l’orangie

Sortie de Mortel Scooter : ils sont jeunes, ils s’éclatent en scooter

Posted in Social, sociétal, société by loranji on décembre 2, 2009

Mortel Scooter… Ca sonne comme un film d’action. Mais c’est un film de douleur. Après « l’action »…

Explications.

Vincent explique qu’il a pris un virage à la corde, belle trajectoire. Sauf qu’une voiture est arrivée en face… Vincent raconte « Je suis paralysé à vie en fait… Je suis tétraplégique ».

Le père de Mamadou le dit bien « on ne choisit pas les séquelles ». 9 ans après son accident en scooter Mamadou reste traumatisé. Au sens propre. Il ne parle plus. La communication entre son fils et lui est presque réduite à néant. Si seulement Mamadou parlait, même dans un fauteuil roulant. Mais non, on ne choisit pas les séquelles…

Corentin, lui, il l’est dans le fauteuil. Il parle oui, mais depuis son fauteuil qu’il ne quittera plus jamais de sa vie. La voix brisée, le regard éteint il ne se souvient que d’une chose « je roulais trop vite » ; des mots qui roulent comme des regrets. Avant tout était possible. Après beaucoup de choses ne le sont plus. On a déjà des phrases toutes faites pour résumer la situation de ces jeunes : leur vie a été brisée par un accident.

Jorick lui aussi est dans un fauteuil. Polyhandicapé. Il s’est « mangé un camion » explique-t-il en articulant péniblement. On distingue encore son accent marseillais. Son pull est aux couleurs de l’OM. Derrière ses lunettes fumées, il sourit. Heureux sans doute d’être encore vivant malgré tout. L’après-accident c’est aussi cela : apprendre à vivre avec le handicap. Supporter le regard des autres, adultes, enfants. Les enfants surtout. Et puis, il y a la mère de Jorick qui témoigne aussi. Elle vit le deuil de l’adulte que son garçon ne sera jamais.

Même si la fatalité fait partie de la vie, sur la route, comme ailleurs, les accidents sont le plus souvent le fait d’une imprudence ou plutôt d’une inconscience. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’inconscience chez ces jeunes qui roulent, et que je vois parfois dans les rues de Nanterre, faire les kakous en remontant les rues en roue arrière, en brûlant les feux rouges, parfois même en remontant en sens interdit. Ivresse de la transgression, sans doute. Ivresse de la liberté, sûrement, dans un monde qui ne leur semble pas ouvert.

Sans doute faudrait-il leur dire, à ces jeunes, qu’ils se trouvent dans une zone dangereuse, un peu comme ces soldats de film d’action qu’ils regardent et qui, yeux grands ouverts, guettent l’ennemi. Ils sont concentrés. Sans doute faut-il leur dire, à ces jeunes garçons (car ce sont des garçons), qu’ils doivent eux aussi être concentrés. Comme un « warrior », un guerrier qui connaît ses points faibles, ses faiblesses. Cela se résume en une phrase : se méfier de soi-même.

Maintenant, allez voir le site MortelScooter des amis d’i&e pour le compte de la Prévention Routière. Passez-vous les vidéos de témoignages. Mais surtout, passez-les aux jeunes que vous connaissez. On préfère les voir s’éclater dans la vie que contre des pare-brises.

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