanc-rouge. Durant son enfance, il a entendu des sons qui parlaient de France, d’égalité, de drapeau ; un agglomérat de choses qu’il n’a pas trouvé de raisons à embrasser.

Il n’est pas le seul. Une partie, forte minorité ou faible majorité qu’importe, de la population musulmane en France ne comprend pas la République, puisqu’elle ne comprend pas la laïcité, puisqu’elle ne comprend pas que l’on puisse caricaturer Mahomet.

Le chemin qu’elle a fait pour venir en France. La République ne l’a pas fait jusqu’à elle. C’était à ces gens de devenir républicains en mettant le pied sur le sol. C’était automatique.

Ce n’était pas automatique.

La République a failli par orgueil. Convaincue de sa gloire passée ; certaine, qu’après avoir irrigué les Français, et tant qu’à faire le Monde de ses Lumières, elle se déverserait aussi vers les migrants de tous horizons. C’était mécanique.

Ce n’était pas mécanique.

La République était, croyait-elle encore, sur les rails de l’histoire, portée par un grand récit ; et dans le même élan qu’à Valmy elle avait envoyé ses bulldozers attaquer les collines où bâtir les HLM. Après tout, si des Français avait été heureux de s’y installer après les privations de la guerre, les « Arabes » pouvaient bien prendre leur place. A chacun son tour, avant d’être accepté dans le grand cercle chaleureux et bruyant de la consommation. C’était avant la crise.

Mais ce n’était pas la crise pour la République.

Cette république, si rapide, si volubile, n’avait-elle pas fait table rase du passé colonial ? Elle s’était racheté une conduite en devenant de gauche, d’abord dans les colonnes de la presse, bientôt à l’Elysée. On marchait sous la banderole de SOS Racisme de Vénissieux à Paris. C’était fini.

Ce n’était pas fini.

Les largués, les traînards, les pas-doués, les couards voyaient s’éloigner devant eux, à mesure qu’il grandissaient, un objet qui leur devenait étrange. Certains sont devenus invisibles, d’autres délinquants. D’autres terroristes.

Le terrorisme c’est le résultat d’une addition d’erreurs de calcul étalées sur des décennies ; c’est une succession d’erreurs d’interprétation des pouvoirs successifs à un point qui confine à la bêtise, et à la mesquinerie. Des générations d’experts-comptables qui nous tiennent lieu de responsables politiques n’ont pas vu ou n’ont pas voulu voir l’arrière-garde. De tout temps, il ne fait pas bon être rejeté dans l’arrière-garde…

On a malgré tout réagi quand des poubelles, puis des voitures ont brûlé. On a cette fois imaginé les « politiques de la ville ». On s’est même mobilisé, par centaines, par milliers au fil des années dans les maisons de quartier, les antennes-ceci et les antennes-cela. Ce n’était que l’ambulance de la République. Pas son carrosse.

D’ailleurs, il faut bien le dire, le carrosse n’y est pour personne. Sauf pour quelques-uns. C’est dur pour tout le monde. Mais c’est sans doute un chouïa moins dur pour celles et ceux qui portent en eux les graines de la liberté, de l’égalité et de la fraternité semés par leurs ancêtres français. Ce n’est pas rien cet héritage.

Le 11 janvier, 3,7 millions de personnes sont descendues dans la rue en se souvenant qu’ils avaient ces graines en eux. Ce n’est pas rien d’avoir des souvenirs.

Elles pensaient même ranimer la République. Y sont-elles parvenu ?

Ce n’est peut-être qu’une morte que l’on ne veut pas voir mourir, dans un monde que l’on ne comprend plus et où elle ne se montre plus.

Or, là où la République faillit, il n’y a plus de République. Elle est pleine ou vide. Elle est vivante ou morte. Une Marseillaise chantonnée sur une pelouse de foot ne suffit pas à faire la République.

De la même façon que défendre la liberté d’expression, c’est défendre une partie – une partie seulement – de la liberté. Où est l’égalité ? Où est la fraternité ?

On s’émerveille de voir marcher côte à côte des militants du Front de gauche et de l’UMP. La belle affaire. Affaire de petits-bourgeois qui s’en retournent à leurs salaires le lundi matin.

L’absence des « cités » aux défilés n’indique pas seulement que celles-ci sont en désaccord avec les caricatures de Mahomet. Elle est aussi la preuve, désespérante, d’une République qui n’est pas pleine, qui n’est pas entière. Qui a failli depuis longtemps, peut-être même depuis toujours, excepté dans le moment révolutionnaire – avec ce qu’on lui connaît d’horreurs et d’outrances. Nous voici maintenant devant le corps d’une république, comme vide d’un corps étranger, qu’elle n’a pas pris en son sein. « Corps étranger », j’emploie le mot à dessein.

