l’orangie

La douleur muette des adolescents

Posted in Social, sociétal, société by loranji on juillet 10, 2007

Beaucoup de choses me font peur dans ce monde, l’une d’elles est sans doute la scarification occidentale. Rien à voir avec celle, ancestrale de certaines ethnies africaines où il est question d’un rite de passage à l’âge adulte.

La scarification de notre société touche essentiellement les adolescents. J’espère ne pas être confronté à cette pratique avec mes enfants. J’ai lu sur Wikipédia ce long article qui établit un panorama de ce phénomène générationnel. Il semblerait que cette pratique est le signal d’alerte d’une conduite suicidaire. Si vous connaissez un ou une adolescente se livrant à la scarification basculez sur Wikipédia ; l’article, tiré d’un livre d’expert, est très nourri.

Combien de nos enfants sont "mal" ? Ce monde dont nous avons nous mêmes hérités, qui nous renvoie chaque jour à notre impuissance, désagrège, dissout une partie des jeunes générations. Notre société serait-elle agonisante à trop vouloir exister ?

« 11,3 % des filles et 6,6 % des garçons reconnaissent s’être fait mal volontairement (couper, brûler) au cours des douze derniers mois. Et parmi les élèves ayant déclaré avoir déjà fait au moins une tentative de suicide, près des trois quart (72,6 %) signalent des antécédents de coupures ou brûlures, contre 15,9 % chez les non suicidants. Rarement envisagées par leurs auteurs comme un moyen d’en finir, les scarifications constituent donc des indicateurs de risque suicidaire qui doivent être reconnus comme tels.

Tandis que les ecchymoses provoquées par le heurt de la tête ou des poings contre une surface dure sont plutôt des blessures de garçons, les scarifications et autres violences cutanées s’observent typiquement chez les filles entre 13 et 16 ans. Quand ça commence à bouillir en moi, il faut que ça sorte, déclare Estelle, 15 ans. Je prends une lame, je m’assoie en tailleur sur mon lit et je commence à me couper au poignet. Quand le sang coule, je me vide de mes angoisses. Je préfère ça que péter un câble. Au moins je ne fais de mal à personne.»

Du soulagement dans la violence retournée contre soi. Les unes veulent se calmer en se punissant ainsi d’être agressives avec leurs proches. Les autres estiment qu’elles se détestent et lorsqu’elles se sentent envahies par la rage ou la haine, elles cherchent un exutoire à portée de main – et leur corps devient alors bourreau et victime.

(…) les scarifications substituent l’acte à la parole, elles sont impulsives et violentes, elles transgressent les limites (en l’occurrence, la peau), elles visent un apaisement immédiat et elles se répètent, enfin, traduisant la brièveté du soulagement obtenu. Mais elles représentent également les éléments d’un langage qui ne parvient pas à se dire avec des mots, un langage de l’indicible.» Wikipédia, extrait de l’ouvrage « Ados à fleur de peau » Dr Xavier Pommereau – Albin Michel
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photo Neverends.net

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12 Réponses

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  1. Joyce said, on juillet 11, 2007 at 9:28

    « Il faut faire mourir l’enfant pour que naisse l’adulte ».
    C’est ainsi que je pourrais définir cet « état » qu’est l’adolescence.
    Je n’ai pas connu d’attaque corporelle de mes enfants contre eux-mêmes, mais une grande souffrance pour l’un d’eux, jusqu’à me dire un jour, recroquevillée en position foetale : « J’ai tellement mal que je voudrais mourir ».
    Aujourd’hui, à quelques semaines de mettre au monde son premier bébé, elle dit craindre pour lui cet âge qui pour elle a été « horrible ».
    Je n’aborderai pas ici la douleur des parents face à la souffrance de leurs enfants, et de « l’impuissance de l’amour ».

  2. Vinvin said, on juillet 11, 2007 at 9:31

    Bon, bah je vais me couper une couille.

  3. romy said, on juillet 11, 2007 at 11:35

    Vinvin…… mdr
    Moi je reviendrai lire tout ça plus tard!!

  4. Joyce said, on juillet 11, 2007 at 4:01

    Ben, je trouvais pas ça drôle. Mais je n’engage que moi.

