l’orangie

Requiem pour les enfants qui vont naître

Posted in Social, sociétal, société by loranji on juin 28, 2007

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On est tranquillement assis dans le métro, on ouvre son journal, on commence à lire un article truffé de chiffres, de faits étudiés, soupesés, vérifiés et puis, insensiblement, la tristesse vous assaille…

J’ai lu hier un article dans le Monde (lien valable 15 jours) qui annonçait que 2007 était une année charnière dans l’histoire de l’humanité. Pour la première fois, la population urbaine dépasse la population rurale. On compte désormais 3,3 milliards de citadins. Ils seront 5,5 milliards en 2030.

Derrière ces chiffres, toujours un peu abstraits, se cache une véritable catastrophe " humanitaire " ; au sens d’humanité.

Certes, elle n’est pas de celles qui font la une des journaux à coup de sac de riz. Non, celle-ci est plus insidieuse car elle apparaît comme immuable, aucunement spectaculaire, sauf les jours de guerilla urbaine. En somme, elle ne raconte pas une "histoire". Ca n’intéresse pas le lecteur.

Au-delà de ces chiffres, il faut pourtant imaginer l’étalement insensé de kilomètres carrés de bidonvilles ; il faut comprendre que viennent s’entasser là des centaines de millions de personnes contraintes de quitter leur pays natal, leur campagne, du fait d’une trop grande division des terres au fil des héritages. Trop de petites parcelles incapables de faire vivre les familles.

En Afrique, en Asie, on se rue ainsi vers les villes où l’on croit pouvoir trouver son salut ; dans une usine, un atelier, un travail de rue, n’importe quoi qui permette d’avoir quelque chose dans son assiette.

Mais les villes, elles, ne peuvent répondre à cet afflux de population. Les entreprises, les commerçants sont assaillis de demandeurs, ou plutôt de quémandeurs d’emploi.
Combien de millions de fois seront aujourd’hui prononcés dans les villes asiatiques et africaines les mots :
– Non, pas de travail pour vous aujourd’hui
Puis demain :
– Non, rien pour vous aujourd’hui
Puis après-demain :
– Non, rien…
et enfin :
– Non…

Combien de silhouettes erratiques s’en retourneront, le ventre vide, dans leur bidonville ? Des bidonvilles où l’on recense désormais environ 1 milliard d’humains.

Et ces mots qui tenaillent le coeur, relevés dans le même article du Monde, extraits du rapport du Fonds des Nations unies pour les populations : « (on observe) des situations qui peuvent dépasser la misère de la révolution industrielle. »

Et ce même rapport, enfin, qui fait état d’une « prolifération des enfants des rues et des orphelins sans abri ». Des enfants par millions, victimes parmi les victimes, pauvres d’entre les pauvres. Irrémédiablement enfermés dans le cycle de la délinquance et de la clochardisation. Sans aucun espoir. Et de l’autre côté de la rue, de dérisoires associations humanitaires bien incapables de contenir cet assaut de la misère.

Tout ce gâchis. Tous ces enfants condamnés, avant même d’être conçus.

On s’émeut aujourd’hui de la pauvreté des pays dit « en voie de développement », des bidonvilles ?

Demain sera pire.

Si rien (ou si peu) n’est fait.

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37 Réponses

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  1. romy said, on juin 28, 2007 at 11:20

    Bonjour Laurent,
    Merci beaucoup de parler de ce sujet…. qui me touche personnellement car c’est aussi par là que je suis passée…. avec beaucoup de chance…
    Mais ce que vivent ces gens là, est, je pense encore pire que ce que vivaient les pauvres immigrés des bidonvilles en France dans les années 60…..
    En parler est déjà beaucoup…. c’est une lutte, il faut que cela se sâche et que l’on ne le cache plus…..
    Moi même je l’ai caché comme une honte pendant longtemps et aujourd’hui je revendique le droit à la solidarité humaine…. mais surtout que les messieurs qui nous dirigent, fassent quelque chose….
    Je dénonce cette indifférence internationnale….
    tout le monde est touché par les articles les images (voir le travail de Gérald Bloncourt) et personne ne bouge si ce n’est les quelques pauvres petites associations humanitaires.
    Il faut se poser cette question….
    Et moi, qu’est ce que je fais pour eux???
    Voir le site de Gérald Bloncourt
    http://www.bloncourt.net/
    http://www.sudexpress.org/

  2. Camaienne said, on juin 28, 2007 at 1:08

    mais alors que faire, comment faire .. par où commencer ?

