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Chine, Inde : pas assez de filles, trop de garçons, et c’est la guerre.

Posted in Social, sociétal, société by loranji on juin 16, 2011
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Petits d'hommes en pleine bagarre - Norman Rockwell

Et si les démographies chinoises et indiennes menaient ces deux pays tout droit vers une attitude agressive ; guerre civile ou guerre tout court ?

C’est la question que se pose Niall Ferguson, historien, économiste britannique et professeur à Harvard. En Asie, les démographes comptent 100 millions de plus d’hommes que de femmes. Mécaniquement, un homme sur cinq en Chine sera privé d’épouse. Est-il nécessaire de rappeler qu’en Chine et en Inde le fait de donner naissance à une fille relève de la calamité. La tradition privilégiant les garçons, notamment pour la transmission des biens.

Très concrètement, cela s’illustre par une scène que je vous invite à regarder précisément à 1’55 » de cette vidéo extraite du film de Manish Jhâ « Matrubhoomi: A Nation Without Women » . Une scène très difficile.

Mais revenons à Niall Ferguson. Il attire notre attention sur le fait qu’existerait une corrélation entre le degré de violence des nations et leur démographie majoritairement masculine. Il s’appuie en cela sur les travaux du sociologue allemand Gunnar Heinsohn. Selon ce chercheur, les pays qui ont connu les plus fortes poussées de violences durant ces dernières décennies reposaient, pour la plupart, sur une démographie « masculine » et « pubertaire ».

Autrement dit, un excès de testostérone tend à mener les pays vers le conflit intérieur ou extérieur.

On ne peut dès lors s’empêcher de penser que si les femmes étaient plus nombreuses, les nations seraient moins belliqueuses (à cet égard, ce mot est intéressant si vous vous attardez sur une certaine syllabe).

A moins qu’elles ne virent amazones, les femmes semblent bel et bien un gage de paix sur la planète. Une observation empirique, mais assez partagée semble-t-il de part le monde, révèle d’ailleurs qu’elles sont des éléments de stabilité et de « raison » au sein de leur environnement familial et social.

On peut bien sûr espérer qu’entretemps les mentalités aient suffisamment évolué (vers la globalisation édulcorante ?) au profit d’un statut de la femme conduisant à l’égalité des sexes.

Mais à quoi sert la politique, si ce n’est à accélérer le temps naturel des générations afin d’éviter les crises ?

Ainsi, pourrions-nous appeler de nos voeux qu’une diplomatie internationale, intelligente, capable de prendre au sérieux ce « risque caché » (je crois que c’est ainsi que l’on parle dans les milieux du risk management) attire l’attention des gouvernants des pays concernés sur ce problème, au premier rang desquels la Chine et l’Inde. L’ONU travaille paraît-il en ce sens. Mais ce n’est que l’ONU…

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Si j’étais Français, je commencerais à m’interroger sérieusement sur mon avenir…

Posted in Social, sociétal, société by loranji on mai 21, 2007

Il paraît que le monde bouge. On peut préciser qu’il se détourne nettement des pays occidentaux pour se pencher sur les berceaux de la Chine et de l’Inde. Enfin. Ce n’est que justice pour ces deux très grands pays. Désormais, tout va très vite parce que la Chine et l’Inde en "veulent".  Vraiment. C’est l’histoire qui veut cela.

Chacun aura plus ou moins entendu parlé de l’ordinateur à 100 $, offre rehaussée du slogan "un ordinateur pour chaque enfant". C’est une belle initiative du Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston. Les riches Américains pensent enfin aux enfants des pays pauvres. Sauf que…

Sauf que l’on peut, a priori, oublier l’ordinateur à 100 $. Pas seulement parce qu’il coûterait en réalité 200 $, mais aussi parce que des informaticiens indiens travaillant au très innovant Institut Scientifique de Bangalore projettent de mettre sur le marché un ordinateur performant, connectable à l’internet, pour seulement 10 $ ! Le Monde en parle.

Cet ordinateur est une commande du gouvernement indien. L’objectif est qu’il puisse voir le jour d’ici deux ans et qu’il soit mis à disposition de l’ensemble des enfants du sous-continent. Parallèlement, chaque école du pays se verrait ouvrir un accès à l’internet haut débit.

Le plus gros problème pour l’Inde aujourd’hui ne semble pas tant la conception et la production de cet ordinateur qui fonctionnerait avec des puces de téléphone, certes moins puissantes que celle d’un PC normal, mais nettement moins onéreuses. Non, le problème, ce sont les 25% d’enfants pauvres qui ne peuvent pas encore aller à l’école.

Justement, ce qui paraît en filigrane à travers ce projet public reposant sur un réseau d’universités et d’entreprises indiennes, c’est la volonté de créer un appel d’air vers la pratique de l’informatique capable d’attirer la majorité d’une classe d’âge, y compris dans ses tranches les plus pauvres.

Est-il alors besoin de décrire l’état d’esprit d’un enfant indien soudain doté d’un ordinateur et sachant que c’est par lui, grâce à lui, que d’une façon ou d’une autre, il peut espérer sortir de la misère ?

C’est l’une des raisons pour lesquelles nos enfants vont connaître un monde totalement différent du nôtre, ou de celui de nos parents et grands-parents. Tout en se félicitant qu’un pays comme l’Inde dispose d’un tel potentiel de développement, les petits Français que nous sommes ont intérêt à se secouer les plumes de coq, au risque de finir "plumé", en quelques décennies voire, au rythme où vont les choses, en moins d’une décennie…
Coq_gaulois02_2

Mondialisation heureuse ou malheureuse, là n’est pas le problème. Cette mondialisation est là, bien présente, comme une planète, en somme…

La mondialisation inonde, exactement comme la terre est ronde. Cessons de nous étonner.

Au passage, si l’un de vos enfants veut apprendre le commerce ou l’informatique, c’est en Inde ou en Chine qu’il doit aller. Qu’il en profite pour découvrir ces inestimables culture de l’humanité, trop longtemps méprisées par l’Occident.

10 $, l’ordinateur, ça quand même laisse songeur… Combien déjà la baguette de pain ?