Publié par : loranji le : juillet 6, 2009
Amusante cette longue interview de GéoStratégie, d’un excité nommé Carlos. Ou il apparaît que cet ilitch ramirez (un nom qui me fait penser à Gérard Jugnot dans Papy fait de la résistance) n’éprouve de satisfaction que dans le mot “révolution”. C’est une jouissance comme un autre, à ceci près qu’elle est responsable de nombreuses morts. Mais à cela Carlos, depuis sa cellule de longue peine en France, rétorquera sans doute que le monde anti-révolutionnaire fait déjà beaucoup de morts. Les révolutionnaires ont toujours réponse à tout, c’est bien connu, puisque cette sorte de sapiens dévoyés, à qui l’actualité a pu soudain donner par intermittence le pouvoir médiatique, s’enorgueillissent de posséder la vérité.
Ils recherchent donc le pouvoir, mais pas n’importe lequel. Pas le pouvoir démocratique, beaucoup trop compliqué et assommant pour ces cerveaux rongés par de vieux caprices d’adolescents criminels. Ce que recherchent les révolutionnaires, au prix d’un pouvoir toujours fugace et toujours tragique, c’est l’emprise totale – totalitaire – sur les hommes, le temps d’une séquence qui deviendra “historique” dans Paris-Match. La double page photo légendée, voilà ce qui les fait bander. En somme, Carlos et tous les autres excités de la bombinette et de la kalashquiflingue relèvent tout bêtement de la jouissance, de l’éjaculation féroce ; trois petits tours ici, et puis s’en vont là-bas vers une autre prise d’otages, un autre assassinat.
Les révolutionnaires carburent au sang à l’heure, ce sont les chauffards de l’histoire.
Ah oui j’oubliais, Carlos admire Poutine et Ahmanidejad. Evidemment.
Ah oui Larteguy. J’ai lu cela dans ma jeunesse, romantisme de l’engagement… Petite différence tout de même, il s’en est pris à des civiles (otages).
Intéressant l’entretien en ceci que soudain Carlos avoue n’être, éu, prédestiné, que l’exacte réalisation du rêve paternel et non un individu. Une des définitions possible du psychotique, une manière d’être au monde sans s’éprouver sujet…
Rien à voir avec les héros de Lartéguy.
Pour le reste que ferait le monde sans juifs, à qui les psychotiques écrasés par l’ombre paternelle ou les pas nés à jamais enfermés dans la matrice s’en prendraient -ils, homme d’un ressentiment qu’il ne peuvent exprimer.
Je me souviens que le révolutionnaire, l’homme d’action Carlos s’est fait enlever alors qu’il subissait, martyr de l’obèse, une liposucion ! Sa tendance à grossir, sa gloutonnerie en ferait-il l’ennemi du capitalisme ?
J’ignore si quelque psychiatre a, durant une expertise judiciaire, détecté une tendance psychotique chez Carlos, quoiqu’il en soit, il semble bien que certains aient effectivement besoin de toujours récupérer à leur compte le récit des juifs martyrisés, ostracisés en Europe pour justifier leurs propres assassinats : “si moi terroriste antisémite (mettons un Ben Laden), je tue des juifs, c’est parce que d’autres que moi en ont tués, c’est logique, et sanitaire.” J’ai toujours été étonné de voir un Ben Laden ou un Hitler considérés et célébrés comme des “nettoyeurs” par les populaces antisémites. Mais je m’arrête là, la nausée me prend.
A l’heure où l’ordre-désordre dominant prouve sa totale hypocrisie et son impuissance grandissante, ce que dit Carlos sonne tout d’un coup très vrai. Un homme de conviction, sans haine contre aucun peuple ou aucun homme mais contre un système diabolique perverti. Il n’est pas le seul prisonnier politique en France (Ibrahim Abdallah) ou dans les autres iles de l’archipel des vols secrets de la CIA (Peltier, Mumia, etc.). Que le Venezuela démocratique et révolutionnaire le soutienne démontre la justesse de son combat.
1 | Roland
juillet 8, 2009 à 12:17
je reconnais le même genre d’hommes qu’on recontre dans les livres de Pierre Nord ou de Larteguy, sauf que celui-ci combat pour un autre camp.