Voici à présent – et l’on croirait écrire sur l’apartheid – la ligne de partage entre citoyens « blancs et diplômés a minima » pour qui la République est un concept – vaille que vaille – exprimable, transmis bien plus par les familles que par l’école, et porté par les derniers feux du grand récit national ; et ces citoyens-là, « basanés et en rupture » qui jamais n’ont cerné cette idée tellement bizarre et tellement abstraite, tellement exigeante et tellement philosophique qu’est ce mot-valise de ré-publique, res-publica, chose-publique.

La France ne reste pas par hasard le pays des Lettres dans le monde, et celui de la conversation, et celui de la polémique. Dans aucun autre pays semble-t-il, le débat d’idées n’a été élevé à ce niveau au rang d’œuvre d’art – et j’y inclus les gros dessins de Charlie Hebdo.

Aujourd’hui nous comprenons ce que nous pressentions : certaines populations issues des quartiers ne « calculent » ni la planète sur laquelle elles vivent, ni le pays dans lequel elles tentent de vivre ; et les 3,7 millions de personnes basculant dans la rue pour la « liberté d’expression » ne font qu’accentuer l’incompréhension, bientôt submergée par la colère.

N’en déplaise aux chantres de l’humanisme béat (ou Béard comme on voudra), une faille, véritablement sismique, sous nos yeux et sur notre sol, sépare « La France » de ses cités. Elle révèle au grand jour la veine sanglante qui relie la délinquance au terrorisme. Elle est aussi une gifle à ces gouvernements qui depuis quarante ans se sont lâchement repliés sur une politique « d’obligations de moyens » quand il fallait s’obliger aux résultats.

Nous nous trouvons face à une inconnue : la République a-t-elle ou non l’envie de rattraper ses erreurs ? A-t-elle la force d’amour qui lui fera enfin embrasser les « gueux » ? A-t-elle aussi ou non la force, de dire « non » comme une mère, laïque et intraitable, à une religion qui cherche sa place ? A-t-elle les moyens de recruter davantage de républicains parmi les cités que ne le font les djihadistes ? Mais à la fois… que peut promettre en échange la République à ceux qui s’en méfient ou la rejettent ? Quel récit, quelles perspectives peut-elle donner, quand elle est elle-même plongée dans le doute ?

Nous pouvons être raisonnablement pessimistes quant à la vitalité de la république. Nous semblons nous acheminer vers un triste rapport de force qu’aggraveront les futurs attentats. Il fera de notre société un état policier et vieillissant.

Terminons par un scénario à moyen-terme. Cette république qui n’en est plus que le débris depuis des lustres risque fort de tomber comme un fruit mûr entre les mains de l’extrême droite anti-républicaine (La dédiabolisation du FN ayant fonctionné selon un scénario implacable du fantasme de la perte de contrôle).

La farce sera complète et nous ne serons plus dans l’illusion.

A nous la faillite.

J’avais écrit ici précisément après ce mot de « faillite » une conclusion plus heureuse. Je me disais que l’Europe recèle une force considérable : les peuples unis pour la démocratie. Mais je l’ai effacée de cette conclusion. Comme s’effacent les belles idées devant la bêtise et la violence : lorsqu’une monte sur l’autre et forment la bête immonde.

L’espérance reviendra, un jour.

Si elle y pense*.

Malgré tout il faut se battre. Et à défaut de pouvoir refonder la République, sauver ce qui peut l’être, en attendant des jours meilleurs.

Résistance !

Résistance…

* hommage à une chanson d’Alain Bashung

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Taoïsme, impressionnisme.

Posted in Au bout du comptoir by loranji on octobre 4, 2014

Zhuang Zi ne reconnaît à personne le droit d’émettre des concepts, cette obsession grecque pourrait-on dire. Mais surtout confucéenne, en l’état.

Zhuang Zi l’indomptable a choisi l’empirie en regardant la nature. L’ambivalence plutôt que la certitude du oui, ou du non, de la thèse et de l’antithèse. Empirisme radical à la William James peut-être bien.

Mon petit doigt me dit que la Nature chez le Zhuang Zi est aussi cette porosité entre l’individu et elle ; entre l’organisme et l’environnement. Et finalement, qui suis-je pour juger de ce que je crois voir de l’extérieur (la nature) alors que je suis partie prenante avec elle, malgré moi ou pour mon plus grand bien ?

En cela, le taoïsme du Zhuang Zi est peut-être ce que l’impressionnisme est à la peinture : un lâcher-prise de l’individu post-moderne avant l’heure.

L’oeil, plein de l’eau de l’étang que je peins.

water lilies nymphéas claude monet

Nymphéas, Claude Monet

L’épique, littérature de la matière.

