l’orangie

La princesse de Clèves m’achève

Posted in L'art Sélavy by loranji on avril 3, 2009

La fatigue ? Hier soir, repu de travail, je me dis : « Tiens, puisque je viens de terminer (la veille) un roman de Robert Walser (la Promenade, je conseille ed. l’Imaginaire), en ce moment j’ai envie de lire des romans, m’abreuver de vraie prose, que vais-donc lire ? »

Bref, je me tourne vers ma bibliothèques sur le rayon où sont empilés « les livres pas encore lus ». Mes doigts passent sur Normance de Céline (non trop excité l’homme à chats), sur le gros pavé balsacien de la comédie humaine (en cours de lecture depuis des années, mais là non, trop crevé pour me taper des description interminables), sur l’Innommable de Beckett (non, trop ambiance lavabo le Samuel) et je me dis que j’ai une furieuse envie de lire du classique français, millésime XVII ou XVIIIè pour la luxuriance et la profondeur de la langue.

Et là bingo, je me souviens avoir au bout de mon étagère la Princesse de Clèves par Madame de La Fayette. Aussitôt dit, aussitôt fait, je monte me coucher en tenant fermement serré mon bouquin, je fais ma toilette (vous saurez tout), je me glisse sous les draps, ouvre le livre… C’est alors que j’entre dans la quatrième dimension : pages de garde annotées par mes soins, gribouillis en tout sens : j’ai déjà lu ce livre !

Oui, je sais honte à moi. Comment peut-on avoir lu la Princesse de Clèves et ne pas s’en souvenir ? Langue superbe, émotions totales… on n’oublie pas un tel livre. Et bien si !
Inutile de vous décrire mon hébétude, j’ai aussitôt senti l’ombre ou plutôt la moustache médicale d’Aloïs Alzheimer planer au-dessus de mon pauvre crâne.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alo%C3%AFs_Alzheimer

Avoir oublié d’avoir lu un tel livre, alors que je l’avais effectivement apprécié… un comble.

Une explication ? La brièveté de l’oeuvre ne saurait en être ou bien alors il faudrait vraiment que je m’en inquiète… Je crois en fait disposer d’un autre indice me permettant d’expliquer mon amnésie : l’éditeur. Cette Princesse de Clèves, je l’ai achetée en version Librio à 2 euros, vous savez ce genre d’ouvrage qu’on achète avec intérêt mais sans passion, à la caisse d’une Fnac le plus souvent. Si j’avais lu le même ouvrage en Pléiade (pour prendre l’opposé des éditions de poche – la Pléiade étant une poche oui, oui) j’ose croire que j’aurais gardé un souvenir plus dense de cette oeuvre d’autant qu’elle est accompagnée d’autres écrits de la grande prosatrice qu’était Madame de La Fayette.

En clair, l’éditeur, la qualité d’une édition (ce qui ne veut pas dire son luxe) contribuerait sans doute aussi à tracer des lignes d’émotion dans la mémoire du lecteur…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :