l’orangie

poissons 2 – yin et yang

Posted in Au bout du comptoir by loranji on octobre 5, 2014

Nous parlons trop. Nous avons à apprendre du silence des poissons qui nagent entre nos continents.

terre océan continents politique sagesse yin et yang

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Cette bombe que nous ne verrons pas

Posted in Social, sociétal, société by loranji on septembre 12, 2007
<!– #i2y4dw1gbmstnmnwbngug11md14051l7gr2x70d7z{width:320px;height:256px;border:none;margin:0px;} –>Je continue dans ma série « les billets pas gais », après – promis – on reviendra à des choses plus légères.

La Russie vient d’annoncer fièrement la mise au point d’une nouvelle bombe dite, thermobarique, à effet de souffle. Le principe ? La bombe libère dans un premier temps un « nuage » d’éléments combustibles puis une seconde explosion enflamme le tout et provoque une sorte d’effet de souffle incendiaire, quelque chose visiblement d’assez comparable au blast, tant redouté par les pompiers. A ceci près, que cette bombe libère l’équivalent de 44 tonnes de TNT.

Selon l’adjoint du chef d’état-major russe, c’est la bombe (non nucléaire) «  la plus puissante du monde ». je vous le disais bien qu’ils étaient fiers de leur truc.

Voici une photo : regardez-là bien. Car on n’est pas près de voir ce genre d’image sur une télévision russe à l’occasion de leur prochaine guerre.
Ap_russia_bomb_2

C’est là que je voulais en venir.

Du temps du Vietnam, l’armée américaine ne se préoccupait pas encore trop de ce que filmaient les journalistes. Il est vrai que la télé n’était pas aussi puissante qu’aujourd’hui.

Nombre de films présentaient donc avec une certaine complaisance les effets dévastateurs du bombardement au napalm.

Voici un exemple :



Tout change, on le sait, avec la 1ère guerre du Golfe mais surtout avec la guerre en Irak.

Désormais, l’état-major américain (puisqu’il s’agit de lui) décidera d’embarquer les journalistes dans les régiments. Le fameux journaliste « embedded ».

C’est alors qu’apparaît une censure, sous jacente au début puis clairement exercée ensuite.

Je lisais hier le portrait du plus fameux reporter de guerre actuel dans le Monde : l’américain Tyler Hicks. il a tout fait : l’Irak, l’Afghanistan, etc. Et il continue.

Il raconte que l’essentiel de son travail consiste à obtenir les autorisations pour s’approcher des soldats et du front. Et même si, dit-il « l’essentiel de la vie des soldats est accessible aux photographes », on est bien obligé de constater que les seules images de bombardements entrevues au Koweit ou en Irak furent celles des avions américains, abstraites, souvent nocturnes, en noir et blanc. On a parlé de guerre vidéo tandis qu’au sol, les reporters se consolaient en shootant les soldats de retour du feu. Quelques images du front, mais si peu tout de même.

Le problème c’est que des guerres qui ne se laissent pas voir ne sont plus tout à fait des guerres ; du fait qu’elle donne l’illusion d’être propres quand on sait qu’elles sont toutes sales. Et horribles.

Alors, voilà : une bombe telle que celle que les Russes viennent de mettre au point, n’est pas prête d’exploser devant les caméras d’une télé. Que ce soit en Tchéchénie ou ailleurs.

De même, son homologue américaine (et oui, ils se tirent à nouveau la bourre car le rideau de fer est en train de redescendre) ne risque pas d’éclater à la face des téléspectateurs de Fox News ou de CBS ; mais seulement à celles d’humains, qui en bas, termineront à l’état carbonisé.

 

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