Posted in Fiches de lecture, L'art Sélavy by loranji on mai 9, 2013

L’épique sauvera-t-il la littérature ? Question complexe, sinon épineuse si l’on se projette hors du cadre hérité de la tradition, Homère au premier chef, et que l’on considère que l’épique est avant tout une dynamique, une projection, un relâchement à partir d’un motif qui pourrait être, pourquoi pas, l’intime.

« Notes sur la littérature » de Theodor Adorno commence par un texte « La naïveté épique » qui me paraît porter le rapport de l’épique au langage à son point d’incandescence. Que lit-on ?

L’enchaînement épique, où la conduite de la pensée finit par se relâcher, devient la grâce qui dans le langage prime le droit de juger, ce qu’il est pourtant sans conteste. La fuite des idées, la forme du discours sacrifié, c’est la fuite du langage hors de sa prison.

L’épique, c’est la transgression de la raison réflexive, c’est comme le dit Adorno « l’émancipation de la représentation » à son égard.

(…) telle est la tentative toujours désespérée du langage qui cherche, tout en poussant à l’extrême son intention déterminante, à se guérir du négatif de son intentionnalité, de la manipulation conceptuelle des objets et à faire apparaître le réel dans toute sa pureté, préservé de la domination de l’ordre.

Et Adorno de conclure en quelque sorte un peu plus loin :

(…) vers ce lieu où la syntaxe et la matière se perdent, où la matière affirme sa domination, dans le moment où la pensée fait mentir la forme syntaxique qui cherche à l’embrasser.

Ulysse, Théodor Adorno, épique, philosophie, littérature

On a fait de l’ego un mur.

Posted in Mots by loranji on avril 26, 2013

On a fait de l'ego un mur.

 » On a fait de l’ego un mur, et ce mur ne comprend même pas une porte par où communiqueraient l’intérieur et l’extérieur ! Suzuki (NDLR penseur japonais) m’a appris à détruire ce mur : ce qui importe, c’est de mettre l’individu dans le courant, dans le flux de tout ce qui advient. Et pour cela, il faut démolir ce mur, et donc affaiblir les goûts, la mémoire et les émotions, ruiner tous les remparts. Vous pouvez éprouver une émotion, ne croyez pas que c’est si important… Prenez-la de façon à pouvoir la laisser tomber ! …/… Et les émotions, si on les garde et si on les renforce, peuvent produire une situation critique. Juste la situation dans laquelle toute société se trouve maintenant !  »
John Cage
« Pour les oiseaux » – Entretien avec Daniel Charles – Edition de l’Herne.

Omniscience

Posted in Mots by loranji on avril 21, 2013

Omniscience

« Car rendre les choses spatialement et humainement « plus proches » de soi, c’est chez les masses d’aujourd’hui un désir tout aussi passionné que leur tendance à déposséder tout phénomène de son unicité au moyen d’une réception de sa reproduction. »

Walter Benjamin – l’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique – Edition s Allia

Ne recevant que pour répandre

Posted in Mots by loranji on juin 23, 2012

« Ne recevant que pour répandre »

Jeanne Guyon.

citée par Jean-Louis Chrétien – Symbolique du corps – la tradition chrétienne du Cantique des Cantiques

Jeanne Guyon Jean-Louis Chrétien Cantique des Cantiques

Jeanne Guyon

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L’odeur que dégage notre vie

Posted in Fiches de lecture by loranji on avril 28, 2012

 » L’odeur que dégage notre vie relève de notre responsabilité. »

Jean-Louis Chrétien – Symbolique du corps ; la tradition chrétienne du Cantique des Cantiques – Puf

"mistery portrait" ©wazari

Le néant, ami de l’être.

Posted in Fiches de lecture by loranji on avril 7, 2012

« L’axe du néant » par François Meyronnis… un titre dont il ne faudrait pas déduire une intention nihiliste chez l’auteur. Bien au contraire. Le néant n’est pas le nihilisme. Mais d’ailleurs, avant tout, qu’est-ce que le nihilisme aujourd’hui ? A quoi ressemble-t-il ?

Le nihilisme contemporain est cette « chose » qui impose le régentement – l’agencement généralisé et planétaire dit l’auteur – du vivant, d’où il ressort que l’homme n’est plus qu’un objet social évalué, réévalué sans répit sur un marché qui exclut, par essence, « l’inutile » lorsqu’il n’est pas évaluable ; et qui exclut par conséquent le néant.  C’est lui, le néant salvateur promis par le titre, quand le mot d’ordre – implicite – du nihilisme semble être de « remplir, remplir encore » ; principe totalisant, et même totalitaire pourrait-on dire, selon lequel tout doit arriver « dans un maintenant perpétuel, venant de nulle part et n’allant nulle part. » Mais un « nulle part » qui est, entendons-nous bien, le contraire du néant dont nous allons parler ici.