  3. romy said, on juin 28, 2007 at 1:22

    En parler et en reparler, dénoncer c’est déjà bien il faut éveiller les gens…. les politiques, les journalistes n’enparlent pas, ils préfèrent (pas tous heureusement) photographier Paris Hilton, signe de richesse et de fantasmes (j’imagine). les pauvres gens ont ne veux pas les voir… ils dérangent. un peu comme les gitans finalement…..
    La population, les organisations humanitaires tout le monde devraient manifester contre cette cruauté….. mais personne ne bouge….. C’est affligeant.

  4. romy said, on juin 28, 2007 at 1:24

    oh là là les erreuurs d’orthographe!!!!
    « …les pauvres gens, on ne veut pas…… » mais enfin tout le monde avait compris

  5. Camaienne said, on juin 28, 2007 at 1:28

    oui, oui, retire tes moufles peut-être ?
    😉

  6. romy said, on juin 28, 2007 at 1:32

    non faut que je me calme…. ;-))

  7. romy said, on juin 28, 2007 at 1:32

    non faut que je me calme…. ;-))

  8. romy said, on juin 28, 2007 at 1:34

    tiens on dirait que j’ai appuyé 2x! c’est les nerfs….

  9. Camaienne said, on juin 28, 2007 at 1:37

    ben du yoga, je vois que ça !!

  10. romy said, on juin 28, 2007 at 1:41

    non du jogging….. d’ailleurs je dois y aller.

  11. Camaienne said, on juin 28, 2007 at 1:43

    courage, courons !!

  12. romy said, on juin 28, 2007 at 1:52

    allez viennnnnnnns je t’emmééééééne là là là là là là ….

  13. Laurent said, on juin 28, 2007 at 2:31

    Romy, ton commentaire est touchant. Je ne sais quoi dire. Je te rejoins à 100% sur le fait que les médias ne s’investissent pas à hauteur des enjeux qui touchent ces populations.
    Il est clair que Paris-Hilton fait vendre davantage de papier.
    Le problème, ce sont les lecteurs, les gens, toi, moi tout le monde. Lorsque je prends le métro (mais je pense plus au RER qui me paraît plus représentatif de la population) que font les gens quand ils ne font pas rien ? Ils jouent sur leur téléphone ou bien au sudoku ou bien lisent des journaux qui sont, le plus souvent, people.
    Le problème est que les gens veulent s’évader d’un quotidien qu’ils jugent trop morne et que les nouvelles qui leur paraissent encore plus sombres que leur propre vie(tel un sujet sur les bidonvilles) ont un effet « repoussoir » ; exception faite de la fascination pour le fait divers…
    Au final, les gens n’acceptent qu’on leur parle de d’actualités sombres que lorsqu’elles racontent une « histoire » ; il n’est qu à voir l’attrait d’un abbé Pierre et son hiver 54.
    En définitive, là où les rédactions en chef des journaux (je différencie les journalistes qui n’ont pas vraiment le choix de leurs sujets) me semblent avoir une responsabilité, c’est dans l’absence d’effort pour traiter ces sujets.
    Une responsabilité journaliste citoyenne en la matière consisterait à envoyer des reporters régulièrement dans les bidonvilles pour en ramener des récits et intéresser les lecteurs.
    C’est exactement ce qu’a pu faire un Albert Londres en son temps à propos des bagnes ; un sujet qui, à l’origine, semblait n’intéresser personne et qui a enflammé les Français. Quelques temps plus tard, le bagne était supprimé.
    Ce commentaire est un peu long, mais je pense qu’il faut faire mieux qu’en « parler » : il faut en parler de façon à ce que les gens s’y intéressent.

