l’orangie

Principe d’éducation

Posted in Social, sociétal, société by loranji on avril 7, 2010

« Souplesse extrême, fermeté extrême, souplesse naissante, fermeté naissante. »

J’emprunte ici à la pensée de Shao Yong, penseur confucéen du Xème siècle, évoquant par ces mots les différents états de la Terre.

Mais ne sont-il pas au fond applicable à l’éducation ?

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Samurai, le logiciel qui examine vos faits et gestes

Posted in Social, sociétal, société by loranji on décembre 22, 2009

Lu ce jour sur l’Atelier BNP-Paribas un billet traitant d’une nouvelle technologie : samurai.

Le propos : traiter de grandes quantité d’informations par des yeux humains chargés de surveiller une foule sur un grand nombre d’écrans ne relève pas de la science exacte. Résultat, des comportements suspects ne sont pas détectés. La technologie Samurai permet elle, d’analyser les faits et gestes des personnes et, selon une modélisation dont je n’ai pas le détail, de découvrir si tel ou tel individu est potentiellement suspect.

C’est très intéressant.

Cela me ramène à un excellent livre de Rebecca Solnit sur la marche. Ou il est dit que dans certains quartiers californiens résidentiels tout piéton est suspect.

A cela ajoutons les théories – que d’aucuns jugeront fumeuses – de Peter Sloterdijk et son « parc humain sous surveillance » grâce à la biopolitique.

C’est intéressant de voir comment la Surveillance évolue avec son temps. Jadis, sous Napoléon, il n’était pas possible pour l’opposant de mettre un pied dehors sans être suivi par les sbires de Fouché. S’il avait pu, il aurait sans doute mis des caméras jusqu’au dessus des lits. Mais nous n’en étions encore qu’à la « politique ».

La biopolitique elle, touche à l’intime. Elle tend à user selon Slotertijk des techniques génétiques, mais on peut lui adjoindre, comme ici avec le logiciel Samurai, la lecture des comportements par modélisation.

Ainsi donc, nos faits et nos gestes seront-ils calibrés non plus seulement par la bienséance, non plus seulement par le regard du policier au coin de la rue, mais par l’oeil froid de caméras qui les analyseront, les « jugeront » à l’aune d’un modèle acceptable.

Je gage que l’on pourra encore se gratter le nez sans provoquer l’intervention du GIGN. Mais il est à craindre que toute gesticulation anormale, « non normée » c’est-à-dire n’entrant pas dans la grille du logiciel, voie déboucher un car de police.

Enterrement de vie garçon ? Intervention. Clown de rue ? Intervention. Piétons ivre ? Intervention. Groupe de lycéens qui chahutent ? Intervention, etc.

Sortie de Mortel Scooter : ils sont jeunes, ils s’éclatent en scooter

Posted in Social, sociétal, société by loranji on décembre 2, 2009

Mortel Scooter… Ca sonne comme un film d’action. Mais c’est un film de douleur. Après « l’action »…

Explications.

Vincent explique qu’il a pris un virage à la corde, belle trajectoire. Sauf qu’une voiture est arrivée en face… Vincent raconte « Je suis paralysé à vie en fait… Je suis tétraplégique ».

Le père de Mamadou le dit bien « on ne choisit pas les séquelles ». 9 ans après son accident en scooter Mamadou reste traumatisé. Au sens propre. Il ne parle plus. La communication entre son fils et lui est presque réduite à néant. Si seulement Mamadou parlait, même dans un fauteuil roulant. Mais non, on ne choisit pas les séquelles…

Corentin, lui, il l’est dans le fauteuil. Il parle oui, mais depuis son fauteuil qu’il ne quittera plus jamais de sa vie. La voix brisée, le regard éteint il ne se souvient que d’une chose « je roulais trop vite » ; des mots qui roulent comme des regrets. Avant tout était possible. Après beaucoup de choses ne le sont plus. On a déjà des phrases toutes faites pour résumer la situation de ces jeunes : leur vie a été brisée par un accident.

Jorick lui aussi est dans un fauteuil. Polyhandicapé. Il s’est « mangé un camion » explique-t-il en articulant péniblement. On distingue encore son accent marseillais. Son pull est aux couleurs de l’OM. Derrière ses lunettes fumées, il sourit. Heureux sans doute d’être encore vivant malgré tout. L’après-accident c’est aussi cela : apprendre à vivre avec le handicap. Supporter le regard des autres, adultes, enfants. Les enfants surtout. Et puis, il y a la mère de Jorick qui témoigne aussi. Elle vit le deuil de l’adulte que son garçon ne sera jamais.

Même si la fatalité fait partie de la vie, sur la route, comme ailleurs, les accidents sont le plus souvent le fait d’une imprudence ou plutôt d’une inconscience. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’inconscience chez ces jeunes qui roulent, et que je vois parfois dans les rues de Nanterre, faire les kakous en remontant les rues en roue arrière, en brûlant les feux rouges, parfois même en remontant en sens interdit. Ivresse de la transgression, sans doute. Ivresse de la liberté, sûrement, dans un monde qui ne leur semble pas ouvert.

Sans doute faudrait-il leur dire, à ces jeunes, qu’ils se trouvent dans une zone dangereuse, un peu comme ces soldats de film d’action qu’ils regardent et qui, yeux grands ouverts, guettent l’ennemi. Ils sont concentrés. Sans doute faut-il leur dire, à ces jeunes garçons (car ce sont des garçons), qu’ils doivent eux aussi être concentrés. Comme un « warrior », un guerrier qui connaît ses points faibles, ses faiblesses. Cela se résume en une phrase : se méfier de soi-même.

Maintenant, allez voir le site MortelScooter des amis d’i&e pour le compte de la Prévention Routière. Passez-vous les vidéos de témoignages. Mais surtout, passez-les aux jeunes que vous connaissez. On préfère les voir s’éclater dans la vie que contre des pare-brises.

La douleur muette des adolescents

Posted in Social, sociétal, société by loranji on juillet 10, 2007

Beaucoup de choses me font peur dans ce monde, l’une d’elles est sans doute la scarification occidentale. Rien à voir avec celle, ancestrale de certaines ethnies africaines où il est question d’un rite de passage à l’âge adulte.

La scarification de notre société touche essentiellement les adolescents. J’espère ne pas être confronté à cette pratique avec mes enfants. J’ai lu sur Wikipédia ce long article qui établit un panorama de ce phénomène générationnel. Il semblerait que cette pratique est le signal d’alerte d’une conduite suicidaire. Si vous connaissez un ou une adolescente se livrant à la scarification basculez sur Wikipédia ; l’article, tiré d’un livre d’expert, est très nourri.

Combien de nos enfants sont "mal" ? Ce monde dont nous avons nous mêmes hérités, qui nous renvoie chaque jour à notre impuissance, désagrège, dissout une partie des jeunes générations. Notre société serait-elle agonisante à trop vouloir exister ?

« 11,3 % des filles et 6,6 % des garçons reconnaissent s’être fait mal volontairement (couper, brûler) au cours des douze derniers mois. Et parmi les élèves ayant déclaré avoir déjà fait au moins une tentative de suicide, près des trois quart (72,6 %) signalent des antécédents de coupures ou brûlures, contre 15,9 % chez les non suicidants. Rarement envisagées par leurs auteurs comme un moyen d’en finir, les scarifications constituent donc des indicateurs de risque suicidaire qui doivent être reconnus comme tels.

Tandis que les ecchymoses provoquées par le heurt de la tête ou des poings contre une surface dure sont plutôt des blessures de garçons, les scarifications et autres violences cutanées s’observent typiquement chez les filles entre 13 et 16 ans. Quand ça commence à bouillir en moi, il faut que ça sorte, déclare Estelle, 15 ans. Je prends une lame, je m’assoie en tailleur sur mon lit et je commence à me couper au poignet. Quand le sang coule, je me vide de mes angoisses. Je préfère ça que péter un câble. Au moins je ne fais de mal à personne.»

Du soulagement dans la violence retournée contre soi. Les unes veulent se calmer en se punissant ainsi d’être agressives avec leurs proches. Les autres estiment qu’elles se détestent et lorsqu’elles se sentent envahies par la rage ou la haine, elles cherchent un exutoire à portée de main – et leur corps devient alors bourreau et victime.

(…) les scarifications substituent l’acte à la parole, elles sont impulsives et violentes, elles transgressent les limites (en l’occurrence, la peau), elles visent un apaisement immédiat et elles se répètent, enfin, traduisant la brièveté du soulagement obtenu. Mais elles représentent également les éléments d’un langage qui ne parvient pas à se dire avec des mots, un langage de l’indicible.» Wikipédia, extrait de l’ouvrage « Ados à fleur de peau » Dr Xavier Pommereau – Albin Michel
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photo Neverends.net

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