l’orangie

Les yeux de Béjart

Posted in Hommage by loranji on décembre 5, 2007

Comme dirait mon fils de huit ans, il avait quand même une "tronche" ce Béjart. Bel homme non ?

Ph. Colette Masson – Roger-ViolletMauricebejart

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Paul Tibbets, Hiroshima suite et fin.

Posted in Hommage by loranji on novembre 4, 2007

Sa main tremble-t-elle ? Non, il ne croit pas qu’elle tremble. Que regardent ses yeux par delà la carlingue ? L’horizon pour ne pas voir, pour ne rien voir ? Non. L’horizon pour garder le cap.

L’aube s’est enfuie depuis longtemps devant le museau de son avion, comme effrayée par lui. Non, pas de romantisme lénifiant dans ce moment de pure technique.

Le jour s’est levé, simplement, comme lui-même, Colonel Paul Tibbets, Commandant du 509ème "Bomb wing" s’est levé, en début de nuit. Nuit technique, aube technique, vol sans histoire à 10 000 pieds.

Pas de romantisme donc, mais tout de même ce soleil déjà levé, têtu, qui semble parader, comme victorieux avant l’heure, en cet endroit où la terre, où l’éther sont si inhospitaliers ; là où plus bas, l’on parle une langue qu’il ne connaît pas lui, Paul ; là où respire telle une bête certes blessée, mais toujours dangereuse, un pays qui a tué à Pearl Harbor, Iwo Jima, Okinawa et ailleurs. Il va lui aussi, Paul, tuer.

Sa main tremble-t-elle ? Oui, à 92 ans, sa main tremble. Mais à 30 ans. Non.

Elle s’approche du bouton de commande, se décide à jeter un voile sur ce jour encore jeune, ou plutôt un drapeau. Un drapeau américain. C’est cela qui doit tomber là, en bas, pour étouffer, anihiler enfin l’ennemi. Cet immense drapeau doit recouvrir tout le Japon. C’est nécessaire, a-t-on dit à Paul, qui veut bien le croire, qui veut bien croire tout ce que ses supérieurs lui disent et, le premier chef d’entre-eux, Eisenhower, dont il a été par ailleurs le pilote personnel.

Paul actionne la commande. C’est fait, c’est dit. Que se dit-il à cet instant ? Ce qu’il dira plus tard aux autres, aux hommes qui le questionnent : « Nous n’étions pas indifférents, mais il fallait passer outre cela. Nous savions que cela allait tuer des gens, mais ma priorité était de faire le meilleur travail possible pour mettre fin à la guerre le plus vite possible ». Mais Paul a dit cela comme il aurait pu dire autre chose peut-être, quelque chose qu’il réprime, dont il ne souhaite pas se souvenir, lui qui dira toute sa vie ne pas avoir éprouvé de « regrets » ?

Mais si l’on entend bien ce mot, « regrets »… il n’interdit pas le remords. On peut avoir avoir du remords sans avoir de regrets, le premier relèverait, disons, du for intérieur, et le second, de la raison. Cette belle, superbe raison qui a conduit les plus parfaites techniques à se faire criminelles. Hiroshima et d’autres lieux, en Europe, cernés de barbelés « techniques ». Eux aussi. Tant  et tant de fonctionnaires de l’horreur dans les bureaux de Berlin, de Vichy et d’ailleurs.

Paul n’a pas failli. Paul a même été célébré à son retour, salué dans son pays comme sauveur et, allons-y franchement, comme artisan ultime de la paix : n’est-ce pas lui et son collègue de Nagasaki, le major Charles Sweeney, qui ont mis fin à cette guerre du Pacifique qui semblait presque jouir, tel un Moloch, de son offrande quotidienne de victimes ? Militaires ou civiles, les victimes ? Qu’importe, dans l’humain tout se mange.

Avec la bombe enfin, tout cela s’arrêtait. Oui, c’était une sorte d’acte de pacification, on pourrait passez alors à autre chose. Pour un peu, les Japonais pouvaient presque nous remercier. C’était cela, ce que l’on pouvait penser du colonel Paul Tibbets en Amérique, juste après…

Mais peu après… Peu après, c’était autre chose. On commençait à réfléchir. Du remords ? Peut-être.

Avait-on utilisé un engin de mort pour sortir d’une guerre sanglante ou pour retirer à notre ennemi toute légitimité, y compris celle du statut d’ennemi ? C’est comme si l’on avait utilisé un buldozzer pour venir à bout d’une fourmilière. Et pour la prochaine guerre ? Faudrait-il détruire toute la planète afin de s’assurer d’avoir raison ?

Plus tard encore, durant les années soixante libertaires, Paul a compris qu’il ne pouvait plus marcher normalement dans la rue, qu’il n’était plus tout à fait libre d’aller où bon lui semblait. Sauf dans les colloques célébrant la puissance américaine et les cérémonies d’hommage. Une bonne façon de l’enterre vivant, ça oui. Normal quand on ne fait plus tout à fait partie de la communauté des hommes. Il n’y avait donc plus guère que les idiots, les sadiques ou les officiels pour lui serrer la main.