  14. romy said, on juin 28, 2007 at 2:55

    Je te rejoins tout à fait….
    Je comprends parfaitement le fait que les gens aient envie (besoin?) de s’évader…. moi même je ne lis pas trop en ce moment, j’ai envie de lire des choses gaies ou on se marre un peu.
    Ton commentaire ets nécessaire…. en ce moment je fais une recherche sur moi, le passé de ma famille, d’où je viens etc….. ça remets les choses à leurs places…..
    Beaucoup de gens devraient en faire autant, les choses les opinions bougeraient plus.
    Je trouve tellement injuste que l’on fasse étalage des faits divers et variés dans la presse et au JT de TF1 (mais les autres chaînes aussi a part Arte) mais pas un mot sur la misère, quelle soit de Chine ou de Corée du Nord ou même d’Europe….. on voit bien pour le Darfour, c’est la même chose… tout ça dérange….
    Il faudrait un Albert Londres pour cette misère, moi mon Albert Londres je l’ai trouvé. Mais nous sommes peu nombreux à l’avoir trouvé…. donc seul il est impuissant malgré ses luttes…
    En tout cas il continu la lutte et je le rejoins.
    Il, c’est Gérald Bloncourt.
    Il millite contre la misère avec son œil de photographe et d’homme, il a vécu comme moi cette atrocité mais lui c’était plus longtemps et ailleurs…. mais c’était la même misère…. la boue, la tôle, l’assiette vide, la honte et le froid.
    J’arrête sinon je vais faire fuir tout le monde…..
    Je rassure tout le monde, je vais bien et je m’en suis sortie… ;-)))

  15. Joyce said, on juin 28, 2007 at 3:45

    Je fais partie d’une compagnie théâtrale gérée par une association. Aucun « cachet » n’est versé aux comédiens, mais l’argent récolté lors des spectacles a permis un voyage à Madagascar il y a deux ans. Des fournitures scolaires, des vêtements ont été distribués dans des écoles de villages où règne la misère.
    L’un de nous a offert à titre personnel et en toute discrétion, le toit d’une de ces écoles.
    Si par ce biais non médiatisé, des associations telles que celle-ci, dont l’objectif n’est en rien humanitaire, pouvait faire un petit quelque chose, ce serait déjà beaucoup. Un peu chacun. Seulement.
    Nous avons vu le film de ce voyage il y a deux semaines… Les sourires des enfants essayant des tee shirts, tournant tout doucement avec précaution les pages de livres en couleur, regardant incrédules les crayons tout neufs, offrant en retour des danses et des chants.
    Rien d’autre à dire.

  16. romy said, on juin 28, 2007 at 3:48

    Joyce c’est très beau ce que tu as écrit…. je vais finir par pleuré moi, je suis touchée pour eux…..
    C’est génial et en plus c’est grâce au théâtre alors c’est encore mieux….

  17. Laurent said, on juin 28, 2007 at 4:37

    Romy, je vais aller voir le site de Gérard Bloncourt, ses photos que tu mets toi-même sur ton blog témoingne d’une vraie sensibilité.
    Joyce, oui c’est bien, c’est la noblesse de l’associatif rallié à des causes justes. C’est tout à ton honneur.
    Malheureusement, tout le monde ne se sent pas investi de ce genre de mission. C’est pourquoi les médias ont un rôle à jouer ; un rôle essentiel pour sensibiliser les gens, sans forcément leur demander d’agir concrètement par des dons – même si bien sûr c’est toujours mieux.
    Il faudrait qu’au moins, à travers les médias, les gens puissent « savoir » ce qui se passe. Bref, que les consciences « travaillent »…

  18. Joyce said, on juin 28, 2007 at 6:19

    La médiatisation répond au voyeurisme populaire.
    Il est bien plus intéressant de voir les fesses de Paris Hilton et l’hémoglobine des passagers d’un train qui déraille que la misère.
    Parce que ça, ç’est la vie. Et la vie, ça fout la trouille.
    Alors on leur donne à regarder du sirupeux, à lire de la barbe à papa. Et si on leur en donne autant, c’est parce qu’ils en demandent.
    Spirale infernale.
    J’arrête, je suis une passionnée (mais extrêmement calme toutefois), et j’ai l’impression de mouliner du vent.

  19. Laurent said, on juin 28, 2007 at 7:35

    Joyce, nous sommes d’accord. Mais comme tu ne changeras pas les gens, il faut que la presse leur offre des récits intelligents qui sachent les intéresser sur les choses essentielles ; telle que la misère du monde (petit clin d’oeil au fameux bouquin collectif de Bourdieu).

