l’orangie

Tu veux écrire un bon roman ? Lis le Code civil !

Posted in L'art Sélavy by loranji on février 28, 2011

Lu ici, Stendhal lisait « une page du Code civil chaque jour, avant de commencer à écrire, pour obtenir le degré de sécheresse convenable et se prémunir contre les fausses élégances du beau style romantique. »

Bon, plus sérieusement, s’il y a un auteur qui parle divinement du style de Stendhal (belle allitération n’est-ce-pas) lisez « En lisant en écrivant » de Julien Gracq.

Ecrire un roman, c’est faire de l’acupuncture : Gracq

Posted in L'art Sélavy by loranji on septembre 4, 2010

Lu ce jour dans l’essai de Julien Gracq « En lisant en écrivant » :

Quand on compare un film tiré d’un roman au roman lui-même, la somme quasi-infinie d’informations instantanées que nous livre l’image, opposée à la parcimonie, à la pauvreté même des notations de la phrase romanesque correspondante, nous fait toucher du doigt combien l’efficacité de la fiction relève parfois de près des méthodes de l’acupuncture.

Et Gracq, de préciser :

Il s’agit en effet pour le romancier non pas de saturer instantanément les moyens de perception comme le fait l’image, et d’obtenir par là chez le spectateur un état de passivité fascinée, mais seulement d’alerter avec précision les quelques centres névralgiques capables d’irradier, de dynamiser toutes les zones inertes intermédiaires.

Bon. A part ça, on comprend pourquoi Julien Gracq est l’un des grands romanciers du XXème siècle d’autant qu’il ne se répand pas en théorie, mais en impressions et en jugements tout droits issus de sa pratique de l’écriture. Parole d’artisan. Parole d’artiste.