Cela fait suffisamment de monde pour ne pas avoir de regret. Mais déjà trop peu, pour ne pas avoir de remords.

Au soir de sa vie, à 92 ans, sentant à son tour le voile de la mort lui arriver par en-dessus, Paul Tibbets a fait savoir qu’il ne voulait ni cérémonie funéraire, ni pierre tombale. Pour ne pas susciter de mouvements de protestation a-t-il dit.

C’est un peu comme s’il réclamait le droit d’être rayé de la mémoire des hommes. D’être rayé de la carte. Comme les 78 000 hommes, femmes et enfants qui moururent sous les ailes de son B29 – baptisé au nom de sa mère – en une poignée de secondes, le 6 août 1945 à 8h15, à Hiroshima, Japon.

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Paul Tibbets (23 février 1915, 8 août 1945, 1er novembre 2007)

Les petits génies du manuel

Posted in Hommage by loranji on septembre 19, 2007

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Vous cherchez le top du top des carreleurs, le génie de la tolerie-carrosserie pour votre voiture, le Leonard de Vinci de la plomberie, le Michel-Ange de la maçonnerie ?
Voici les gagnants des Olympiades des métiers. (Bon, reste à fouiller les Pages Jaunes et Blanches pour savoir où sont ces petits génies du manuel)

Carrelage
1     BIAUNIER – Frédéric     RHONE-ALPES     Or
2     DE AZEVEDO – Eric     AQUITAINE     Argent
3     REUZEAU – Emmanuel     BRETAGNE     Bronze

Tolerie-Carrosserie
1     GUILBAUD – Benjamin     PAYS DE LA LOIRE     Or
2     CASSARD – Frédéric     FRANCHE-COMTE     Argent
3     SEGRETAIN – Florian     CENTRE     Bronze

Plomberie
1     NOEL – Aurélien     P A C A     Or
2     POIROT – Jérémie     CENTRE     Argent
3     DANIS – Nicolas     MIDI-PYRENEES     Bronze

WEB design
1     LAPETITE – Thimothé     BRETAGNE     Or
2     DA LUZ – TONI     PAYS DE LA LOIRE     Argent
3     ZERBIB – MELINA     NORD-PAS-DE-CALAIS     Bronze

Installation Electrique
1     BELLION – Cedrick     LORRAINE     Or
2     LEVEQUE – Jéremy     BASSE-NORMANDIE     Argent
3     NOE – Thomas     NORD-PAS-DE-CALAIS     Bronze

Maçonnerie
1     DAUDET – Rémy     CENTRE     Or
2     MALINGE – Jack     PAYS DE LA LOIRE     Argent
3     DESCHAMPS – Thibault     POITOU-CHARENTES     Bronze

Mais aussi…

Coiffure Dames/Hommes
1     HAMEL – Célia     BASSE-NORMANDIE     Or
2     FRANK – Angélique     ALSACE     Argent
3     SANTENS – Jean-Baptiste     CHAMPAGNE-ARDENNE     Bronze

Jardinier/paysagiste
Classement     Nom     Région     Médaille
1     DENIGOT – THABOT     PAYS DE LA LOIRE     Or
2     AUGUIN – DEBIEN     POITOU-CHARENTES     Argent
3     MAZARS – WOLFF     MIDI-PYRENEES     Bronze

La liste complète ici.

Avec retard, mais émotion : « Bravo maestro »

Posted in Hommage by loranji on septembre 8, 2007
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Pavarotti – Tosca – E lucevan le stelle
Vidéo envoyée par Quarouble

"Une vie en musique est une belle vie, et c’est ce à quoi je me suis consacré."
Luciano Pavarotti

Extrait : Tosca – "E lucevan le stelle" (Giaccomo Puccini)

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Portraits de femmes

Posted in Hommage by loranji on août 28, 2007
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Portraits de femmes
 
Trouvé chez Christophe. Tout simplement superbe…
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Michel Serrault (1928 – 2007)

Posted in Hommage by loranji on juillet 30, 2007

Michel Serrault quitte la scène. Filmographie impeccable, vraiment riche de diversité. Si j’essaie de trouver le rôle dans lequel je l’ai trouvé vraiment le plus parfait, je dirais peut-être Garde à vue avec Lino Ventura et Romy Schneider.
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Week-end

Posted in Hommage by loranji on juillet 21, 2007

Dans Beckett, nous savons qu’il y a "BE", comme to be.
Dans Samuel Beckett, il y a "ELBE", comme île d’Elbe. Ca lui va bien.
Beckett_elbeZoom sur l’affiche de l’expo Beckett ce printemps à Beaubourg.
Bon.
Tout ça pour dire que je suis absent ce week-end et jusqu’à mardi. Je ne vais pas sur l’île d’Elbe mais dans un endroit plein de monde, qui est tantôt une île, tantôt pas.
Fastoche à trouver…