  20. Joyce said, on juin 28, 2007 at 8:04

    Mais la majorité des individus ne lisent et ne regardent rien d’intelligent !!! Il n’y a qu’à regarder les audiences des « télé-réalité » et les tirages des magazines people !
    Toute une éducation à faire. Le professeur Fueurstein m’avait glissé à l’oreille dans le creux d’un amphi… « Tout individu est éducable ». Il en a même fait le PEI Programme d’Enrichissement Instrumental.
    Mais encore faut-il que l’individu accepte d’être éduqué !!!
    Ce sont les enfants d’aujourd’hui qu’il faut sensibiliser pour que les adultes qu’ils seront demain se responsabilisent face à l’humanité. Et pas en bouffant du pop corn vautrés dans un canapé en regardant des conneries télévisées.
    Sorry, j’ai le langage qui se lâche.

  21. Laurent said, on juin 28, 2007 at 8:14

    Comme j’aimerais que tu te trompes joyce, ça signifierait que les choses iraient mieux.
    Mais tu as évidemment raison sur toute la ligne…
    Quant aux enfants d’aujourd’hui… On verra quel citoyen cela donne dans 15 ou 20 ans…
    Mais si tu regardes par exemple un documentaire comme « Etre et avoir » qui raconte superblement une histoire a priori pas intéressante (j’entends par rapport aux histoires people et glamour etc) le succès a été au rendez-vous. Après… il est vrai que les gens qui sont allés voir le film ne sont pas forcément les mêmes que ceux qui se passionnent pour « Qui veut gagner des millions » ; et que ceux-ci soient les plus nombreux…

  22. Joyce said, on juin 28, 2007 at 11:45

    Effectivement, « Etre et Avoir »… Ceux qui m’en ont parlé ne savent pas que le Loft ou la Starac existent.
    Mais ce film a peut-être interpellé une population plus « générale ». Je l’espère.
    J’aimerais beaucoup le revoir.
    Ben tiens, je vais le louer.

  23. romy said, on juin 28, 2007 at 11:47

    Me voici me voilà
    Evidemment que ce ne sont pas les mêmes gens…… (je parle de être et avoir)…. au même titre que ce ne sont pas les mêmes gens qui vont voir une pièce de théâtre.
    Pour beaucoup le théâtre ou la musique classique, c’est pour les intellos. Ils n’y comprennent rien (qu’ils disent…..) mais ils sont touchés si’ils voient et écoutent en Live sans être jugés par les autres.
    Tout commence à l’école…..
    Si on leurs faisaient découvrir vraiment par des films, par des sorties, par des pièces de théâtre, par des jeux quelle est notre culture et cela dès le plus jeune âge…. ce serait normal de connaître tel ou tel grand homme….. mais non, on les gavent de choses utiles et inutiles…. alors qu’un cours d’histoire de l’art une heure par semaine dès tout petits serait une ouverture énorme sur la culture pour un enfant qui n’a pas le choix entre TF1 et M6….
    Moi je n’ai pas eu accès à la culture lorsque j’étais enfant…..
    Les gens chez qui je vivais n’écoutaient que Claude François et Dave entre autres….. j’ai découvert pleins de choses par moi même vers l’âge de 18 ans (autonome financièrement) et je me suis rendue compte que j’avais perdu un temps énorme….. qu’il me faudrait un temps incalculable et que je ne pourrais pas tout découvrir…… ce qui est vrai, je n’ai pas fini…..
    bref c’est aussi un choix….. ce sont des rencontres qui font que l’on s’ouvre ou pas. bon ben je vais me coucher moi…..oulà sinon j’en ai jusqu’à demain a raconter ma life!! ;-))

  24. Laurent said, on juin 29, 2007 at 9:46

    Joyce, je le reverrais bien aussi avec plaisir.
    Romy, oui c’est vrai la rencontre avec la culture est une histoire personnelle lorsqu’on ne grandit pas dans un environnement favorable. De l’importance des rencontres que l’on peut faire et qui peuvent s’avérer éclairantes…
    La culture qui fleurit chez quelqu’un, c’est souvent une « petite graine » – si tu me passes l’expression – déposée un jour par un enseignant, une enseignante, ou n’importe qui d’autre.
    Le goût pour la culture peut partir de très peu de choses. Il suffit d’une étincelle…