Ce nihilisme – pour en finir avec lui – se manifeste sous la forme que l’on sait : la superficialité, la satisfaction instantanée du désir via une jouissance liophilisée, mercantilisée. Il en découle dit Meyronnis « la mise en réseau du monde ; mise en réseau qui fait équivaloir les êtres et choses, sans exclusion des humains, en les ordonnant au circuit. »

La matrice n’est pas loin qui « élimine en profondeur tous les sacrés (…) détrame le symbolique fil à fil. »

« Redistribuer sa singularité »

Mais une fois que le sombre constat est établi, que faire ? Le suicide n’est pas la solution, François Meyronnis le rappelle à travers l’exemple de l’ami écrivain Bernard Lamarche-Vadel.

Pour autant, de « vraies » solutions, le livre serait bien en peine d’en donner ; à chacun après tout de se mettre en mouvement à sa façon. Et le mérite de Meyronnis réside bien plutôt dans un énergique appel au mouvement, à l’éveil. Les pistes sont là, dans l’Indéterminé. Il en montre quelques unes.

L'axe du néant François MeyronnisRedistribuer sa singularité… Derrière la formule un peu absconse, l’idée est intéressante. Il s’agit d’effectuer un retour sur soi, et par là, l’auteur nous invite à remonter le courant de certains ayant pensé cette singularité, pêle-mêle : Heidegger, Tchouang-Tseu, le tantrisme, Artaud, Dada, Lautréamont, Parménide, Rimbaud, et bien d’autres sont étudiés au long des six-cent pages de l’ouvrage. Rimbaud justement, qui en appelle à la nécessité de chercher sa « formule chimique personnelle »… Mais comment ? Et surtout, à partir d’où, s’il s’agit encore une fois, d’entrer au contact d’un « néant » salvateur ?

Martin Heidegger et le Dasein – « l’Etre-là – est évoqué par Meyronnis comme l’une des clefs possibles d’accès au vide : « Si tu penses l’homme, à partir du néant, comme Dasein – c’est-à-dire comme être-là dans le lieu du Rienc’est moi qui souligne – , alors tu peux risquer avec Heidegger ce qui semblera une folie à la sentinelle du sens commun. Tu peux dire, à rebours du biologisme : « Le corps de l’homme est quelque chose d’essentiellement autre qu’un organisme animal. »

Le Dasein offrirait donc un accès à un néant placé avant l’homme ; au passage la doxa taoïste (si l’on me passe ce contresens) a elle-même théorisé le fait du néant*. Pour Heidegger donc, le néant accompagne, vaille que vaille, l’étant ; c’est-à-dire l’individu, à ceci près que celui-ci s’en effraie et veut le fuir ; et voulant le fuir s’oublie lui-même… Il finit – cet individu-étant – par creuser sa perte en remplissant ce qu’il appelle sa « vie » ; une vie racrapotée (comme disait Brel, des vieux) sur le familier, le proche ; on pourrait dire aussi l’accessible et l’accessoire. Ce qui nous ramène au propos d’entrée.

« Tout se passe, dit François Meyronnis, comme si être né impliquait deux régimes, dans un affrontement perpétuel. L’un, déterminé par la vie biologique, ravalerait le naître au rang d’une usine de cadavres. Mais l’autre refuserait cette régression charognarde, qui n’a rien de « naturel », contrairement à ce que voudrait croire sa Majesté le sens commun. »

Refuser cette régression charognarde, trouver sa chimie personnelle, redistribuer sa singularité… pour un peu, le processus de déconditionnement commencerait par cette formule bien connue, sinon galvaudée, qui flotte à présent au-dessus des villes : « savoir lâcher prise »…

Réapprendre à penser obliquement, pourrait-on dire aussi. Dévier le regard, changer d’œil, tourner son oreille différemment, rejouer son corps différemment.

Dès lors tout change…

A présent la foule s’estompe, à mesure que des lambeaux, des fragments de l’être ré-émergent. La fameuse « singularité » est entrevue, le Dasein, l’Etre-là font signe.

Des espaces se libèrent, des pierres se disjointes et l’on sent peut-être monter un souffle ; promesse peut-être d’une autre respiration. On en revient au tao, au Qi. Mais l’on peut aussi, sans aucun doute, s’en remettre au pneuma grec, au souffle de l’Esprit-Saint chrétien. A la fois, il convient de ne pas non plus s’emballer sur le boulevard de la transcendance ; plus précisément, comme dit l’auteur, il faut « substituer (au) pas au-delà de la transcendance le pas en deçà de l’immanence. »

Heidegger évoque à cet égard « l’arche du Rien » ; pur être et aucunement « simple étant ». Pour Meyronnis, c’est de ce « lieu » – que l’on pourrait dire atopique – que peut sortir le Possible. Plus clairement, la « possibilité de l’impossible » dit Heidegger.

Mais si cette arche du rien n’est pas une transcendance mais une immanence, tout cela se passerait-il donc en soi-même ? « Ne force pas le ciel » dit en substance Tchouang-Tseu recommandant lui aussi l’immanence plutôt que la transcendance. De son côté François Meyronnis cite Angelus Silesius, penseur catholique du XVIIème siècle : « La source est en nous / Ne clame pas vers Dieu, en toi-même est la source ; / N’en bouche pas l’issue, sans fin elle jaillira. »

« Maintenant, continue Meyronnis, si tu places ton propre corps parmi ceux que Rimbaud appelle les « Corps sans prix, hors de toute race, de tout monde, de tout sexe, de toute descendance ! », si tu as cette audace pleine de risque, alors tu  détruis dans ta personne la loi mortifère qui régit l’espèce. Que ce pas de côté n’aille nullement de soi, tu t’en doutes : c’est la grande affaire de ce que l’on nomme parfois « art », ou « mystique », ou « sainteté » – ou plus justement encore « poésie. »

L’auteur en appelle in fine à la mise en action, au réveil de son « cerveau parallèle », lequel suppose une singularité capable de se déclarer « en face de la société. » au prix d’un retrait volontaire de l’étant, contre le reste du monde pourrait-on dire, afin de gagner un « état de stupidité »  – qui prépare d’ailleurs, comme il est dit du côté de la Chine, « l’expérience du Tao ». Il n’est dès lors plus question de mots, encore moins de discours, mais d’un état qui relève de l’être – pourtant indicible ; l’être qui auparavant ne cessait de se retirer (Heidegger) devant la poussée de l’étant, advient enfin ; le néant jouant son rôle de révélateur, de « réserve » de l’être. Un corps « subtil » se fait jour, doublant le corps physiologique.

Mais quoi encore ? Vers où regarder concrètement, avec pour ce qui n’en reste pas moins notre point de départ, notre étant ? Il faut regarder vers la naissance.

Sa propre naissance explique l’auteur qui écrit : « La question (est) de savoir où tu en es par rapport à ta naissance. Si tu circules librement en elle, ou pas. »

« Il faut, dit-il encore sur un mode programmatique apprendre à désensorceler (le diable étant le nihilisme ambiant) sa naissance, à lui faire accomplir un pas en arrière de l’entrave…./… Si tu expérimentes cela avec ta tête, avec ton souffle et de toutes tes cellules, le grand retournement a lieu. » Révéler la singularité qui circule en soi dans sa venue au monde, sa naissance, nous y sommes. C’est-à-dire « tout reprendre. Assister à sa propre naissance. »

Alors advient l’immanence… et Meyronnis de conclure par ces mots de Rimbaud : « Ta tête se détourne : le nouvel amour ! ta tête se retourne, le nouvel amour ! »

"L'axe du néant" -  François Meyronnis - Gallimard, collection l'Infini. Sur Amazon.
* « De celui qui sait que l’être, le néant, la mort et la vie n’ont qu’une même origine, je suis l’ami. Ces trois choses (le néant, la vie et la mort) bien que différentes constituent une famille commune (…) » Tchouang-Tseu – « Keng-Sang Tch’ou » – Œuvre complète

Walter Benjamin par Jean-Michel Palmier

Posted in Fiches de lecture by loranji on novembre 6, 2011

Un homme d’une intelligence prodigieuse, miraculeuse, de l’aveu de la plupart des intellectuels qui le fréquentèrent. Walter Benjamin, ou la lucidité portée jusqu’à son incandescence.

Avec pour champ de pensée, ce que Jean-Michel Palmier* indique par cette tentative de définition : « C’est à travers les rêves et les vestiges du XIXè siècle que Walter Benjamin analyse la naissance de la modernité ». « chiffonnier métaphysique » Benjamin s’empare d’objets le plus souvent banals pour en interpréter des sens profonds, cachés ; des éléments à sauver. Pour lui, la rue, en particulier, devient « un univers de sens à explorer ».

Une lucidité et une capacité d’interprétation spatiale et temporelle : à 360° dans le passé, le présent, le futur

Il en ressort, au fil de l’oeuvre, une vision proprement messianique chez cet homme qui n’a jamais cessé de dialoguer avec sa judéité, par-delà le saut politique (mais théorique, jamais concret) vers le marxisme.

Un marxisme qu’il embrasse pour en finir avec « l’escroquerie » bourgeoise de sa jeunesse dans l’irrespirable Allemagne impériale ; mais un marxisme qu’il récuse aussi dans sa traduction esthétique, dès lors que le matérialisme dialectique (pierre angulaire de la pensée marxiste) lui apparaît trop réducteur, sinon suspect.

Mais j’en reviens au point le plus intéressant, ce « messianisme matérialiste » dont Walter Benjamin semble l’inventeur.

