l’orangie

L’eau profonde d’une image d’enfance…

Posted in Tout arrive by loranji on décembre 19, 2010

Feuilleter d’un geste distrait un magazine dans un Relais H sur les grandes expéditions du National Geographic et rester en arrêt devant une image. Celle-ci. Comme surgie du passé, surgie de l’enfance.

Ce half-track en situation périlleuse lors de la fameuse Croisière Jaune, image déjà vue à dix ans, sans doute avant, dans un livre ; et la fascination d’alors pour l’irréductible volonté que dramatisaient ces photos, où était expliqué en légende que certaines avancées n’avaient été possibles qu’en démontant et remontant entièrement les engins pour passer un sentier raccourci en une sente, seule capable de laisser passer les hommes. Et les pièces passées, une par une, à dos d’homme, avancer vaille que vaille, avancer…

Dans cette image perçue avec mes yeux d’adulte en décembre 2010, l’impression que surgit soudain de l’inconscient une icône qui, malgré moi, en deçà de moi, s’est nouée depuis les limbes de l’enfance. Et là soudain, splendide, inconstestable, du creux des pages de ce magazine,  la voici qui me parle.

S’il est donc vrai que je fus opiniâtre, doté par moment d’une volonté intransigeante, alors ce serait sans doute aussi par l’exemplarité des héros de la Croisière Jaune. Mieux encore, par la dramaturgie de ces images dans les montagnes gelées, et cet effort, quasi incantatoire, spirituel, de l’homme pris dans les mâchoires, inédites, de la nature la plus crue et de la mécanique.

Autre surprise, au passage, cette réminiscence me fait penser – toute proportion gardée –  à celles superbement décrites dans par Michel Leiris dans « L’âge d’homme ».

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Y-a-t-il encore un chien sous la casquette ?

Posted in Social, sociétal, société by loranji on avril 13, 2007

    Tout à l’heure je cherchais une reproduction de peinture de vaisseau anglais du XIXème siècle (précis le gars) sur Goggle photo. Je tourne une page, deux pages, trois pages, j’entrevois du bric et du broc d’images, ; des petits voiliers, des gros voiliers, des amiraux en rouflaquettes ; et puis là, dans un coin de page, cet olibrius à poil dur avec sa casquette. Rien à voir avec Nelson.

    C’est très bête, mais je n’ai pas pu m’empêcher de sourire. Ca devait me rappeler mes bonnes blagues de mouflet avec ma petite chienne Ulla. Elle en a vu de toutes les couleurs (bonnet, lunettes de soleil etc) avec toujours cette expression mi-placide, mi-complice sur le coin du museau ; exactement comme ce gars-là ce chien-là. Tout cela, dit d’un point de vue éminemment subjectif et anthropocentrique.

    Oui, c’est vraiment très basic d’affubler la tête d’un chien d’une casquette : geste curieux dont j’ignore s’il a été étudié par quelque anthropologue ou psychologue.

    Une chose est certaine : cela nous les rend plus humains, et cela nous rend plus bête.

    C’est un peu comme si, le temps d’une photo, nos espèces se rapprochaient.
Woothat