l’orangie

Accueillir le semblable et le différent

Posted in L'art Sélavy by loranji on juin 2, 2013

Accueillir le semblable et le différent

« Je considère donc comme essentiel, pour le compositeur, d’agir non sur le seul matériau mais sur l’espace, sur la différence qui sépare les sons. Accueillir le semblable et le différent comme base même de la composition musicale permet en effet d’éviter deux écueils : la hiérarchie et l’égalitarisme. »

Gérard Grisey (1946 – 1988) – « Musique : le devenir des sons »

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Les mots du net : technologie de la clarté ?

Posted in Mots by loranji on avril 25, 2007

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    Ce n’est certes pas une vision littéraire, et encore moins poétique des mots, mais elle a le mérite d’appréhender la réalité de notre monde sur-médiatisé :
" La parole a été la première technologie qui a permis à l’homme de lâcher son milieu pour le saisir d’une autre façon (…) Les mots sont une sorte de système de recouvrement de l’information capable d’explorer à grande vitesse la totalité du milieu et de l’expérience. Ils constituent une technologie de la clarté." Marshall Mc Luhan – Pour comprendre les médias – 1964.

Evidemment, on ne peut s’empêcher de rapprocher cette opinion de l’usage qui est fait aujourd’hui des mots sur l’internet, notamment sur les blogs. Et l’on ne peut être que saisi par le "recouvrement", l’enveloppement même du monde, par ces tsunamis quotidiens de mots qui déferlent chaque jour et s’accumulent en strates dans les mémoires des ordinateurs.

Traités ainsi, produits sur un mode de plus en plus conversationnel, les mots constituent-ils toujours une technologie de la clarté ? On serait tenté de penser le contraire en raison, justement, de cette massification ; certains parleront d’entropie, avec la sensation de se trouver pris au piège d’une cacophonie planétaire.

Mais alors, les mots ne signifiraient-ils plus rien pour l’individu qui s’exprime sur son blog, pour la communauté qui s’agrège autour de lui, jour après jour, semaine après semaine ? Je ne le crois pas bien sûr. Tous ces mots inscrits dans l’empreinte du clavier le sont d’abord dans l’esprit des personnes qui s’expriment. Et toutes ces impressionnantes masses de mots, parcourues par les lecteurs, parfois commentées, résonnent d’abord à l’oreille de ceux-ci, à leur subjectivité, à leur sensibilité.

Les mots ont un rapport intime avec l’individu avant de s’entasser dans le bavardage mondial. C’est ce qui les rend à la fois touchants et dérisoires. Tellement humains.

Mots d’ado, mots de solitaire, mots de chef d’entreprise, mots de salarié, mots de citoyen… sur les blogs, ils disent des convictions, des sensations, des intuitions. Ils appellent à l’échange, au débat, à la générosité des idées.

Ainsi donc, la phrase de Mc Luhan serait toujours valable : "Les mots : technologie de la clarté". Ajoutons aussi, du doute, du questionnement, de l’ouverture à l’autre.

Au fond, quand on y songe, les mots sont une "technologie" parfaitement géniale : cela on le savait. Mais c’est aussi une technologie incroyablement artificielle, sophistiquée ; la première "bio-technologie" en quelque sorte ! Et ce, bien avant les puces sous cutanée et les nanotechnologies que certains chercheurs commencent à appliquer sur le corps.

En somme, qu’y-a-t-il de plus moderne qu’une pensée exprimée en mots ?

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Marshall Mc Luhan (1911 – 1980)

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