Ne jamais renoncer au concept

Cette pensée messianique de Benjamin repose notamment sur le concept d’ « image dialectique » en vue de l’approfondissement de « l’illumination profane ». Côté contexte, nous sommes dans l’après-guerre 14-18 ; signe révélateur, parmi d’autres symptômes remontant au XIXè siècle, de la catastrophe ; catastrophe intrinsèque à l’avènement du Messie.

Ici intervient Martin Buber, lu attentivement par Benjamin et pour qui l’homme doit participer activement de la venue du Messie « en libérant les étincelles de la Lumière Divine dispersée dans le monde par ses actes ». On se trouve ici sur le seuil de la tradition hassidique.

Parallèlement, Benjamin s’inscrit en faux par rapport à une mystique médiévale selon laquelle l’âme est le prolongement de Dieu. Si l’âme n’est de fait, pas en « fusion » avec Dieu, il surgit plutôt un moment utopique au sein duquel l’homme « rêve », se projette, dans sa pure individualité au beau milieu du pli historique, (l’histoire) ombrageux dans lequel il se trouve. Le messianisme chrétien se veut profondément spiritualiste via la Rédemption intérieure. A l’inverse le messianisme de Benjamin renoue avec le messianisme historique de la tradition juive, hassidique en particulier : les catastrophes doivent survenir pour permettre la venue du Rédempteur ; comme l’écrit Jean-Michel Palmier : « Ce n’est qu’au dessus des ruines que peut s’effectuer la clôture de l’histoire ». Ce n’est qu’ensuite qu’arrive « l’éon » nouveau : un nouvel âge de la Terre.

On voit que prédomine ici une vision non linéaire et non progressiste (contrairement à celle des Lumières) qui s’impose ici ; fidèle en cela à l’Ancien Testament.  « On a vu naître, écrit Gershom Scholem (l’autre grand correspondant de Benjamin avec Adorno), à cette époque des Lumières, cette interprétation inédite que le messianisme garderait son pouvoir actif sous la forme sécularisée dans la foi dans le progrès. Mais la Rédemption est plutôt le surgissement d’une transcendance au dessus de l’Histoire (…) la projection d’un jet de lumière à partir d’une source extérieure à l’histoire. » D’aucuns parlent de « souffrance de l’enfantement » précédant l’arrivée du Messie.

Benjamin reste convaincu que « seul le Messie achève de lui-même tout devenir historique » ; en cela le messianisme politique est une utopie. Sinon une imposture. L’homme reste dans l’ignorance du moment messianique. C’est pourquoi Benjamin ne versera en aucun cas dans le sionisme politique, national ; pour lui le judaïsme relève davantage de la « diffusion » spirituelle que de la possession de terres – et Benjamin, comme Scholem, rejetteront la « manie agricole » du sionisme politique.

Mais à la fois… l’injonction de Benjamin est d’une exigence inouïe car si l’homme reste l’ignorant, il faut toutefois que sur un plan théorique l’on soit capable, pour le sauver, de saisir la structure métaphysique de la situation historique, c’est-à-dire « libérer l’avenir de ce qui aujourd’hui le défigure ». On en revient à l’image-dialectique.

Le présent et plus largement l’époque moderne entérinent une réalité qui empêche l’espérance du sursaut : la crise de la narration, la mort du grand récit. Benjamin regrette – c’est un euphémisme – l’avènement du roman et de la sphère privée, et plus encore, l’irruption de médias comme la radio et de la presse qui appauvrissent l’expérience, où comme le dit J.M. Palmier « mutisme et bavardage concourent à tuer la narration. » Dans le même temps, surgit la fétichisation de la marchandise, et son culte de la nouveauté permanente. Autant de facteurs qui contribuent finalement à éloigner l’homme des perspectives du salut… tout en l’y rapprochant puisqu’après tout, c’est par l’aboutissement de l’hystérie capitaliste (pour ne pas la nommer) que s’achèvera enfin le temps messianique.

De façon finalement assez logique, l’univers – mais plus encore les personnages – de Kafka ne pouvaient être que parlants pour Benjamin. Kafka en effet « n’a pas cédé à la séduction du mythe » ; le Praguois décrit « un petit monde médiateur, à la fois inachevé et quotidien » autour de personnages comme, enrichis, par l’oubli. De cette frêle lueur, on peut entrevoir l’espoir… l’espoir véritable.

Benjamin et Adorno : une critique commune de la fausse unité du mythe, mais d’un côté un penseur, de l’autre un dialecticien.

Adorno, cela dit, guette son ami au coin du bois et pointe les insuffisances dialectiques de Benjamin, notamment dans sa volonté de rapprocher les âges du monde et l’oubli.

Benjamin – c’est sa force – s’aventure très loin, sans toujours pouvoir ramener d’un point de vue théorique – à l’aune de l’incroyable exigence d’Adorno bien sûr ! – tout le matériel nécessaire au concept ou, pour le dire autrement, à ce que celui-ci relève d’une ontologie.

Ainsi le concept central chez Benjamin « d’image-dialectique » ; sorte de produit de la conscience collective où « s’interpénètrent le nouveau et l’ancien ».

Si Benjamin affirme par exemple avec justesse que les fantasmagories que suscitent les Exposition universelles sont un véritable divertissement  qui permet à l’homme de « jouir de son aliénation » ; s’il pointe, avec tout autant de justesse, le fait que cette image-dialectique se cristallise en une contradiction – à la fois ; produit de la réification* et rêve naïf de l’utopie libératrice ; émerveillement face aux réalisations du capitalisme et désir pusillanime de s’en détacher ; perceptions tant matérielles que spirituelles – Adorno persiste à penser que Benjamin psychologise encore trop son intuition, au détriment du concept.

Au milieu de cette ville où fourmillent ces images-dialectiques, Benjamin relève la figure Baudelairienne du flâneur qui ne domine pas la ville – loin de là – mais est plutôt sous son charme : « l’ivresse religieuse des grandes villes » dit Baudelaire. Avec le suicide comme unique passion moderne.

De la décomposition du XIXè siècle qui suivra, du désenchantement qui le caractérise, Bloch détectera la façon  dont le national-socialisme plus tard confisquera l’utopie à son profit via la figure du mythe, de l’archaïque, ainsi que celle du kitsch, l’ensemble participant à l’édification de cette « esthétique » que constitue le fascisme. Et sa puissance hypnotisante sur les foules.

Exit donc, le mythe et l’archaïque . Benjamin, à la suite de Bloch, estime que l’issue se trouve bel et bien dans une éthique de la vérité messianique.

Pour conclure, Jean-Michel Palmier, écrit ici en deux phrases la sublime singularité de la pensée de Walter Benjamin : « C’est dans cette prodigieuse attention au concret et ses limites théoriques que réside le véritable matérialisme de Benjamin. A la dialectique et à ses médiations, il oppose la fulgurance de l’image, l’illumination qui éclairent ces résidus d’expériences et de rêves constitués en monade. »

Jean-Michel Palmier – « Walter Benjamin, le chiffonnier, l’ange et le petit bossu »

et : Jean-Michel Palmier « Walter Benjamin, un intellectuel juif allemand »

* réification : concept théorisé par Georg Lukacs. La réification «  consiste à transformer ou à transposer une abstraction en un objet concret, à appréhender un concept comme une chose concrète. Le terme est aussi employé à propos des personnes vivantes. On trouve également le terme équivalent chosification.” Wikipedia.

Henry-David Thoreau – Walden ou la vie dans les bois

Posted in L'art Sélavy by loranji on octobre 14, 2011

Je gagnais les bois parce que je voulais vivre mûre réflexion, n’affronter que les actes essentiels de la vie, et voir si je ne pourrais apprendre ce qu’elle avait  à  enseigner, non pas, quand je viendrais à mourir, découvrir que je n’avais pas vécu.

Le progressiste primitif, c’est peut-être ainsi que l’on pourrait qualifier l’américain Henry-David Thoreau (1817-1863) qui a notamment inspiré le compositeur John cage.

Nulle nostalgie du temps passé chez Thoreau, dans la volonté de s’isoler durant un an et demi à l’écart de sa ville natale, Concord, Massachussets. Mais alors, pourquoi construit-il une cabane au bord d’un étang, Walden, avec l’intention de vivre du peu qu’il produira dans son potager, de la pêche, de la chasse ?

Thoreau n’est pas un simple hédoniste, jouisseur de la nature. S’il se coupe du monde et de la société, c’est pour effectuer un véritable « saut » qui doit lui permettre d’espérer vivre en osmose avec ces choses qu’un homme peut ressentir au plus profond de lui-même. Au delà de l’éthique, l’approche paraîtra anthropologique. Puis finalement spirituelle. Un parcours empirique qui n’est pas sans faire penser, de loin, aux « Rêveries du promeneur solitaire » de Rousseau.

Tout commence, fort logiquement pour Thoreau, par l’examen critique de ses semblables, et plus encore, la critique du monde moderne qui naît sous ses yeux : chemin de fer, développement de la ville, du commerce, du confort domestique. Au bout de la réflexion : l’impression d’une totale vacuité et déjà l’intuition qui, plus tard, sera ressentie et formalisée par des artistes aussi différents que Kafka ou Chaplin : l’homme « n’a le temps d’être rien d’autre qu’une machine ».

Mais d’où viendrait cette servilité ? Thoreau montre du doigt la tradition, et la supposée autorité des anciens. Alors que pourtant ceux-ci « n’ont pas de conseils importants à donner aux jeunes, tant a été partiale leur propre expérience (… ) » Tout concourt ainsi, dans l’Histoire, à faire croire « qu’il en est ainsi » et pas autrement. Comme s’il s’agissait d’un donné pourrait-on dire, patriarcal. Une notion que Thoreau n’aborde pas cependant : la figure du père. Contrairement à Kafka justement.

