l’orangie

Dolto ma non troppo Daniela

Posted in Social, sociétal, société by loranji on juin 13, 2007

A ma droite, Daniela Lumbroso ; à ma gauche Catherine Dolto-Tolitch.
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L’une est fille de la télé, l’autre est fille de la psychanalyste Françoise Dolto, bien connue pour ses émissions radio, naguère, sur l’éducation des enfants, mais surtout théoricienne de renom.

Petit retour en arrière, début 2007…

A ma droite, donc, Daniela Lumbroso, qui s’apprête à sortir une biographie de la grande Françoise : « Françoise Dolto, la vie d’une femme libre ».

Evidemment, ce titre emprunté à la culture « Cul-culture la Praline » n’augure rien de bon quant à la profondeur du propos ; Daniela Lumbroso, étant par ailleurs plus connue à la télévision, pour cette façon inimitable qu’ont les poupées parlantes de dire « oh la la » en gardant le sourire, sans bouger les lèvres, que pour son œuvre écrit.

De fait, Daniela préférait déjà faire le clown du temps de sa jeunesse, sa grand mère, d’origine italienne, la surnommant « terzio canale » pour « troisième chaîne » ; à l’époque où il n’y en avait que deux.

Fille de la télé, disais-je. Mais aussi de la communication et de la sociologie dont elle est « diplômée » ; sa bio sur internet ne précisant cependant pas la hauteur du diplôme. Mais je m’égare et je médis : Daniela Lumbroso signe donc une biographie de la Dolto…

Pourquoi pas…

– Ca va pas, non ?

C’est à peu près ce qu’aurait déclaré Catherine Dolto-Tolitch en apprenant la nouvelle. Vous l’ignorez peut-être, mais nous célébrerons le centenaire de la naissance de sa maman en 2008. Autant dire que pour Catherine, l’affaire est d’importance ; d’autant qu’elle s’apprête à sortir LA biographie qui doit faire autorité. Du sérieux, du lourd.

Or donques, voir s’accumuler entre-temps, en tête de gondoles les piles de bios doltoïdes de la Lumbroso chez les libraires, à la FNAC, et pourquoi pas chez Leclerc ou Auchan ; entre un paquet de saucisses Herta (dont la sixième gratuite) et un pack de bières goût cerise, ce n’est pas seulement scandaleux, horrifiant, dégradant…c’est pire que cela, c’est… c’est inenvisageable…

Bref : la Catherine se fend d’un courriel rageur en date du 31 janvier 2007 où elle dit là toute sa colère, et plus encore : l’insondable mépris qu’elle nourrit à l’endroit de la Daniela, en lui jetant le mot qui tue : « canaille très prétentieuse ».

Sur cette entrefaite, la Daniela empoigne son téléphone estampillé d’un autocollant représentant le visage de Sigmund Freud (je n’étais pas là, mais accordez moi un soupçon d’imaginaire dans cette affaire psychologique) pour alerter son avocat, Maître (mettez le nom que vous souhaitez ça n’a aucune importance, cette histoire est déjà bien assez compliquée).

Lequel empoigne son téléphone pour etc, etc.

Bref, nous retrouvons les protagonistes lundi 11 juin, ci-devant le tribunal de police de Paris.

A votre droite, imaginez donc, Daniela, la plaignante, bien décidée à obtenir dommages et intérêts pour « injures » (le papier du monde n’est pas très clair et je n’ai pas le temps d’enquêter, mon rôti va être trop cuit).

A ma gauche, je veux dire à ma rive gauche, Catherine Dolto-Tollitch qui rétorque à la partie civle que le mot « canaille » ne relève pas de l’injure publique puisque le courriel est privé. En un mot comme en cent, l’avocat de la Dolto junior conclut en substance sa plaidoirie par un « et puis d’abord camembert »

L’affaire de « l’injure » est aujourd’hui en délibéré. Je vous informerai fidèlement de la suite bien entendu.