  25. romy said, on juin 29, 2007 at 12:23

    Laurent c’est vrai….mais malheureusement ce n’est ni un prof, ni un instit mais plutôt mon amoureux ;-))

  26. Joyce said, on juin 29, 2007 at 12:29

    @ Romy, il ne faut pas dire « malheureusement ». L’essentiel est la rencontre, celle qui apporte et qui donne. Peu importe qui. L’école de la vie apprend plus sûrement à ceux qui sont avides de connaissances, pas forcément dispensées par l’éducation nationale.
    Et ça… je pense que c’est une grande richesse. Je n’engage que moi.

  27. romy said, on juin 29, 2007 at 3:29

    @Joyce, je dis « malheureusement » car de tous les profs que j’ai eu aucun n’a su ou n’a pu apercevoir la petite lueur en moi….. aucun (sauf un prof de dessin au collège) ne m’a donné envie d’aller au-delà de mon univers.
    Ce qui est grave, je trouve. Car moi j’imaginerai plutôt que les profs aident les djeunz’ a voir, découvrir, s’intéresser à l’art, à la culture en général…. mais là c’est un autre sujet…..
    Mais c’est très bien que ce soit mon amoureux…… c’est une jolie histoire, il est devenu mon mari depuis ;-))

  28. Joyce said, on juin 29, 2007 at 3:46

    @ Romy, l’essentiel dans la vie est qu’à un moment où un autre, quelqu’un déclenche la petite étincelle. Peu importe qui.
    Puis on a la vie entière pour écouter et entendre, regarder et voir, ces sens qui nous permettent d’apprendre chaque jour.

  29. romy said, on juin 29, 2007 at 4:17

    oui Joyce, je dis juste que c’est dommage que ce ne soit pas un prof ou un instit…..

  30. Laurent said, on juin 29, 2007 at 5:05

    Romy et Joyce, je trouve que vous avez toutes les deux raison.
    D’un côté, l’important c’est la rencontre avec des gens intéressants, quels qu’ils soient.
    De l’autre, on peut regretter que des élèves ne percoivent aucune étincelle avec leurs profs.
    Ce qui personnellement me fait un peu mal au coeur c’est qu’au bout du compte on se retrouve avec (certains) jeunes qui n’ont envie de rien, deviennent désabusés, voire cyniques ; curieux de rien, dégoûtés de tout.
    On touche peut-être aussi là à la question du tempérament de la personne : certains vont davantage se bouger quand d’autres vont se laisser glisser…

  31. romy said, on juin 29, 2007 at 5:33

    Oui pour l’étincelle avec les profs….
    combien vous ont marqué, combien vous ont fait « voir » autre chose????
    1, 2, 3 ? ou peut être un peu plus? mais sur combien en toutes ces années??? c’est cette question qu’il faut poser…….
    parce que les profs avec qui il y a un échange réel, une volonté de transmettre….. il y en a très peu…. et c’est bien dommage….

  32. Laurent said, on juin 29, 2007 at 5:40

    Pour moi, c’est un seul… à la rigueur car il ne m’a pas non plus aidé individuellement, c’était plutôt ce qui émanait de lui qui m’a rendu service (autorité, discipline, exigence mais bienveillance).

  33. marie said, on juin 30, 2007 at 5:01

    ce sont des sujets brûlants et difficiles mais nécessaires: les gens sont des imbéciles (mais si mais si) et l’espoir existe pourtant: il est dans les génération futures: non ces enfants ne seront pas tous des délinquants fan de Paris Hilton et prostré devant un reality show, oui ils ont une vraie conscience profonde et juste de la necessité de se pencher sur les problèmes de sociétés comme ceux ci. Particulièrement quand les victimes sont des enfants. Nous fesons avec eux des projets de classe et les jeunes sont dans une véritable dynamique productive: ils sont notre futur, et à les voir je dirais que le futur sera meilleur.

  34. marie said, on juin 30, 2007 at 5:05

    hm… je pense qu’il vaut mieux que je me recouche, je crois que je n’avais jamais fait autant de fautes d’orthographes de toute ma vie en si peu de lignes… (non pour moi l’othographe sur un clavier n’est pas instinctif… mais vous m’avez compris non?)

