l’orangie

Du conformisme des anti-conformistes

Posted in Social, sociétal, société by loranji on mars 22, 2009

Etrange mail reçu ce matin dans ma boîte à propos d’un squat – la Miroiterie à Paris – qu’il faudrait sauver. Voici le texte :

« Tout le monde un peu partout sur notre planète connaît le squat parisien la Miroiterie, là ou de nombreux artistes connus se sont produit ainsi que de nombreux plasticiens depuis 10 ans. Malheureusement un nouveau propriétaire à racheter la plus grande partie des parts du squat et veux maintenant le récuperer, le juge doit donner sa réponse concernant l’expulsion. Pour faire une pression contre la fermeture, on demande à tout le monde d’imprimer cette pétition, de la faire tourner au plus grand nombre et de la transmettre au squat. La Miroiterie doit être reconnu comme un centre créatif indispensable à l’expression des artistes pour Paris.

Et ceci en accroche :

La Miroiterie est le seul et dernier lieu squatté indépendant, autonome, pour les artistes et contre une culture administrative et lambda à Paris »

Etrange oui, cette façon de se revendiquer contre « une culture administrative » et de réclamer dans le même mouvement le fait d’être « reconnu comme un centre créatif » ; autrement dit comme un lieu institué. Que montre ce paradoxe ? Ces squatteurs, au fil du temps, s’approprient les lieux et adoptent, in fine, une mentalité de propriétaire.

Cela ne me semble pas répondre à l’esprit d’un squat. Squatter c’est accepter l’aspect transitoire des choses, des lieux, des relations humaines ; un squat est un lieu provisoire de passage, un lieu de convergences multiples et aléatoires, c’est un lieu de traverses, de tangentes. Nullement un lieu d’appropriation.

Je me désespère de ce conformisme ambiant qui pousse même des squatters à venir réclamer justice devant la Justice alors qu’ils devraient plutôt se mettre en quête d’un autre lieu pour d’autres aventures.

Outre cet aspect, je trouve également ahurissant que le nouveau propriétaire des lieux – quoi qu’il soit, et quoi qu’il ait l’intention de faire* – ne puisse disposer des lieux qu’il a légalement achetés. Mais à moins que la Mairie de Paris (encore l’institution !) ne rachète au prix fort les lieux, je n’ose imaginer qu’un magistrat puisse donner raison à des squatters, laissant droit ainsi à une spoliation…

Pour résumer, l’occupation d’un lieu inoccupé par des artistes (ou non) ne me choque pas, et un squat artistique est une subtile alchimie qui peut produire du mauvais comme du bon. Ce qui me choque c’est lorsque les squatters n’acceptent plus la règle du jeu qui consiste à changer de lieu lorsqu’un propriétaire veut récupérer la jouissance de son bien ; et ce qui me choque encore davantage, c’est que de soit-disant artistes à la marge puissent raisonner en… petits-bourgeois.

Le site de la Miroiterie.

*Ici un article « pétionnaire » sur BellaCiao qui nous apprend que l’acheteur est une société immobilière.

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