l’orangie

Holy Motors : un sacré moteur de cinéma

Posted in L'art Sélavy by loranji on juillet 15, 2012

Voir « Holy motors » de Leos Carax, c’est d’abord voir un moment de pur cinéma. Le tour de force de ce film, c’est de ne pouvoir être autre chose qu’un film. C’est à cela que l’on reconnaît, avec ses forces et ses faiblesses, une oeuvre authentiquement artistique en cela qu’elle ne peut prendre place ailleurs que ce pour quoi elle a été conçue. Osons quelques parallèles : la Divine Comédie ne peut être autre chose que de la poésie, la « Recherche » de Proust ne peut être autrement que du roman, la symphonie pastorale ne peut être autre chose que de la musique, etc. Carax et quelques autres – dont Belà Tarr déjà évoqué ici, et bien d’autres évoqués ailleurs – actionnent vraiment les machines du cinéma.

On pourra parfaitement rejeter tout ou partie du point de vue philosophique ou esthétique du film de Leos Carax, mais on ne pourra lui nier sa qualité d’oeuvre cinématographique ; que d’aucuns appellent OVNI comme si, décidément, les oeuvres – les vraies – échappaient définitivement au radar de la perception normée. Holy motors n’est pas un ovni, c’est simplement un film qui fait du cinéma. Déjà dit.

Le film donc en quelques mots : c’est un hymne à la vie, mais la vie qui s’enfuit sans doute, aspirée qu’elle est, par le nihilisme totalisant (déjà totalitaire ?) de notre époque – je ramène pour le coup à mon billet sur le bouquin de François Meyronnis.

Plus précisément, j’ai perçu Holy motors comme un film spirituel – fastoche vu le titre – dont le dernier mot est d’ailleurs « Amen ». A l’arrière d’une limousine – qui n’a rien de la chanson de Bashung – un homme que l’on pourrait très clairement qualifier d’ontologique, se transforme en de multiples vies – neuf au cours de la journée, ce chiffre neuf qui architecture soit dit en passant la Divine Comédie : et d’ailleurs le film aurait pu s’appeler « La divine comédie » si un obscur poète florentin ne l’avait déjà emprunté – multiples vies donc, au cours desquelles il arrive ce qui doit arriver : la vie.

Mais il faut bien concéder que le pessimisme est de mise dans ces vies décrites sous la lumière noire, justement, du nihilisme évoqué plus haut – lumière noire avec la scène hallucinée du Lavant ridicule, puis dramatique, en combinaison à ampoules. Pourquoi le pessimisme ? Parce que c’est à un crépuscule auquel nous assistons, le crépuscule – peut-être – de l’espèce humaine, le crépuscule – sûrement – de Dieu, vaincu par le nihilisme – encore lui, partout, vainqueur. D’où cette dernière scène étonnante, ces voitures sacrées dans leur garage rangées, bavardes, et sentant monter leur impuissance. Tandis que l’Homme lui – dernière des neuf vies du personnage tout au moins pour sa journée – rentre dans un « chez lui » épuisé, perdu, déboussolé… sinon malgré tout tourné vers l’espérance, en regardant les étoiles et la nuit avec sa compagne et ses enfants… dont je laisse découvrir la qualité, signes de sagesse – et de spiritualité ? – animale peut-être.

Holy motors, moteurs sacrés, sacrés moteurs… homo sapiens se bat encore, essaie d’y croire.

Le cinéma et dieu – s’il existe –  l’y aident.

Comme ils peuvent – s’ils existent.

Juste un dernier mot de spectateur : le séquence du satyre – joué bien sûr par Denis Lavant comme chacun des neuf rôles – est superbement émouvante : le satyre, cet être ancien, antique ; violeur dont l’obscénité se révèle ici totalement dépassée par l’obscénité (du nihilisme bien sûr) incarné par un photographe de mode. Et le tableau final, superbe, avec la femme re-voilée, nouvelle Pietà et lui, satyre, s’endormant comme un enfant – dans une érection s’abandonnant au songe. Superbe et dramatique retournement. L’un des plus beaux plans de cinéma que j’ai vu – sans doute inspiré de l’iconographie classique.

