l’orangie

Mobilité, mobilité et moi, et moi, et moi

Posted in Social, sociétal, société by loranji on octobre 26, 2009

Il y avait dans des temps jugés anciens la fameuse formule « tout est politique ». Aujourd’hui, nous pourrions sans doute dire que « tout est mobile ».

Mobilité des mobiles, les téléphones, les ordinateurs. Mobilité de l’internet. Mais aussi mobilité des capitaux au point qu’à force de tourner si vite, ils en deviennent abstraits et n’offrent plus à voir qu’une planète financière opaque. Mobilité au quotidien, impérieuse et souvent contrariée dans l’immobilité ; les queues de péages, les foules du métro, les grèves SNCF. Et des avions lancés dans le ciel qui explosent : fallait pas être mobile disent les terroristes. Mobilité revendiquée des handicapés, qui trop souvent, s’arrête au pied de l’escalator. Ils s’assoient sur leur mobilité. Mobilité de l’Etranger, ces centaines de millions de migrants attendus de pied ferme par des policiers immobiles dans la nuit, les yeux rivés derrière des jumelles infra-rouge. Immobilité totale du migrant dans la « boîte », le conteneur. Comme un cercueil. Mobilité des électorats, ou plutôt volatilité, où les politiques font du twitter, du gazouillis médiatique pour occuper l’espace. Mobilité inédite du droit, du législateur qui adopte des lois pour « répondre à l’émotion »… Mobilité des marchandises, un poulet né là, élevé là-bas, abattu ici, mangé plus loin et certains, paraît-il, font quasiment le tour du monde. Les veinards. Mobilité fracassante, splendide et dramatique des icebergs de l’Antartique qui appareillent pour le grand sud, errant dans le grand n’importe quoi d’une planète qui surchauffe. Mobilité des couples, qui à en croire les couvertures de magazine tentent l’adultère, puis l’échangisme, puis la fidélité, puis le porno des familles. Mouais… Mobilité des enfants, mobilité de leurs yeux en immersion dans l’écran virtuel de leurs fantasmes. Avec eux, quel monde pour demain ? Des orbites qui s’agitent.

Et puis, il y a la mobilité du personnel. Ci-dessous, un cadre de France Telecom à qui l’on demande d’être mobile. Comme un téléphone. Il raconte dans cet article du Monde :

« Le 31 décembre 2008, à 18 heures, c’est par courriel que j’ai reçu mon ordre de mission. Il m’enjoignait d’être en poste le 5 janvier au matin, à Lille, à 500 km de chez moi, et sur un poste déclassé. En tant que fonctionnaire, je n’avais pas le choix, car un fonctionnaire qui refuse une mission est démissionnaire. Susceptible de partir à la retraite dans les six mois, je ne pouvais plus prétendre à un poste digne de ce nom. »

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