Quant à la biographie de Françoise Dolto par Daniela Lumbroso, elle figure en bonne place dans les librairies. L’ouvrage serait truffé d’erreurs et d’approximations pour la simple et bonne raison que les archives privées de la psychanalyste lui ont été interdites. C’est ce qu’il est convenu d’appeler un « livre de journaliste » dont les seules ressources documentaires sont une courte bibliographie et un épais dossier de presse.

Pierre Assouline sur son blog s’en est ému :
« Si un biographe n’est évidemment pas requis d’être un spécialiste de son sujet, il ne lui est pas interdit de se renseigner avant. L’eut-elle (Daniela Lumbroso NDLR) fait, l’auteur n’aurait pas attribué à Françoise Dolto, médecin d’éducation, l’invention du  « doudou » et aurait rendu à César ce qui appartient à Winnicott »

Et Zorg, un commentateur d’enfoncer le clou… « (…) bientôt, nous aurons droit à une bio de Baudrillard par Loana, une de Nietschze signée Fogiel et d’autres fantaisies de ce genre. »

Au fait Zorg, « Nietzsche », cela s’écrit avec un « Z » comme Zarathoustra. Décidément tout le monde écrit à tort et à travers.

Bon je file à mon rôti… ‘ m’en vais lui refaire sa biographie en trois coups de fourchette moi…

P.S : le rôti est bien sûr un élément narratif du billet ci-dessus. Il n’a jamais existé. Toute ressemblance avec le rôti de dinde, par exemple, serait pure coïncidence.

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8 Réponses

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  1. Camaienne said, on juin 13, 2007 at 3:04

    ça c’est de la note bien ficelée ou je ne m’y connais pas !!!
    Vive le roti ! Vive la france !

  2. Largentula said, on juin 13, 2007 at 3:43

    Apprendre comme ça dans les petites lignes que le roti n’a jamais existé… je suis boulversé, ému et en colère !

  3. romy said, on juin 13, 2007 at 4:29

    et moi je dis que livres (en général) et pack de bière goût cerise ou citron avec des saucisses Herta c’est incompatible….
    Très déçue aussi par le rôti inexistant mais ça me donne des idées de cuisine pour ces jours prochains….. 😉

  4. Joyce said, on juin 13, 2007 at 5:13

    Alors là, j’ai une bouffée de chaleur qui n’est en rien due à l’âge, ni à la cuisson d’un quelconque rôti !
    J’ai suivi des « enseignements » de Françoise Dolto, elle devait me préfacer un livre avant de nous laisser orphelins… J’imagine mal et même très mal comment une journaleuse peut parler de cette femme dont peu lui arrivent au quart de la cheville.
    Ton article est aussi bien ficelé qu’un rôti, mais j’ai un noeud dans la gorge qui me laisse à penser que j’ai avalé la ficelle.

  5. Laurent said, on juin 13, 2007 at 6:01

    Camaïenne, z’êtes bien aimable. ficelé de rôti bien sûr…
    Largentula, tu devais avoir très faim en lisant ce billet. Je t’aurais donc mis en appétit ? Désolé 😉
    Romy, Je crois que je vais lancer une rubrique cuisine, tu ne seras pas déçu du voyage…
    Joyce, Dolto devait te préfacer un livre ? Là franchement, tu m’impressionnes ! Désolé, pour la ficelle…

  6. romy said, on juin 13, 2007 at 6:41

    oui surtout si tu nous fait avaler entre autre des ficelles….? 😉

  7. romy said, on juin 13, 2007 at 6:42

    fais….. 😉

  8. Joyce said, on juin 14, 2007 at 8:02

    Laurent, il n’y a pas de quoi être impressionné. C’est juste qu’à une époque de ma vie par un de ces chemins détournés on fait des rencontres d’êtres exceptionnels.
    Oui, elle devait me faire la préface. Le livre est encore à l’écriture… pas terminé mais je m’y remets, sur l’enfance maltraitée dans un Foyer Départemental. A tel point que des gamins se pendaient pour échapper aux sévices.
    Puis un jour elle m’a envoyé une carte pour me dire qu’elle était trop fatiguée… et la suite fut sa fin.


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