Mais revenons à ce mot fondateur de la pensée de Thoreau, pierre angulaire de son éthique : l’expérience.

L’expérience personnelle est la seule vraiment légitime : « Je ne sais rien de plus encourageant que l’aptitude incontestable de l’homme à élever sa vie grâce à un conscient effort. » Il a la certitude qu’il faut « laisser son esprit descendre dans son corps pour le racheter, et (…) se traiter (soi-même) avec un respect toujours plus grand. »

Thoreau se désole au passage de l’hypocrisie humaine, de la vanité, surtout lorsqu’elle revêt l’habit de la philanthropie, trait spécifiquement anglo-saxon : « cette charité qui nous occupe couvre une multitude de péchés ». Pour lui la « bonté doit être non pas un acte partiel plus qu’éphémère, mais un constant superflu qui ne coûte rien (à l’homme) et dont il reste inconscient. »

Alors, puisque dans la vie moderne, les hommes s’étourdissent de confort, voire de luxe ou de prestige et « s’entourent d’une chaleur contre nature » ; puisque les nations rivalisent d’ambition pour « s’enterrer elles-mêmes » sous des monuments de pierres ; puisque l’on ne peut que désespérer « d’obtenir quoi que ce soit de vraiment simple et honnête fait en ce monde grâce à l’assistance des hommes » le salut , l’expérience vraie, l’acmé de la vie intérieure, doit pouvoir se trouver dans la nature.

Et cette phrase axiomatique :

«  Un homme est riche en proportion du nombre de choses qu’il peut arriver à laisser tranquille. »

Nous sommes ici dans les parages de la pensée taoïste, particulièrement Tchouan-Tseu que cite d’ailleurs Thoreau.

C’est alors que s’effectue un retournement. A partir du moment où l’homme se déleste, autant que possible, de son ancrage dans l’Histoire, il se retrouve dans une solitude nouvelle, féconde, qui fait dire au poète William Cowper cité par Thoreau : « je suis le monarque de tout ce que je contemple. » Ce à quoi justement, aucun monarque « institutionnel » ne peut prétendre…

Thoreau s’émerveille de chaque instant de la journée, toutes parfaitement uniques. Il s’émerveille des matins rappelant les préceptes des Védas : « toutes intelligences s’éveillent avec le matin. » Et de fait, il sent affleurer au fil des mois en lui une pensée « élastique et vigoureuse » marchant de pair avec le soleil, où le ménage lui-même relève de l’art de vivre : « Mon plancher était-il sale, que je me levais de bonne heure, et, installant dehors tout le mobilier sur l’herbe (…) avec un balai le frottait à blanc…./… J’avais parfois envie d d’étendre une toile au-dessus (de lui) et de m’établir là. »

Deuxième phrase clef du livre à mon sens :

« Je vais et je viens avec une étrange liberté dans la nature, devenu partie d’elle-même. »

La pluie, le froid, le gel ne sont plus des ennemis, ils sont acceptés dans leur légitimité parce qu’ils sont toujours utiles, avec au final un sentiment de « bienveillance aussi infinie qu’inconcevable, tout à coup comme une atmosphère me soutenant. »

Le solitaire n’est donc pas seul. L’Homme n’est pas seul. A condition de s’ouvrir à son environnement.

Le cheminement de Thoreau l’amène bien évidemment vers les terres spirituelles : « Près de quoi désirons-nous le plus habiter ? Sûrement pas auprès de beaucoup d’hommes, de la gare, de la poste (…) mais près de la source éternelle de notre vie, d’où, en toute notre expérience, nous nous sommes aperçus qu’elle jaillissait. » Et de conclure son livre par une ode au printemps où « tous les péchés des hommes sont pardonnés. » Il n’y a nul légitimité à intenter à Thoreau un procès en « bondieuserie », l’auteur est sincère d’un bout à l’autre de son ouvrage et s’il esquisse ce pas dans le divin, c’est par la force du propos qui sourd, telle une eau irrésistible, du sol, de la nature, de la vie enfin vécue. Et l’auteur d’assurer d’ailleurs plus loin – à l’encontre de toute église peut-être ? –  que « les mots qui expriment notre foi et notre piété ne sont pas définis. »

Personnellement je retiendrai de ce livre la dynamique puissante de Thoreau, ce pas de côté qui parvient, comme dirait Deleuze, à le faire changer de « plan ».

« Penser que peut-être mon corps trouverait son chemin pour rentrer, si son maître s’en écartait. »

Henry David Thoreau Walden ou la vie dans les bois littérature

Henry David Thoreau cc Wikipedia