Holy motors Denis Lavant

Denis Lavant en « Monsieur Merde ». Ou le pauvre satyre.

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L’anti-cinémou de Béla Tarr

Posted in L'art Sélavy by loranji on janvier 7, 2012
Le cheval deTurin Béla Tarr cinéma

La fille va au puits...

Vu hier soir « Le cheval de Turin » de Béla Tarr.

Un film qui se situe aux confins du cinéma, loin, très loin des conventions formelles au point qu’il rompt d’une certaine manière les amarres avec l’esthétique cinématographique pour gagner les rivages, beaucoup plus âpres, de l’éthique.

Un film déplaisant qui nous oblige à « voir » mieux, à vivre un moment qui utilise la technique du cinéma. Un film d’une dureté de pierre, le contraire du cinéma en ce qu’il a, communément, de « mou », y compris dans le cinéma d’auteur. Anti-cinémou en quelque sorte. Je dis cela au-delà du jugement de valeur.

Une rétrospective au Centre Georges-Pompidou à Paris a récemment titré « Béla Tarr, l’alchimiste ». C’est exactement cela.

Dans le Cheval de Turin plus encore que dans les autres films que j ‘ai vu de lui (« L’homme de Londres », « Les harmonies Werckmeister ») Béla Tarr met en branle un dispositif fait d’images « sèches », où le vent envahit littéralement l’écran, où les feuilles virevoltent sans répit jusqu’à épuisement de la terre ; où un père et sa fille et leur cheval seuls au monde ou presque, dans un huis-clos étouffant, s’anihilent, disparaissent…

Nihil, le mot-phare de ce film. Ou le nihilisme décrit par Nietzsche. Le cheval du film est justement le cheval de Turin, celui que Nietzsche embrassa en pleurant* – le voyant maltraité par son maître-cocher – avant de sombrer définitivement dans la folie. Ce fou de Nietzsche qui en quelque sorte préfigure la folie même du monde à venir…

Le film de Béla Tarr se propose donc de nous montrer le cheval et son maître, le maître et sa fille, dans les jours qui suivent l’épisode de la rencontre entre le philosophe et l’animal. Le film répond à la question « ‘Qu’est devenu le cheval ? ». Mais il répond bien sûr à la question « Qu’est devenu l’homme dans le monde ? »

Premier plan du film, le cheval suant, dans la tempête pourtant sèche, rentre de Turin avec son maître. Le cheval ne ressortira plus de sa pauvre écurie, refusant d’avancer le jour suivant, refusant de se nourrir le jour d’après, refusant de boire le jour d’après encore… Le maître, la fille verront leur puits s’assécher, le vent sans discontinuer les transformer, la fin…

Je le répète, Béla Tarr ne nous raconte pas « l’histoire » de cette déchéance qui sonne, on l’aura compris, comme une métaphore de la déchéance, la chute prochaine, déjà engagée, de l’homme post-moderne. Bélà Tarr ne raconte pas une histoire, il nous montre l’état même de ce qui se passe. Il use pour cela des procédés les plus radicaux, ou pourrions-nous dire, les plus déloyaux : une musique obsédante, des scènes répétitives et toujours ces plans-séquences interminables ; et l’exaspération du spectateur – nourri, sinon gavé, de « récits » du cinéma habituel – frise parfois l’envie de quitter la salle.

En vérité, le spectateur sent confusément qu’un véritable processus chimique se met en place, le film le gagne de l’intérieur, comme un poison se répand en lui.

On ressort de la salle épuisé, agacé. Mais le film lui, fait son oeuvre, il a touché dans le mille, touché au coeur : une pierre reçue dans le coeur.

