l’orangie

Pas de verre d’eau pour la SDF

Posted in Social, sociétal, société by loranji on septembre 11, 2007

Un soir d’été à Marseille. Une vieille femme, visiblement sdf, qui quémande un verre d’eau dans un bureau de poste. Une guichetière qui ne répond pas, des clients qui jouent les sourds. Et un billet simple, mais bouleversant de Malika Redjem, habitante de Marseille, trouvé sur l’excellent Bondy blog.

« Je veux un verre d’eau, dit la vieille femme, de l’eau car là je n’arrive plus à tenir, donnez-moi juste un petit verre, sinon je vais tomber, moi, si ça continue ! ». Mais les clients passent devant elle à mesure que la queue avance, sans un mot.

C’est toujours la même histoire. Les sdf on ne veut pas les voir. Et quand on veut les aider, par les jours de grands froids, c’est pour se donner bonne conscience.

Je me souviens de ce livre de Patrick Declerck, pas précisément copain de l’action humanitaire :
« (L’hiver) on fait chauffer les soupes. on distribue à tour de bras, pâtés, macaronis, sandwich garnis. Soupe et resoupe. La civilisation du poireau-patate, c’est grand. C’est beau. Mais surtout de novembre à mars. Après on ferme. On a donné. Il n’y a plus de sous. Foutez le camp hirondelles ! Parasites ! Cigales !
C’est alors que dans la rue ils dépérissent. Sournoisement. Insidieusement. Ils ne sentent même rien venir et pourtant c’est bien là : dénutrition, faiblesse, cachexie. …/… C’est ainsi qu’ils s’amenuisent tout l’été. Et meurent aux premiers froids. »

Les naufragés. Plon coll Terre Humaine

Post_mortalit_sdf

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15 Réponses

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  1. Joyce said, on septembre 11, 2007 at 11:33

    L’eau, source de vie.
    Que dire… Pas de mots ce soir. Demain peut-être.

  2. jul' said, on septembre 12, 2007 at 12:25

    non assistance à personne en danger, non?
    et puis l’eau ne doit pas se faire payer, ce n’est pas un produit de consommation (sauf pour le patron de nestlé), surtout pas dans les pays méditérranéens (c’est traditionel)

  3. laurent said, on septembre 12, 2007 at 8:16

    J’ai oublié de mettre un lien vers le bouquin de Decleck. J’en recommande vraiment la lecture. Pour faire simple, son propos consiste à montrer qu’il faut en finir avec l’indifférence criminelle, mais aussi la bien pensance humanitaire. Psychiatre de formation et de métier, il plaide en fait pour un suivi médical sans pathos ; un accompagnement des personnes, même si celles-ci sont dans une logique auto-destructrices. Car en effet, il considère que pour beaucoup les « clochards » (à dissocier d’ailleurs d’une partie des sdf) ne sont pas récupérables au sens où la société dans laquelle on vit l’entend : normalisation, travail, etc.
    http://www.amazon.fr/naufrages-avec-clochards-paris/dp/2259183875
    Et puis ceci, trouvé par hasard en allant chercher le lien pour le bouquin :
    http://www.psycho-ressources.com/bibli/clochards-de-paris.html

  4. romy said, on septembre 12, 2007 at 9:46

    Je dis comme Jul’…. Non assistance a personne en danger…
    Mais je dis aussi que nous sommes des êtres humain et parfois « nous »ressemblons plus a des animaux par notre comportement égoïte, individualiste….
    Rappelons nous l’hiver 54….. je n’étais pas née mais ce cri résonne encore dans ma mémoire pourtant par les livres et les reportages, le film aussi avec Lambert Wilson……
    ce cri de l’Abbé Pierre appelant au soutien et aux dons de la population….. je pense aussi a Coluche et aux enfoirés….
    Qu’est ce que sera demain? (comme le dit Yves Simon)
    Avec un Sarko au pouvoir, on est mal barré…. faudrait les exterminer tous ces pauvres gens, ce serait la fin du problème…..
    Désolée Laurent mais c’était mon cri a moi….. cri de colère.
    Je sais que tu n’aimes pas que l’on parle de politique mais voilà moi « J’ACCUSE » à ma façon et avec mes moyens….
    ce genre d’histoire me révolte tout simplement…..
    Trop de misère nous entoure….. et trop de richesse aussi.