  35. Laurent said, on juillet 1, 2007 at 11:14

    Marie, je te rejoins tout à fait sur le fait que les jeunes sont plus sensibles qu’on ne le croit de prime abord au sort du monde.
    Je pense qu’on a nous, « adultes », un problème de grille de lecture ; on a du mal à les cerner (mes propres enfants sont encore jeunes, mon aîné à 11 ans et ne fait qu’entrer dans la pré-adolescence).
    D’un côté on voit des ados qui « semblent » ne s’intéresser à rien (je dis bien qui semblent) et de l’autre en effet, on retrouve les mêmes, capables de s’enthousiasmer pour une cause.
    Les mêmes ? Vraiment ? C’est là que ça se complique je trouve. Je ne suis pas sûr que cela soit justement les mêmes…
    Par exemple, j’ai une nièce de 16 ans, assez révoltée, sensible à l’injustice (elle aurait voté Besancenot si elle avait eu 18 ans) et qui trouve que l’ensemble de sa classe est constitué de filles et de garçons « nuls », « égoïstes », « matérialistes ».
    Bref, je pense qu’on a tout intérêt à ne pas parler des « jeunes » en tant que catégorie sociale ; pour moi c’est une catégorie de « génération » mais pas davantage.
    En somme, les « jeunes » me paraissent d’opinions aussi diverses et variées que la catégorie des « adultes ».

  36. marie said, on juillet 1, 2007 at 6:57

    bien sur les « jeunes » ce n’est pas un amas homogène d’opinions, mais ils sont tous capables de beaucoup de bien… peut être comme les adultes, me diras tu 😉 (oui je suis une incorrigible optimiste). Toujours est il que dans une classe « moyenne » (constitée donc d’une majorité de « matérialistes egoistes »comme le dirait ta nièce)les mentalités et les opinions (préconcues et trouvées au fil de leurs rencontre) de ces jeunes ont évoluées. Et que les plus « matérialistes » d’entre eux se sont révéllés de parfaits altruistes une fois engagés dans le projet. Je crois surtout que les grandes idéologies ne les touchent pas (et on les comprend) mais qu’aucun d’entre eux n’est capable de ne pas se sacrifier pour « un » enfant. Et finalement je rejoint ici un peu ce que tu disais à propos des histoires vécues dans les média. Mettez face à chaque personne (pas seulement les jeunes) un enfant misérable, et laissez le. Il n’y aura plus beaucoup d’individualisme sur terre. (amen 😉 ) Pour en revenir aux jeunes, donc, oui, j’ai bon espoir: arrive un moment ou le pouvoir et l’argent ne motive plus le plus grand nombre au point de sacrifier des hommes. Et pire, des enfants. La France est de plus en plus une terre de différence, les jeunes ont toujours vécu dans cette différence, ils n’en ont plus peur, il ont appris (et ils continuent d’apprendre) à en faire une force et une source d’enrichissement: comment penser que ce n’est pas une formidable avancée qui va dans le sens d’une plus grande humanité?

  37. Laurent said, on juillet 1, 2007 at 11:53

    Marie, je suis d’accord : un « visage parle » et en effet les grandes idéologies, les grands idéaux, les utopies, ne les touchent peut-être pas. Parallèlement, ils pourront se montrer humain en étant directement confronté à la douleur de l’autre. Tant mieux.
    Malgré tout je crois en la force des idées. Si des projets naissent comme celui auquel tu as participé, c’est parce qu’au départ il y a une « utopie », un idéal.
    Si vous n’étiez pas venu trouver ces jeunes, qu’en aurait-il été de leur sens de la solidarité ? C’est là que l’on peut éventuellement avoir un doute. Ils prennent conscience de la valeur de l’humain par des actes concrets, des récits bouleversants. Tant mieux, encore une fois. Mais je ne sens pas une assise solide, basée sur un corpus d’idées apprises et « senties » comme c’est le cas (théoriquement) pour les générations antérieures.
    Je crois en la vérité des actes mais je crois aussi à celle qui se trouve dans les livres pour les renforcer, leur donner une épaisseur… 😉


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