Béla Tarr nous a pris en otage, nous a drapé de ses images qui agissent réellement comme un sortilège, plus encore ; ses images se sont introduites comme par effraction dans le corps du spectateur. Il s’agit bien d’une action chimique. Béla Tarr, l’alchimiste, oui…

——-

* « Alors qu’il croise une voiture dont le cocher fouette violemment le cheval, il s’approche de l’animal, enlace son encolure et éclate en sanglots, interdisant à quiconque d’approcher le cheval : « Nietzsche (…) fut assez fou pour pleurer auprès d’un animal, sous le regard ou contre la joue d’un cheval que l’on frappait. Parfois je crois le voir prendre ce cheval pour témoin, et d’abord, pour le prendre à témoin de sa compassion, prendre sa tête dans ses mains » : Jacques Derrida dans « L’animal que donc je suis » extrait Wikipedia.

Confiscation de la bienveillance

Posted in Social, sociétal, société by loranji on janvier 14, 2010

Je viens de lire dans le magazine « Management » cette phrase tirée d’un article sur l’espionnage économique et les méthodes d’espions qui emploieraient une manière de séduction pour arriver à leurs fins auprès de salariés d’entreprises cibles : « La plupart des gens ne savent rien refuser à celui qui les prend par l’épaule ou qui leur effleure le bras ou la main. »

C’est bête, je prends souvent les gens par le bras lorsque j’apprécie une relation. A en croire ces lignes, mes interlocuteurs pourraient donc me prendre pour un manipulateur. Gasp !

Curieux comme un acte anodin, que je qualifierais bêtement de bienveillant, peut tout à coup sembler suspect à celle ou celui qui… aurait lu Management quelques temps plus tôt.

La sincérité, l’expression des sentiments sont-ils appelés à devenir de plus en plus incongrus et bizarres en dehors des périmètres où ils sont requis – à coup de couvertures de magazine – j’entends par là, l’amour, la vie de famille et les complicités entre « potes » ?

En dehors de ces « séquences », faut-il être sous contrôle permanent et s’abstenir donc, de toute effusion non codifiée dans les tablettes sociales ?

Cela me fait penser aux discours que j’entendais enfant, dans ma Bretagne natale, où il était dit que les Méridionnaux, autour de l’archétype marseillais, était trop chaleureux pour être honnêtes !Et l’on sait justement que bon nombre d’enfants de Pagnol émigrés à Paris, ont dû ranger au fond de leur poche des jeux de mains par trop expressifs…

Les films eux-mêmes, plus précisément les opus américains témoignent de cet impératif : la maîtrise en toute situation. Excepté lorsqu’un tsunami débarque dans le salon ou il est alors permis au comédien de crier en tenant un téléphone ou un soda.

Mais soit ! S’il devient suspect de mettre sa main sur un bras, de rire en s’épanchant sur une épaule, rangeons notre spontanéité dans le tiroir privé, ayons l’air docte et inspirons-nous d’un mix entre James Bond et Georges Clooney. Gardons le contrôle avec un sourire de circonstance assaisonnée de quelque allusion ironique. Il paraît qu’on appelle cela le charme. C’est une consolation.

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Avec Irène, Alain Cavalier fait son cinéma.

Posted in L'art Sélavy by loranji on novembre 2, 2009

Il y avait longtemps que je n’avais pas vraiment parlé cinéma sur ce blog ! Mais voilà, c’est chose faite au retour d’une projection d’Irène, d’Alain Cavalier. Pour le dire simplement, Irène est davantage qu’un film d’auteur, c’est un film d’artiste. On pourra toujours se gausser du mot, mais oui Alain Cavalier est un authentique artiste comme il y en a peu. Cet homme respire le cinéma. Le voilà qui sort en salle un film unique, puissant, un objet non identifié dont on ne peut penser un seul instant qu’il s’agit d’une biographie (celle d’Irène) et pourtant, il ne parle que d’elle, sa compagne morte dans un accident de voiture en janvier 1972.