  5. Joyce said, on septembre 12, 2007 at 10:02

    Juste une question… Parmi ceux qui jugent critiquent, hurlent avec les loups, combien ont tendu leur main spontanément sans attendre que celle d’un « mendiant d’humanité » ne le fasse le premier ?
    J’avais écrit un article sur mon blog le 28.12.2006 intitulé « Surtout ne donnez pas d’argent ».
    Un coup de pétard, un coup de gueule. Ni contre les politiques, ni contre les humanitaires, contre « l’humanité ».

  6. Bonnie said, on septembre 12, 2007 at 11:11

    En 1999, Souchon nous interpelle en poésie sur cette peur du SDF avec « Petit tas tombé ». 3 minutes qui en disent long…

  7. romy said, on septembre 12, 2007 at 11:51

    @Joyce… tu as raison mais en ce qui me concerne j’ai bonne conscience… je vais vers eux sans qu’ils me demandent quoi que ce soit…. que ce soit un sandwich acheté au supermarché pour eux en sortant au sac de fringue ou a la couverture…… a la pièce pour un café chaud…… je suis aux aguets dans ma petite ville……
    Je me dis que moi je fais quelque chose mais que le gouvernement ne fait rien…….
    Je constate une chose…. c’est que depuis l’hiver 54 rien n’a changé….. toute cette pauvreté a empirée!!! ce n’est pas normal….
    Il devrait y avoir une partie de l’ impôt sur les grosses fortunes qui devrait être redistribuer sous forme de bon alimentaire aux plus pauvres…..
    a coté de cela j’ai entendu ce matin que la TVA sur les produits sucrés sera augmentée….. de 5% elle passera à 19%6.
    Bravo c’est du grand n’importe quoi!!! c’est scandaleux…
    tout le monde sait bien que c’est les plus pauvres qui achétent ce genre de produits…..
    enfin je m’égarent et je vais faire un tour de vélo, histoire de penser à ce joli pays qui est le notre, a cette jolie campagne et ses filets d’eau…. qui existent encore 😉

  8. romy said, on septembre 12, 2007 at 11:52

    je m’égare…. bien sûr mais tout le monde a compris 😉

  9. Joyce said, on septembre 12, 2007 at 1:24

    Romy, je parlais en général. Je ne me permettrais pas de faire référence à qui que ce soit.
    Moi non plus je ne parle pas de politique.
    Mais si depuis 54 rien n’a changé, il me semble que la gauche a été au pouvoir dans ce laps de temps, non ?

  10. laurent said, on septembre 12, 2007 at 3:22

    Joyce, premier truc : n’hésite pas à mettre l’url d’un billet qui te tient à coeur. pas de problème et ça permet de te lire. pareil pour tout le monde d’ailleurs 😉
    Sur le fond, nous sommes tous d’accord sur deux points me semble-t-il :
    – la misère est là, dans la rue, sous nos yeux.
    – on ne fait rien (ou si peu) pour la faire disparaître.
    Personnellement, je pense que les politiques et la population en général ont une responsabilité partagée. Les politiques ne font rien de concret parce que la population ne joue pas son rôle citoyen dans cette affaire ; parce que globalement les gens se foutent des sdf, sauf les jours de grand froid. Un bon sdf est un sdf mort. Pardon pour l’analogie avec la fameuse phrase de Custler vis-à-vis des Indiens, mais c’est quand même un peu ça.
    Les sdf nous émeuvent quand ils crèvent de faim ou de froid. C’est comme pour l’Afrique. Tout le monde s’en fout sauf le jour où les news occidentaux mettent en Une un gamin qui pèse 12 kilos.
    Les gens s’intéressent bien davantage aux amours de Jean-Pierre Pernaud. Sans doute parce la vie quotidienne est déjà difficile ; besoin de s’évader, de rêver un peu, de jouer au loto… On envie la richesse, on rejette la pauvreté. C’est assez binaire.
    A partir de là, ce qui choque, c’est de voir les conséquences de ce système de représentation : chaque hiver on a notre dizaine de sdf morts ; notre grand messe des Resto du coeur, avec le bon abbé Coluche et ce collectif de chanteurs qui enfourchent la bien pensance… en pensant très fort à leur notoriété et à leur image (c’est de notoriété publique).
    Franchement, je crois que si la responsabilité des politiques est mécanique (après tout c’est eux qui tiennent les manettes du budget) ; celle des peuples est tout simplement morale. Les politiques ne sont pas des saints et ce n’est pas ce qu’on leur demande : ils formatent leur politique en fonction de l’opinion public et des contraintes du pays dont ils ont la responsabilité. Pas davantage. Ce n’est pas à eux d’apporter un sursaut moral. C’est aux individus eux-mêmes. le jour où 200 000 personnes descendent dans la rue pour demander le « minimum vital » (un logement, un revenu minimum, la cmu) pour les sdf : faites-moi signe. Les politiques, eux, commenceront alors à bouger (et encore, ce n’est pas gagné).
    A part ça, je précise que, concernant cette histoire marseillaise : j’aurais sans doute réagi ; je ne me vois pas sans rien dire, rien faire face à quelqu’un qui réclame un simple verre d’eau.
    Mais je précise que je passe aussi chaque jour devant des sdf sans leur donner un centime.
    Je suis comme tout le monde : certaines choses me choquent dans le degré de misère des sdf et à la fois je me dis que je ne peux consoler toutes les misères que je croise. Mais j’admets pleinement ma part de responsabilité morale.

  11. Joyce said, on septembre 12, 2007 at 5:46

    Merci Laurent, je tente un « raccourci » de l’article de mon blog.
    http://sexygenaire.blogs.marieclaire.fr/archive/2006/12/28/surtout-ne-donnez-pas-d-argent.html
    Sais pas si ça va fonctionner !

  12. laurent said, on septembre 12, 2007 at 9:27

    Joyce, pour ton info tu as du spam sexuel dans tes commentaires sur cette note : une bonne trentaine à vue d’oeil !

  13. romy said, on septembre 12, 2007 at 10:02

    Biensûr je ne critique pas un parti en particulier, je reconnais que ni la gauche ni la droite ne bouge pour la pauvreté….
    Laurent tu le dis très bien, les politiques y sont pour quelque chose mais aussi les citoyens….
    Il est évident que seules les assoc pour aider ces pauvres gens ne suffisent plus. Mais quoi…. il faut qu’il y est un autre hiver 54 pour que les choses bougent?
    Bon moi je donne quand je le peux…. n’ayant pas grand chose moi même (chômage) si je vois un SDF devant un supermarché, j’achète un sandwich-club quand je fais les courses et lui donne en sortant.
    Il est content et moi aussi… je préfère ça plutot que d’acheter le journal, mais c’est un choix…..
    Si tout le monde faisait cela il est évident que tout le monde serait devant les hypermarchés comme au temps du moyen age (la cour des miracles) mais bon moi je fais a mon niveau.
    Cela dit lorsque j’habitais je ne donnais que très rarement mais toujours « du mangé » jamais de l’argent. A Paris il y a trop de pauvres et mon porte monnaie ne suit pas !
    Visiblement Joyce tu es de droite et moi de gauche donc à-dessus nous ne nous entendrons jamais….. 😉

  14. laurent said, on septembre 13, 2007 at 9:05

    Romy, ce que tu écris est tout à ton honneur. Tu es une femme de coeur, c’est une qualité rare (je veux dire rare chez les humains, pas seulement chez les femmes 😉

  15. ipub said, on octobre 18, 2007 at 8:42

    en vacance à Besancon en France (je suis au Québec), la chaleur était torride, avec ma femme nous nous posons en terrasse ombragée d’un café pour y commander une boisson frâiche et un verre d’eau.
    Le garcon de café n’a jamais voulu nous servir d’eau…en vendre oui mais en offrir à un client qui de surcroit consomme NON.
    J’imagine alors pour une personne dans la rue…triste France.


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