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Un dimanche de mai

Posted in Hommage by loranji on juin 18, 2007

J’ai offert il y a quelques jours à mon grand fils de 11 ans, ce drôle d’objet en bois déniché dans une modeste boutique de déco. Il était planté, comme d’autres de ses semblables, dans une sorte de porte-parapluie. J’ai demandé aux deux jeunes vendeuses ce que c’était, à quoi cela servait.
– Ce sont des lianes. On s’en sert pour y faire pousser des plantes grimpantes.
Je me suis attardé sur chacune d’elle. Ces torsades, plutôt régulières mais non dénuées d’accidents, cette matière, et ce bois toujours vivant…
– Je vais vous en prendre une. En avez-vous d’autres, pour m’aider à faire mon choix ?
– Oui, au sous-sol.
J’accompagne l’une des vendeuses au fond d’un escalier de béton sans âme et je retrouve d’autres lianes, certaines sans grâce, d’autres recélant cette once de splendeur évidente que seule, peut-être, est capable de dispenser une nature simple ; un arbre, la branche d’un arbre, une pierre, un galet…
– Je prends celle-ci. Combien je vous dois ?
– 4 euros.
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Arrivé à la maison, je me suis empressé d’empaqueté cette longue tige d’environ 2,20m dans du papier cadeau. Je me félicitais du moment où j’expliquerai à mon fils le sens de mon présent, à l’occasion de l’événement qui nous réunissait, ce dimanche de mai, autour de lui : sa première communion.
– Qu’est-ce que c’est ? m’a-t-il demandé d’un air mi-amusé, mi-intrigué, mais visiblement intéressé.
– C’est une liane provenant d’une forêt d’Indonésie*. Je trouve sa forme superbe, je trouve qu’elle dit la vie, les hauts, les bas, les accidents, et les élans. Elle est pour toi ; elle est là pour t’accompagner dans ta vie. C’est mon cadeau.
Quelques instants plus tard, tandis que nous prenions le champagne sur la terrasse. Mon fils s’est éclipsé. Il était allongé sur l’herbe, les yeux au ciel, les bras enroulés autour de son bâton. Il était heureux, je crois.

* C’est le bémol de cette histoire. Je veux croire que cette liane n’est pas le témoin d’un déforestation sauvage, là-bas, en Indonésie. J’ai hésité à l’acheter pour cette raison. Mais j’étais trop heureux d’offrir ce présent à mon fils…

Miracle, O dis-moi tout…

Posted in Hommage by loranji on juin 4, 2007

Aéroport de Roissy, avril 1998. Un bébé âgé d’un peu plus d’un an descend d’un vol en provenance de Houston entre les bras de deux religieuses de l’ordre de l’Assomption. Selon les médecins, la petite Risa Bondoc, d’origine philippine, souffre d’une malformation congénitale : « dysplasie septo-optique accompagnée d’une schizocéphalie » ont-ils précisé. Un diagnostic irrémédiable et la certitude que cette enfant, dont les yeux vrillent en permanence, ne verra jamais correctement. Pire encore, elle sera intellectuellement handicapée car d’après les résultats de l’IRM, son cerveau est incomplètement constitué dans l’hémisphère gauche.

Une fois accomplies les formalités douanières, les deux religieuses filent directement en direction d’Auteuil, dans le XVIème arrondissement, pour disparaître derrière l’enceinte de leur couvent.

Elles se rendent très vite, semble-t-il, sur la tombe de la mère-fondatrice de leur ordre, sœur Anne-Eugénie Milleret, née en 1817, morte en 1898.
Elles y pose le bébé, à même la dalle, accompagnant sans doute ce geste de prières.

Sept mois plus tard, le bébé qui a rejoint ses très croyants parents, voit quasiment normalement. Aujourd’hui âgée de douze ans, Risa porte de simple lunettes de vue.
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Elle étudie à l’école le plus simplement du monde et ne souffre plus que d’un diabète dit « insipide ». La malformation détectée dans le cerveau demeure, mais n’a presque plus d’effet.

Ce week-end, Anne-Eugénie Milleret a été canonisée par le pape Benoît XVI lors d’une cérémonie sur la place Saint-Pierre de Rome, pour ce qu’on appelle un « miracle » et ce, au terme d’une instruction rigoureuse qui prend soin de consulter la communauté scientifique.

En effet, l’Eglise ne veut surtout pas se ridiculiser et n’attribue qu’au compte-goutte le statut de miracle. Condition sine qua non : les médecins qui ont suivi les patients ne doivent pouvoir trouver le moindre début d’explication aux évolutions observées.

Ca m’interpelle « quelque part ». Mais je ne sais pas où.

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Décès de Pierre-Gilles de Gennes

Posted in Hommage by loranji on mai 22, 2007

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Libération l’annonce, comme d’autres, Pierre-Gille de Gennes est mort. Il avait 74 ans. Gennes, c’était un prix Nobel de physique à visage sympa, humain. Je l’avais aperçu un jour le long d’un trottoir parisien. Il m’avait croisé, juché sur son vélo, un peu ailleurs, nez au vent. Visiblement heureux.

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