On devra plutôt parler d’enquête, ou même mieux, d’un film qui se cherche. En tout cas au début. Puis, progressivement, Alain Cavalier, qui tient seul la caméra, qui filme son environnement proche, des objets, des lumières, « s’accroche » à son film, sans doute pressent-il aussi sa propre fin. Cavalier s’accroche, et attrape ce qui se présente au long de sa quête ; il saisit des situations, des occasions, d’autres objets, d’autres lumières, il recolle les morceaux, progressivement, pour essayer de comprendre ce qui s’est passé 35 ans plus tôt, en 1972, la mort de cette femme aimée, croit-il.

Mon propos ici n’est pas de raconter le film, mais tout de même de dire que le scénario, ou plus radicalement encore le film, se construit littéralement comme en direct sous les yeux du spectateur. On découvre quelques pans essentiels –  comme « prélevés » par Alain Cavalier – de la vie d’Irène, des éléments quasiment policiers ou cliniques qui peuvent expliquer, éclairer sa personnalité, qui la dessinent, si bien, qu’au fond le film en arrive à l’accident avec cette question murmurée : l’accident d’Irène n’est-elle pas la mort qu’elle a voulu ? Cela ne prétend aucunement qu’il y a eu suicide, Alain Cavalier se garde bien de sombrer dans l’affirmation. Son immense talent – ou plutôt son immense maîtrise – lui permet plutôt d’éclairer la question, de mettre en lumière en quelque sorte, le mystère de cette mort.

Une caméra-soeur

Je passe sur l’incroyable liberté formelle du film, le fait que Cavalier se fiche – depuis longtemps déjà – comme d’une guigne du qu’en dira-t-on des professionnels de la profession et du public. Alain Cavalier filme comme il l’entend, avec  une maîtrise, ou devrait-on dire, une sorte de complicité familière avec la caméra – qui pourrait bien être une  soeur pour lui – avec au bout, une manière de virtuosité. Un grand artiste. Tout, chez lui, est cadrage. Tout chez lui, est lumière. Et l’on devine sa respiration à travers les ondulations de tel ou tel champ. Et puis il y a le texte. Il parle, seul, dans des moments de lucidité qui se terminent en moments de sincérité, c’est ce qui permet au film de ne jamais tomber dans le vulgaire, tout en restant sur la crête, pour aller à son terme, moments dont je retiens notamment ce propos crépusculaire, tandis qu’une porte bat au vent d’une mer houleuse et lointaine, de mémoire : « Mes mots se sont refroidis au fil des saisons, maintenant je suis plus près de la mort, mes mots ne portent plus la vie ». Il y a aussi ces quelques plans très rares, où il apparaît face caméra, dont le dernier, dans l’ombre, les ombres qui fraient près du Styx…

Il n’y a pas de cinéma sans risque. Irène, d’Alain Cavalier en est un parfait exemple dans un registre qui n’a rien à voir avec les risques « connus » du cinéma (tournage difficile, producteur-lâcheur etc). Son risque, à lui, est de rater son retour vers Irène, de rater la fin de son histoire avec elle, par-delà sa mort 35 ans plus tôt. Cavalier semble bien se moquer de savoir si son film est monneyable même s’il se pose la question – dès le départ incongrue, tuée dans l’oeuf – d’un casting ; d’où cette auto-dérision assumée à se dire que « peut-être » il pourrait appeler l’icône « Sophie Marceau » pour interpréter le rôle. L »étonnant tour de force de cette scène étant de ne même pas susciter la moquerie sur cette actrice pourtant bonne cliente en la matière…

Pas de « casting » donc pour Irène. Cavalier préfèrera filmer sans négocier, sans perdre de temps : il se filme, il filme la vie (et la mort qui va avec) et fait son cinéma. Cet artiste confidentiel n’est pas pour autant si délaissé par le monde du cinéma : il a été nominé à Cannes dans la sélection « Un certain regard ».

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Pourquoi les riches sont à la télé (et au cinéma)

Posted in Social, sociétal, société by loranji on octobre 22, 2009

Désolé, ce billet est fait sur un coin de table faute de temps, mais je voulais tout de même partager avec vous cet article de Rue89 « Pourquoi les riches sont-ils sureprésentés à la télé ? »

On pourrait ajouter au cinéma.

C’est une question que je me suis souvent posé : pourquoi voit-on plus souvent, très souvent même, des héros et des héroïnes issus des CSP+ ? On les voit prendre des taxis, enchaîner les cafés dans les bistrots de Saint-Germain-des-près, rouler dans de belles voitures propres, prendre l’avion, etc.

Alors voici comme ça, jetées à la va-vite, trois petites hypothèses, si vous en avez d’autres…

– Le cinéma est un sport de riche : les scénaristes et les gens de cinéma en général sont souvent eux-mêmes issus de milieux favorisés, leur imaginaire artistique s’exprime à partir de leur milieu social. Archétypes : Christian Clavier (à droite) et Pierre Arditi (à gauche).

– les riches sont des personnages plus malléables pour raconter des histoires. Mais oui, il ne travaillent pas 🙂 ou sont leur propre patron. Non assujettis à la pointeuse, ils sont plus disponibles pour « avoir des histoires ».

– les pauvres aiment qu’on leur raconte des aventures de riches et surtout pas leurs propres turpitudes. Sauf si elle est pire que la leur. Ca nous amène aux faits divers qui consolent de son propre malheur par un malheur plus grand.

Bon, sur ce, je vais me refaire un Sautet pour vérifier.

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Mon nom est Rambo… Rambo Stallone Brezhoneg

Posted in Tout arrive by loranji on octobre 7, 2009

rambo_v_artwork« Moi, Louis-Victor Clérec accepte de prendre pour épouse Marie-Pauline Rodrigue… » Il y a des phrases comme ça, lourdes de conséquences. C’était un jour de 1900, en l’hôtel de ville de Brest, et ni Louis-Victor, ni Marie-Pauline ne pouvaient se douter que, de leur descendance, émergerait, tel un bouc éructant (pas d’autre image sous la main), Rambo !

Et oui, Sylvester Stallone possède des origines bretonnes ! Sa maman, sans doute férue de généalogie comme nombre de nos amis américains (je suis bien placé pour le savoir, il y a une branche outre-atlantique du côté de ma femme) s’est récemment présentée à la mairie de Brest pour vérifier l’incroyable circumnavigation des gènes familiaux sur les océans : aucun doute, Rambo est Breton (je répète pour ceux qui n’auraient pas compris).

Certes, vous me direz qu’on n’a jamais vu Rambo attablé devant une galette saucisse dans ses films, ni souffler dans un bignou. Il manque également une scène d’hommage à Eric Tabarly et je défie quiconque de me trouver dans la série Rocky la trace d’une hermine bretonne sur la culotte du boxeur. Ou bien ce n’est pas une hermine, c’est une tache non coupée au montage due au stress, bon passons…

Mais qu’importe ! Le principal est que Rambo, alias Rocky, alias Sylvester Stallone soit Breton ! Que cela lui plaise ou non. Hollywood n’a qu’à bien se tenir, maintenant Sylvester Stallonec est condamné à venir passer ses vacances à Paimpol ; et puisque mon crédit de clichés n’est pas encore épuisé pour ce billet, enjoignons-le de se murger avec quelque Breton du cru ; et l’on verra bien alors, qui du vétéran cinématographique du Vietnam capable de finir champion du monde des poids-lourds et du postier* paimpolais chevauchant sa Mobylette* finira le premier sous la table, non mais !

* je vous avais bien dit que j’avais encore du crédit cliché.

Source photo Shockya
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Barbie au cinéma, mais quelle actrice pour jouer à barbie ?

Posted in Essentielles futilités by loranji on octobre 3, 2009

Mais qui donc, oui qui donc, pour interpréter Barbie à l’écran ? La poupée, bien sûr, pas la brute de Montluc.

Barbie (site officiel ici) va donc devenir un film cinéma, et tandis que les scénaristes s’arrachent les cheveux pour trouver quelque chose à faire dire à cette créature sortie du ruisseau du tiroir, des casteurs castent à tour de bras – un peu partout dans le monde semble-t-il – des jeunes filles pour trouver la perle rare, celle qui par sa chevelure blonde, sa taille de guêpe et son absence de cerveau sera capable de jouer l’héroïne cellulosée dans les regards des petites filles.

Mais bon, soyons pragmatiques, s’ils ne trouvaient pas, ils pourraient se rabattre sur des actrices connues, non ?

Tenez Jeanne Moreau. Sans vouloir faire mon Gerra, notre formidable comédienne ferait parfaitement l’affaire dans une version numérique du film ; bien refaite, avec une voix passée au synthétiseur, nous aurions là une Barbie contrefaite tout à fait en phase avec l’origine plastifiée et sous cellophane des grands magasins.

J’entends d’ici que vous vous lamentez de mon mauvais esprit. Soit. Prenons une autre grande actrice, l’une de ses figures majeures du 7ème art : Arielle Dombasle. Elle a les cheveux, elle a la taille de guêpe et elle peut parler de Borgès (prononcez comme elle « Borrrr(avec la jota)èsche »), ce qui avouons-le, apporterait une touche culturelle non négligeable au film car, si mes archives ne me trompent pas, Barbie est plus connue pour des problèmes d’enfilage de pantalons que pour un souci de Dasein.

Reste à trouver un Ken.

Evidemment, en choisissant de passer de l’autre côté comme on dit dans les enterrements barbants, le chanteur des 2be3, Filip Nikolic, a raté le rôle de sa vie. Il était pourtant parfait. Idem pour Mickaël Jackson, qui aurait fait un partenaire idéal avec Jeanne Moreau au moment où Barbie rejoue à l’envers la scène de Thriller.

Mais ainsi va le cinéma, qui n’attend pas le nombre des années pour ériger en star d’illustres inconnus avant de les replonger dans le chaudron infernal du-quotidien-du-peuple, là, juste derrière les barrières de sécurité en contrebas du Palais des Festivals. Aussi, attendons-nous à ce que Barbie et Ken ne soient incarnés que par une fille et un garçon directement extraits de leur chambre d’adolescent.

On les maquillera, on les habillera exactement comme des poupées, et les immenses mains du réalisateur en feront leur jouet. Mais au fond, ne sommes-nous pas les Ken et Barbie d’un univers qui se plaît à nous faire tourner sur nous-mêmes, comme les mains d’une petite fille, sa maison de poupée…

La justice, c’est pas du cinéma

Posted in Social, sociétal, société by loranji on septembre 29, 2009

Je n’ai rien contre le cinéma de Roman Polanski, mais je m’étonne tout de même du cinéma que le monde du cinéma fait de l’arrestation du cinéaste. Voilà pour le hors-d’oeuvre.

Oui, je m’étonne – sans m’étonner – qu’une corporation entière – ou tout au moins sa frange bêlante – en vienne à lancer une pétition pour réclamer la relaxe de Roman Polanski. Scorsese, Lynch, Allen et je ne sais plus qui d’autres viennent de se joindre au concert des révoltés, dont je retiens l’incroyable stupidité de Claude Lelouch qui, en comparant l’arrestation de Polanski aux méthodes de la gestapo*, nous confirme qu’il ne devrait pas seulement s’arrêter de faire des films, mais s’arrêter de raisonner. Vous l’aurez compris, le gotha du cinéma et de la culture se range dans une belle, que dis-je, une sublime unanimité derrière la cause du réalisateur.

D’après ses généreux défenseurs, il paraît que rien ne peut être reproché à Roman Polanski pour trois raisons, la première est que l’affaire qui intéresse la justice américaine est vieille, en somme il y aurait une sorte (je dis bien une sorte) de prescription. La seconde, est qu’il aurait été victime d’un harcèlement judiciaire de la part d’un procureur partial décédé depuis. La troisième est que la victime a elle-même retiré sa plainte.

Tout cela est bien sympathique, mais il faudra que l’on m’explique sur quelle base juridique une justice moderne peut classer l’affaire sachant que Roman Polanski, (ça c’est un autre fait que sa garde rapprochée cinématographique prend soin d’éluder) a pris un soin particulier à ne pas se faire arrêter depuis trente ans, apparaissant ici, disparaissant là. C’est humain, mais cela montre bien que le réalisateur se savait, lui, parfaitement encore sous le coup de la loi.

Au bout du compte, à travers cet incroyable tintamarre médiatique destiné à coincer la justice américaine, on compte sans doute secrètement sur la mansuétude du « forcément-sympathique » Barack Obama (manière entre parenthèse de disqualifier sa politique), pour finalement permettre à Roman de continuer à vivre sa vie d’artiste.

On assiste donc ici à un bras de fer engagé entre une justice vue comme rétrograde, passéiste, ringarde, partiale – sans doute affreusement républicaine – et une communauté cinématrophique et culturelle forcément éclairée.

Le problème est que même si la victime a retiré la plainte et dit avoir « pardonné » son écart à Roman Polanski, le parquet américain lui, a maintenu les poursuites ; on sait très bien qu’une victime peut pour beaucoup de raisons lâcher l’affaire, mais le rôle d’une société de droit est de continuer si elle considère qu’il y a trouble à l’ordre public.

Le problème est que si même l’affaire a été instruite à charge par un procureur haineux, cela ne peut en aucun cas justifier l’abandon des poursuites non plus ; il est du travail des avocats du prévenu de mettre en évidence cette impartialité pour modifier le cours d’une instruction ou casser un jugement. Ce n’est certes pas facile, on a trop vu de procès inéquitables, mais il faut en passer par là.

Enfin concernant l’ancienneté des faits, s’il est vraisemblable qu’elle empêche la tenue d’un jugement valable (combien de témoins morts ou sur le point de l’être ?), la procédure qui y conduit doit malgré tout se tenir tant que la loi n’autorise pas la prescription – enfin, c’est ce qui me semble – conduisant à une relaxe ou une condamnation.

En résumé, je me fiche pas mal de savoir si Roman Polanski est coupable ou non des faits qui lui sont reprochés par la justice, mais je trouve assez scandaleux la façon dont on veut peser sur la justice – fut-elle imparfaite – en proclamant la fin de la procédure !

Non, mille fois non, la justice ne se fait pas dans la rue.

* Précisons que la mère du cinéaste est morte assassinée à Auschwitz par les Nazis. La saillie totalement disproportionnée de Claude Lelouch n’en est que plus choquante, et si j’étais Roman Polanski je lui dirais de se TAIRE.
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Michel Serrault (1928 – 2007)

Posted in Hommage by loranji on juillet 30, 2007

Michel Serrault quitte la scène. Filmographie impeccable, vraiment riche de diversité. Si j’essaie de trouver le rôle dans lequel je l’ai trouvé vraiment le plus parfait, je dirais peut-être Garde à vue avec Lino Ventura et Romy Schneider.
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Ressemblance, ah ressemblance…

Posted in Tout arrive by loranji on juillet 12, 2007

L’autre jour je me promène dans la rue (ça m’arrive) et j’aperçois une affiche de film.
– Tiens, c’est Bruno Solo qui a l’air de jouer dans un film sérieux…
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Et puis juste à côté je constate la présence de Morgan Freeman. Là je me dis qu’il y a un problème parce que le jour où Bruno Solo joue avec Morgan Freeman c’est un peu le même que celui où l’on verra Les Fatals Picards repris par l’Orchestre National de France. En un mot : improbable.
Finalement, l’acteur qui se tient au côté de Morgan Freeman est un certain John Cusack. Mais franchement la ressemblance y est.22552_2

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