l’orangie

Confiscation de la bienveillance

Posted in Social, sociétal, société by loranji on janvier 14, 2010

Je viens de lire dans le magazine « Management » cette phrase tirée d’un article sur l’espionnage économique et les méthodes d’espions qui emploieraient une manière de séduction pour arriver à leurs fins auprès de salariés d’entreprises cibles : « La plupart des gens ne savent rien refuser à celui qui les prend par l’épaule ou qui leur effleure le bras ou la main. »

C’est bête, je prends souvent les gens par le bras lorsque j’apprécie une relation. A en croire ces lignes, mes interlocuteurs pourraient donc me prendre pour un manipulateur. Gasp !

Curieux comme un acte anodin, que je qualifierais bêtement de bienveillant, peut tout à coup sembler suspect à celle ou celui qui… aurait lu Management quelques temps plus tôt.

La sincérité, l’expression des sentiments sont-ils appelés à devenir de plus en plus incongrus et bizarres en dehors des périmètres où ils sont requis – à coup de couvertures de magazine – j’entends par là, l’amour, la vie de famille et les complicités entre « potes » ?

En dehors de ces « séquences », faut-il être sous contrôle permanent et s’abstenir donc, de toute effusion non codifiée dans les tablettes sociales ?

Cela me fait penser aux discours que j’entendais enfant, dans ma Bretagne natale, où il était dit que les Méridionnaux, autour de l’archétype marseillais, était trop chaleureux pour être honnêtes !Et l’on sait justement que bon nombre d’enfants de Pagnol émigrés à Paris, ont dû ranger au fond de leur poche des jeux de mains par trop expressifs…

Les films eux-mêmes, plus précisément les opus américains témoignent de cet impératif : la maîtrise en toute situation. Excepté lorsqu’un tsunami débarque dans le salon ou il est alors permis au comédien de crier en tenant un téléphone ou un soda.

Mais soit ! S’il devient suspect de mettre sa main sur un bras, de rire en s’épanchant sur une épaule, rangeons notre spontanéité dans le tiroir privé, ayons l’air docte et inspirons-nous d’un mix entre James Bond et Georges Clooney. Gardons le contrôle avec un sourire de circonstance assaisonnée de quelque allusion ironique. Il paraît qu’on appelle cela le charme. C’est une consolation.

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2 Réponses

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  1. bettina soulez said, on janvier 20, 2010 at 10:20

    Conclusion :
    Dans le fond, ce qui fait craquer les gens, c’est leur besoin de tendresse mal comblée ou le besoin d’être, à vie, maternés…
    Les « bons » vont donc devoir se lâcher davantage et aider à compenser ce manque chez les autres. Ils protègeront ainsi les plus faibles et éviteront qu’ils se fassent manipuler…
    Soyons donc tous de plus en plus démonstratifs ! Y’a du boulot !

  2. L'Orangie said, on janvier 21, 2010 at 9:35

    A la fois, c’est aussi une question de tempérament. Il y a des gens plus ou moins démonstratifs. Mais, en effet, les gens pourraient davantage « lâcher prise » !


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