l’orangie

MAM veut dresser la quéquette française

Posted in Social, sociétal, société by loranji on septembre 19, 2008

31695660sexshop

Pour tout dire je ne sais pas par quel bout commencer ce billet sur le sexe. Ah, ah. Enfin, plus précisément, sur le sex shop.

J’ignore s’il vous est déjà arrivé de pénétrer ces lieux, mais si ce n’est déjà fait, courez-y vite avec un oeil d’archéologue car ils sont appelés à disparaître tels les temples égyptiens s’engloutissant dans les sables du désert. Le grain de sable, c’est Michèle Alliot-Marie qui aurait entrepris de faire remballer leur marchandise aux tenanciers de ces échoppes chatoyantes dont les lettres roses, luminescentes, et pour tout dire turgescentes, préfigureraient un peu trop au goût de la ministre, les chairs disponibles à l’intérieur sur papier glacé.

Les sex shops donc, ces boutiques généralement placées à proximité des gares comme il est de coutume que les pompes funèbres flanquent les cimetières et les confiseries, les écoles ; les sexe shop dis-je, seraient ainsi, à en croire le blog du Chasse-clou menacé d’une interdiction d’exercer leur commerce en centre-ville. On imagine d’ici la détresse du monsieur repartant comme dit Brel avec "sa bite sous le bras". Que veux-tu mon bon, sois moderne, répand-toi plutôt sur internet. Le sexe moderne, c’est l’adsl, et tant pis pour la fracture numérique.

Mais si MAM ne peut tolérer plus longtemps cet affichage de mots obscènes, quid des magazines distribués en kiosques qui rivalisent de couvertures aguicheuses ? Interdiction, là aussi ?

Quant aux "féminins" dont les courbes de vente estivales semblent définitivement s’accorder aux courbes de naïades plus suggestives qu’un lâcher de péripapéticiennes dans un club de foot moscovite un soir de finale, nous sommes  tenus de considérer qu’il s’agit de "presse" et non de fesses. Quelle hypocrisie !

Il n’est qu’à voir la fréquentation très masculine du coin "presse féminine" dès l’arrivée des beaux jours et concomitamment celle des couvertures "chaudes" d’ELLE ou de Cosmo pour en déduire que la frontière entre la grande presse de tête de gondole et la petite fesse du haut du présentoir rapetisse d’année en année, aussi sûr qu’un string nylon lavé à 90°. Certes, il subsiste des nuances de style qu’on appelle le bon goût, et nous n’en sommes pas encore à la veille de lire à la Une du Nouvel Obs – tandis qu’il faut raidir la courbe des ventes – les titres trash de la presse qui se lit d’une main. Tout de même, la tête finit par tourner et ne nous étonnons pas de trouver un jour l’Express caché sous le lit des adolescents.

Tout cela pour dire quoi ? A quoi bon interdire les sex shop quand le sexe est partout. Mais surtout, si l’on veut aller au fondement (pardon) des choses, à quoi bon amputer les "quartiers de la gare" de leur traditionnel sex shop ? Sans parler de Pigalle et Blanche qu’il faudrait songer un jour à enregistrer au Patrimoine Mondial de l’Unesco, non mais.

En effet, on se gargarise volontiers d’une propension française pour l’amour et le sexe ; nous serions paraît-il de fiévreux amants romantiques et coquins tout à la fois, quant aux dames, ah les dames… En clair, pour le dire plus prosaïquement, nous serions franchement portés sur la "chose" ; nous aimons la "gaudriole", le "viens par ici que je t’attrape", le pouêt-pouêt-camion", bref je vous parle ici d’un pan entier du patrimoine culturel national. Et les sex shop dans tout cela ? Et bien disons que ce sont un peu les Felix Potin de la quéquette française, ceux qui dépannent les solitaires, épatent les ados, rassurent les impuissants, consolent les éconduits, émoustillent les petits couples, bref, ils sont bien plus utiles à la société qu’elle ne veut bien se l’admettre !