  5. Laurent said, on juillet 11, 2007 at 4:21

    Joyce, l’impuissance de l’amour, oui sûrement. Les parents n’étant souvent pas clairs avec eux-mêmes… Et puis ce quotidien qui tue l’amour. On ne voit plus, on ne veut plus tout à fait voir la souffrance de l’enfant trop préoccupé par la sienne propre.
    C’est tellement important alors de pouvoir se reparler après les tempêtes, les conflits. Se dire mutuellement son amour, son respect, formuler des excuses. Se mettre en empathie avec l’autre. Plus je vois mes enfants grandir et plus je me dis que cela passe par des gestes, peu de mots, des regards, des attentions, des marques d’affection. Et une distance par rapport aux choses qui fâchent.
    Tout ce qui pollue la relation parent-enfant ne serait somme toute que secondaire. De l’écume face à l’essentiel. A quoi bon se torturer pour des choses plus futiles qu’il n’y paraît ; la difficulté étant de les savoir futiles (résultats scolaires, look, liberté de mouvement, etc) alors qu’elles semblent importantes pour l’un et l’autre. Dépassionner les choses…
    Vinvin, si tu la gardes, tu peux en faire une très belle lanterne à lumière tamisée.
    Romy, a tout à l’heure…

  6. romy said, on juillet 11, 2007 at 8:59

    bon ben c’est malin…. moi qui redoute un peu l’adolescence de mes enfants…… me vlà bien!!

  7. jul' said, on juillet 11, 2007 at 9:39

    ça fait peur de réussir à se détruire à petit feu
    lke problème et de définir une limite, pour certains elle est très basse la limite, un piercing, un tatouage…
    personnellement je me suis fait tatouer à un moment où je n’étais pas au plus de ma forme
    et je m’étais fait percer les oreilles (5 fois) par provocation
    mais je m’en suis sorti
    je suis souvent confronté à la souffrance des adolescent, trvaillant en pédiatrie, on reste souvent impuissant, désolé (ce n’est plus de l’empathie, je sais laurent) pour eux, et pour leurs parents
    c’est toujours dur à vivre (dans le cas des adolescents atteints de maladie chornique, ils s’autodétruisent à petit feu en ne prenant plus leurs traitements, par exemple)

  8. Laurent said, on juillet 11, 2007 at 10:34

    Romy, On fait bien de s’inquiéter… 😉 Je crois que redouter l’adolescence de nos enfants, c’est une façon de nous préparer, de mentaliser les difficultés éventuelles. Ce qui m’inquiéterais plus c’est d’être un père trop désinvolte sur ce sujet.
    Jul’, « réussir à se détruire à petit feu », ton expression fait frémir. Tu dois voir des choses effectivement très difficiles dans ton job.
    Tu parles de ces jeunes qui ne veulent plus se soigner : à ce niveau, les psychothérapies ne peuvent absolument rien faire s’ils sont déjà sous traitement médicamenteux. Enfin, je ne sais pas, j’imagine…
    Tu parles de maladie chorniques… tu veux dire chroniques sans doute… 😉

  9. romy said, on juillet 11, 2007 at 11:54

    Oh Laurent tu exagères concernant Jul’!!! ;-D « chorniques »
    j’ai bien ri en tout cas…
    C’est bien tu es un bon père responsable… c’est de ça que les enfants ont besoin entre autres… responsabilité, écoute, amour, confiance et des tas d’autres…..
    rester vigilant, c’est le premier de la liste…..

  10. Laurent said, on juillet 12, 2007 at 10:07

    Oui Romy, on est sur la même longueur d’ondes : rester vigilant, ne jamais fermer la porte…

  11. marie said, on juillet 16, 2007 at 3:02

    oui enfin il ne faut pas banaliser certe, mais il ne s’agit pas non plus de diaboliser ces pratiques… qui n’est pas passé par là? bien sur quand elle mettent réellement la vie en jeu c’est plus critique mais sinon… de toute facon à l’adolescence les parents ne savent rien de ce que le jeune endure en général! et puis il faut du temps pour s’accepter et se construire au lieu de se détruire, mais pour ca il faut apprendre de soi, et non des parents… En fait le jeune qui fait ce genre de choses n’a vraiment pas envie de communiquer sur sa souffrance avec ses parents (sinon il parlerais au lieu de se couper) mais c’est en lui qu’il va trouver des réponses… Vigilants donc, mais pas parano 😉

  12. Laurent said, on juillet 16, 2007 at 5:18

    Marie, tu as raison. Ne pas sombrer non plus dans la peur. C’est vrai aussi que c’est en lui qu’il va (doit) trouver des réponses. Mais quand on voit parfois les conséquences, il peut y avoir aussi du gâchis…


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