l’orangie

Bilan sportif égale à 1, mais au fait le bilan carbone ?

Posted in Essentielles futilités by loranji on juin 23, 2010

Ah la, la l’imperméabilité des choses… On regarde des mecs descendre d’avion, remonter en avion, prendre des autocars, consommer de la piscine d’hôtel et des pelouses de stades arrosées tous les quart d’heure, et on ne se pose même pas à un seul moment la question de leur bilan carbone. Et je ne compte pas les pets de joueurs.

Nous avons donc noté, côté français, que le bilan sportif se chiffrait à 1. Soit 1 but marqué et 1 point gagné en coupe du monde.

Nous demanderons également à ces messieurs du football d’aller planter des arbres pour compenser leur bilan carbone. Allez, tout le monde en bottes, avec une pelle et une pioche ! hop, hop, hop…

photo : Le football, un rapport à la nature disons assez lointain… (mascotte des Bleus en 2007)

Foot, la déraison, comme toujours.

Posted in Essentielles futilités by loranji on juin 22, 2010

On aura tout dit, tout entendu, tout subi depuis la défaite de la France face au Mexique, jusqu’à son élimination ce jour*. Mais l’on n’aura pas été surpris. Car s’il est un aspect qui caractérise le football moderne, quelque chose d’unanimement partagé par les supporters aussi bien que par les détracteurs de ce sport, par les joueurs, par les édiles et même certains intellectuels, c’est l’outrance.

L’outrance d’Anelka, l’outrance de Finkielkraut, l’outrance du journal l’Equipe titrant sur les mots a priori prononcés par le joueur dans le vestiaire, l’outrance finalement, du football tout entier, ce sport devenu l’otage d’enjeux qui le dépassent : économiques, politiques, sociaux, sociétaux.

Imaginons qu’un jour la planète se passionne pour le bilboquet et nous retrouverons la même folie collective.

Certes, il est humain de vouloir comprendre et analyser « ce qui s’est passé «  comme on le dit sur les plateaux télé ; comme si un séisme, nullement haïtien, avait soudain dérobé le sol de nos certitudes.

C’est que la société, dans sa propre outrance, a produit le « football moderne ».

Or comment juger, mais surtout comprendre et maîtriser un monstre que l’on a créé et qui nous échappe ?

Attention, je ne suis pas en train de dramatiser l’événement tragicomique qui enfle ces jours-ci nos colonnes de journaux, pas seulement en tout cas. Je parle presque davantage du mort de cet hiver lors d’un affrontement entre supporters du PSG et de tant d’autres… outrances.

De temps en temps, mais de plus en plus fréquemment, et de plus en plus frénétiquement – mécaniquement, médiatiquement pourrait-on dire aussi –  le football tombe ainsi le maillot pour laisser percer la barbarie (dans le double sens de cruauté et d’ignorance des arts et des lettres) qui pousse en lui, tel un traitement dopant. Comparé aux autres sports, le football apparaît désormais comme une sorte d’Hulk dont on redoute les colères.

Le spectacle que nous donne à voir ce sport ne se tient donc plus, et depuis longtemps, dans les stades et sur les gazons, mais dans les urgences des hôpitaux et les couloirs du marketing sportif. Ils en sont les deux extrémités indissociables – mais à la fois invisibles. A ces deux pôles, le psychodrame français permet désormais d’ajouter la télé-réalité. Celle-ci ayant pour théâtre principal ce fameux hôtel dont j’ai oublié le nom.

Télé-réalité donc… en attendant – c’est une parenthèse – les réseaux sociaux d’équipes nationales gérés par de solides community managers…

Si cette outrance provient elle-même de la société, c’est-à-dire un « enjeu national pour patrie en danger », Roselyne Bachelot en est une parfaite illustration : une dramaturgie poussée à son maximum, une jouissance même, dans la parole.

On a beaucoup gloser sur l’apparent « détachement » des Bleus. J’y vois surtout une défense : après tout ce sont des mâles à qui l’on demande de dégager de la force, sur le terrain mais aussi devant les caméras. Et cette pression s’accroît avec les décennies. Naguère, les journaux critiquaient le jeu de l’équipe, puis bientôt celui de tel ou tel joueur ; on en vint à discuter du sélectionneur, nous en sommes aujourd’hui à juger du caractère des uns et des autres, voire de leur origine ;  comme lorsque Alain Finkielkraut – sans rien enlever de son légitime combat pour la civilisation – s’échoue lamentablement sur quelques mots prononcés dans les vestiaires de l’équipe de France.

Loin de moi l’intention de cautionner les propos d’Anelka – on ne parle pas comme cela à autrui, c’est ce que nous apprend la civilisation, ou ce beau mot de civilité – mais ces mots ne sont que l’écume d’un mal beaucoup plus profond.

Le football ne s’appartient plus lui même, depuis longtemps sans doute. Je repense soudain à un film avec Patrick Dewaere pris dans les rets d’un foot business de sous-préfecture. C’était il y a trente ans, avant Platini…

Et le ballon, ayant perdu toute innocence, roule sur la pelouse, jusqu’au bord de la falaise…


Photo : outrance toujours… Extrait du site FootMag « Les joueuses de l’équipe de France posent nues, non pas pour un calendrier ou le simple plaisir des yeux, mais pour la sauvegarde de leur discipline. Le foot féminin est actuellement oublié par les médias. La principale raison c’est qu’il n’intéresse personne. Le public n’est pas au rendez vous et la discipline souffre encore de préjugés. »


* Je ne prends pas la peine d’attendre le résultat du match contre l’Afrique du Sud. Quoi qu’il en soit, si d’aventure la France devait gagner par un score honorable et peut-être même se qualifier, les supporters s’en féliciteraient, oubliant tout le reste, ou à peu près…