Publicités

10 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Cyril said, on septembre 19, 2008 at 8:22

    Bien sûr, il est « interdit d’interdire »… Bien sûr, la censure c’est mal… Mais ne pourrait-on pas parfois avoir une attitude plus responsable ?
    Chaque matin, lorsque je conduis les enfants à l’école nous passons devant un magasin de journaux. Picsou magazine, ou le Journal de Dora l’exploratrice s’affichent sans vergogne à côté de la dernière livraison d’Entrevue, de la Vie parisienne, ou d’Union… Si bien que les gosses, le regard attiré d’abord par leurs petits personnages favoris, finissent toujours par me poser la même question : « Dis papa, pourquoi la dame elle se met le doigt dans le trou du cul ? »

  2. Cyril said, on septembre 19, 2008 at 8:40

    Je me demande parfois ce que les enfants font encore parmi nous. Parmi nous autres, hommes de hargne, d’envie, d’argent, hommes de compromis et de compromission ; parmi nos affiches, nos magazines et nos films : dans ce carnaval de gangsters et de putains, que font-ils, ces petits enfants, témoins si gênants de la Pureté ?
    Gilbert Cesbron (Une sentinelle attend l’aurore)

  3. Denis said, on septembre 19, 2008 at 8:49

    Le problème est un peu plus complexe, je suis assez bien placé pour le savoir car j’habite pas loin d’un quartier chaud.
    Ce genre de commerces génèrent énormément de trafic en tout genre (dans ma jeunesse, j’ai déjà acheté du shit dans un sex shop) et cela attirent tout une partie de la population que la droite ne veut plus dans Paris… Ca c’est un autre problème.
    On peut être d’accord ou pas sur le concept, mais il faut admettre que c’est super glauque comme endroit, ça ne fait pas fantasmer, ils abusent carrément sur les prix (3 fois plus cher que sur le net).

  4. Laurent said, on septembre 19, 2008 at 3:07

    Dora l’exploratrice… excuse-moi Cyril, mais j’ai cru un instant que… Trève de plaisanterie, nous sommes bien d’accord pour dire les revues salaces dans les kiosques sont envahissantes et ne manquent sans doute pas de perturber les enfants. Mais, à la limite, s’il faut commencer à censurer, ce devrait être là, plutôt qu’à l’encontre de magasins spécialisés dont la loi interdit justement l’affichage de photos. La censure, pourquoi pas, mais dans la logique, tout au moins, dans une chronologie logique. Cela dit, sur le fond, je ne sais pas si la censure est forcément souhaitable. J’ai le sentiment que la dimension sexuelle ne peut pas être niée comme elle l’a été dans des époques antérieures, dans la mesure où c’est une réalité humaine qui s’exprime certes davantage dans l’espace privé mais aussi dans l’espace public, elle releve du monde sensible, au même titre que la nourriture, la musique que sais-je encore. En revanche, là où le bât blesse, c’est avec l’émergence de sexualités violentes qui, sans même parler de snuff movies, mettent en scène et banalise des actes pervers, basé sur la souffrance physique ou moral de l’autre ; ils cherchent à mettre en jeu la « personne » humaine via les rapports qu’entretient le sexe avec la mort, etc. Si l’on se place du point de vue de la société contemporaine, c’est moralement inacceptable. Que faut-il faire ? Poser une censure ? Mais jusqu’à quel degré, sachant qu’un marché noir se met alors en place. Ou bien faut-il espérer, en croisant les doigts, une sorte de ré-équilibrage naturel, c’est-à-dire qu’avec la libération, somme toute récente, des moeurs s’est mis en place une phase d’excitation, de débridement avant un retour à une norme sexuelle plus acceptable, en l’occurrence celle qui repose sur « l’amour », tout au moins au sens large ? J’avoue que je ne sais pas ce qu’il convient le mieux de faire en la matière. En tout cas, je pense que si l’on veut lutter contre une pornographie envahissante, la priorité me semble devoir davantage être mise sur les kiosques et plus encore sur internet, que dans les sex shop, ne serait-ce qu’en raison du temps passé sur le net par les jeunes. Ouf, j’étais long…
    Denis, j’ai moi-même habité durant près de trois ans à Pigalle, donc je connais un peu. Je te rejoins sur le côté glauque. A la fois, je n’ai pas envie de vivre dans un monde parfait, une sorte de Disneyland où tout serait à sa place. Pas simple tout ça…

  5. romy said, on septembre 19, 2008 at 6:41

    Oui le sexe sur internet, là c’est permis !!! (une honte !)
    le sexe en sex shop là…. beurkkkkk ! c’est moche, sale et ça (fait) tâche dans certains quartiers….. (le pire, ce sont les quartiers des gares de province !!!) ça c’est c’est ce qu’ils pensent…..
    INTERDIRE ! ça c’est un mot….. propre à Sarko et sa clique….
    Le mot magique…. y qu’à INTERDIRE….. et nous vivrons dans un monde lisse, comme dans certains quartiers résidentiels aux states….
    Je ne vois pas en quoi les sex shop nous gênent…..?
    Je ne les fréquente pas, mais je pense que c’est bien qu’ils soient là.
    Il faudrait qu’ils soient redessiné par des archi, avec des jolies lumières, jolies devanture et là à mon avis pas mal de gens oseraient y entrer……
    des trafics, pas besoin d’aller dans les sex shop pour en trouver…. arrêtons les clichés sordides.
    Bon mais a part ça, tu vas attirer toute la « faune » du sex ;-)))

  6. Cyril said, on septembre 20, 2008 at 11:07

    Précision : je ne voulais pas me faire le défenseur de la censure (oh ! la belle allitération !), je désirais juste profiter de l’actualité brûlante soulevée par Laurent pour évoquer l’affichage – selon moi envahissant – du cul dans la vie de tous les jours.
    J’ai évoqué les devantures de magasins de journaux, mais il y aurait aussi à redire sur les spots télé, et même la pub affichée dans les abris bus. Je me souviens d’une campagne pour une marque de dessous féminins autour du thème « Bonne fête aux maman sexy ». Même s’il n’est pas désagréable d’attendre le bus au garde-à-vous, et même si l’envie ne me manquait pas de faire sa fête à la maman de l’affiche, je me demande tout de même si c’est bien l’idée d’une « maman », lascive et suggestive, que nous avons envie de mettre dans la tête de nos bambins.
    Revenons donc à la censure, que nous haïssons tous avec force. Pourtant lequel d’entre vous permet tous à ses enfants, hein ? Ne censurez-vous pas leurs lectures, leur films voire leur accès à internet avec un bon vieux contrôle parental ? Ce faisant – et non pas ce perdreau – ne basculez-vous pas dans le camps de Sarko et de sa clique ?
    Les ayatolahs du « tout-permisme », les chevaliers blancs pavloviens anti-Sarko, qui au nom de la tolérance (il y a des maison pour ça, disait l’autre) m’emmerdent, me polluent la vie
    Si vous avez vécu à Pigalle (moi j’ai habité rue Veron !), vous savez comme moi quelle agression quotidienne cela peut être : ces types gris et glauques – jamais de jolies filles ! – qui vous abordent 100 par jours pour vous vanter « du vrai, du cul, du qui-vous-decevra-pas… » et vous tire par la manche pour vous faire rentrer a l’Odyssex » ou « Au Palais du Plaisir »…
    Dans le monde d’aujourd’hui, on pardonne plus à l’exhibitionniste qu’à celui que le l’étalage d’organes génitaux et de poil pubiens choque. Et on en prend des coups lorsque l’on se plaint ! Ne nombreux sont ceux qui sont en toujours prêt à coller une bonne tarte aux prudes.
    De l’autre côté, rassurez-vous, les Pères la moral me hérissent le poils et m’effrayent.
    mais entre Sainte-Nitouche et Marie-Salope, je ne veux pas choisir.
    Le minitel s’est développé grâce au cul, et internet itou. Mais j’ai la certitude que lorsque l’homme sera capable de courir après autre chose que le bout sa bite, l’Humanité fera un pas de géant.
    Prétendre aujourd’hui, que le monde du sex-shop est réservé à ses consommateurs est faux. Laurent, qui a longtemps fréquenté la rue de la Gaité à Paris, et pas seulement pour ces théâtres et attractions culturelles, peut en témoigner. Les vitrines laissent plus qu’entrevoir les délices de Capoue. Comment en serait-il autrement ? Essayer d’attirer le chalant avec un rideau noir, vous !
    Passe encore. On peut évidemment éviter la rue de la Gaité si on n’a pas envie d’aller faire un tour à Bobino, etles quartiers. Laissons donc se développer les ghettos du sexe.
    Mais peut-on vraiment nier que notre société si restrictive a banalisé de façon incroyable le sexe… le nombres d’enfants en primaire qui ont déjà visionné un film porno est effarant (si j’avais le temps, j’irai les rechercher)… Les vitrines de magasins, on en a déjà parlé. Quand au journaux, on apprend que Elle fait ses meilleurs ventes quand Emmanuelle Beart pose pour la couv avec son string comme chouchou ! Je ne veux même pas évoquer le Figaro madame, dernier bastion de la bourgeoise de droite réac, que l’on ne peut plus feuilleter en buvant du mousseux avec une paille parce qu’on a que deux mains !
    N’interdisons pas… Soyons responsable. Au risque de finir comme Cavanna que j’ai croisé l’autre jour dans la rue (j’étais en compagnie de l’auteur de l’excellent blog « Voyage au Centre de la BD). Vous souvenez-vous des larmes, des cris, de la souffrance de ce pauvre homme, défenseur talentueux de la libre pensée, de l’interdit d’interdire, de liberté absolue en tout… Il était brisé de chagrin lorsque Marie, sa petite-fille, est morte d’une over-dose…

  7. romy said, on septembre 20, 2008 at 7:33

    Fichtre !!!! ça c’est du commentaire ;-))

  8. Laurent said, on septembre 21, 2008 at 12:03

    Il y a beaucoup de choses à dire dans ton commentaire Cyril.
    Tu parles de cette affiche dont j’ignorais l’existence « bonne fête aux mamans sexy ». Un fait est que le cul est un business avec pour conséquence de prendre une ampleur réelle dans l’espace public puisqu’en plus, comme tu le dis bien, on est plutôt dans le tout est permis. Soit. Mais comme tu le dis je crois aussi, la censure n’est pas forcément la solution non plus. La censure, c’est une arme à manipuler avec précaution car on sait où elle commence et on ne sait pas où elle s’arrête, autrement dit, c’est l’exacte équivalent de la permissivité ! Je comprends parfaitement, pour y souscrire moi-même, que certaines choses sont choquantes à voir ou à lire, mais la difficulté, réelle, est que chacun, en la matière, peut voir midi à sa porte. Là où toi, tu mettrais une censure, un autre considérait que c’est injustifié, un autre considérerait que c’est insuffisant. On n’en sort pas. Où est la solution ? Je reviens à ce que tu dis à propos du sexe : le jour où l’homme cessera de voir pas plus loins que le bout de sa bite (et la dame, n’oublions pas non plus la dame), l’humanité se portera mieux. Le problème est que, justement, ce jour n’arrivera pas. Ou bien, s’il arrive, ce ne sera plus un homme, mais un je-ne-sais-quoi. On ne peut pas nier l’existence de la sexualité. Des sociétés précédant la nôtre ont cherché leur propre solution dans des registres très différents, allant de l’orgiaque à la pudibonderie, mais force est de constater que la sexualité est toujours au centre du problème ! Il faut faire avec, l’important étant de faire intelligemment, c’est-à-dire en permettant aux adultes d’être « libres » selon les critères du respect de la personne humaine, du libre consentement, et aux enfants d’être protégés. Pas fastoche…

  9. Cyril said, on septembre 21, 2008 at 10:53

    Mouaif… Encore une fois je parle de responsabilité, pas de censure. Je ne censurerais rien, moi. Mais, quand la responsabilité individuelle fait défaut, il faut bien en appeler à la responsabilité collective et édicter, rappeler, les règles.
    Je trouve aujourd’hui, que nous ne sommes pas assez « responsables ».
    La sexualité existe c’est un fait. Mais je ne crois comme cette andouille de Barjavel (je crois qu’il était un peu à droite, lui, non ?) que les hommes ne sont que des sexes et les femmes des ventres. Et que seul nous pousse le désir de nous reproduire… (Il a aussi écrit « je crois que l’adulte n’est rien d’autre qu’un enfant qui pourri. » Parle pour toi, butor !)
    Je suis un peu comme Cavanna (je parle encore de lui. J’ai une tendresse particulière pour ce vieux gaucho même pas de la pampa). Il raconte dans un de ses livres, sa première partouze. Finalement, ça ne lui plait pas et il en tire cette morale : le cul, c’est comme le pet. On n’aime bien peter et sentir son odeur mais celle des autres nous dégoûte. ;-D
    N’empêche, je dois bien concéder que c’est bien un post de Laurent sur le cul (t’as eut raison d’insister) qui a motivé tant de commentaires… un point pour le mammouth !

  10. Laurent said, on septembre 22, 2008 at 9:52

    Cavanna nous ramène aux années 60/70. Je pense qu’on a beau jeu de dire que cette époque était au mieux naïve, au pire dangereuse, du point de vue de la sexualité. Personnellement, je ne juge pas. Tout comme je n’aime pas que d’autres – souvent plus jeunes comme par hasard – portent des jugements sur mon époque de jeunesse (années 80/90).
    Au début 60, la libération sexuelle arrivait après des décennies (et l’on pourrait même dire des siècles) d’interdiction et de formatage. Il était objectivement assez normal qu’une fois les vannes ouvertes, les jeunes « yéyé » se lâchent. C’est humain. Même si l’on sait les stupidités qui ont pu en découler (et les drames, je pense au sida… mais au fait l’époque pudibonde n’avait-elle pas sa syphilis ?), il y a eu aussi des avancées dont nous profitons bien , et sur lesquelles nous n’imaginerions pas revenir ; rendons-leur cette justice tout de même !
    Et puis entre leur époque « utopique », de folie douce et celle d’aujourd’hui… Je trouve que l’une a du souffle quand l’autre se console en … bloguant 😉


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :